Macron : une attitude en contradiction avec l'emblème de sa présidence

Macron : une attitude en contradiction avec l'emblème de sa présidence

Publié le 17/01/2022 à 16:30
FS
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): Alain Tranchant, pour FranceSoir
-A +A

CHRONIQUE — En apposant une croix de Lorraine sur l'emblème de sa présidence, ce qu'à ma connaissance aucun de ses prédécesseurs n'avait fait, M. Macron s'exposait nécessairement à des comparaisons avec le général de Gaulle, sa pensée, son action, ses méthodes de gouvernement ou son rapport au peuple français.

Puisque le hasard fait bien les choses, je retrouve tout à fait fortuitement des notes prises à propos des "Mémoires d'espoir", rédigés par le fondateur de la Vᵉ République après son départ du pouvoir, le 28 avril 1969, et je ne résiste pas à en faire usage aujourd'hui.

Lorsqu'il aborde le sujet de sa relation avec les Français, plus particulièrement à travers ses allocutions télévisées, qui permettent à ses contemporains, je cite, de le "rencontrer", Charles de Gaulle écrit qu'il doit paraître "assez animé et assez spontané pour saisir et retenir l'attention, sans se commettre en gestes excessifs et en mimiques déplacées". Sur ce premier point déjà, l'hôte actuel de l'Élysée peut prendre de la graine. Que l'on songe, en particulier, aux clichés avec un doigt d'honneur lors de son passage aux Antilles françaises à l'automne 2018, ou à son numéro plus récent avec McFly et Carlito !

Voir aussi : Macron, les jeunes et les influenceurs : la communication touche le fond

Sur le fond, de Gaulle énonce un véritable discours de la méthode, propre à l'homme d'État faisant passer l'intérêt supérieur de la nation par-dessus toute autre considération, mais inadapté au politicien davantage préoccupé de sa carrière que du bien commun ou de l'unité des Françaises et des Français :

"Toujours, je leur parle beaucoup moins d'eux-mêmes que de la France, poursuit de Gaulle. Me gardant de dresser ceux-ci contre ceux-là, de flatter l'une ou l'autre de leurs diverses fractions, de caresser tel ou tel de leurs intérêts particuliers, bref d'utiliser les vieilles recettes de la démagogie, je m'efforce au contraire de rassembler les cœurs et les esprits sur ce qui leur est commun, de faire sentir à tous qu'ils appartiennent au même ensemble, de susciter l'effort national".

Se garder de "dresser" les Français les uns contre les autres, leur "faire sentir qu'ils appartiennent au même ensemble", c'était bien le cadet des soucis de M. Macron lorsqu'il a déclenché l'artillerie lourde, et vulgaire, à l'endroit de cinq millions de Françaises et de Français rétifs à une injection ni sûre, ni efficace, leur signifiant un statut de sous-citoyen bien qu'ils n'aient enfreint aucune loi, leur interdisant l'accès à certains lieux pour défaut de présentation d'un passeport vaccinal... qu'il avait pourtant juré de ne jamais mettre en œuvre pour les actes de la vie ordinaire, comme aller au café, au restaurant !

Voir aussi : Vaccinés, non-vaccinés, unissons-nous devant l'abjection !

Bien sûr, il n'était nul besoin d'en référer au général de Gaulle pour porter un jugement très sévère sur un homme qui a manqué à la parole donnée au pays, et dont les provocations délibérées et les débordements orchestrés sont indignes de la fonction présidentielle.

Mais, puisque l'opportunité se présente et qu'il a placé son mandat sous l'égide de la croix de Lorraine, il n'est sûrement pas question de se priver de rappeler à M. Macron les écrits du premier président de la Vᵉ République. Ce sont autant de condamnations sans appel de ses jugements et propos déplacés, tenus de manière réitérée envers telle ou telle catégorie de la population. Comment un chef d'État peut-il méconnaître que chaque être humain a sa dignité et mérite considération ?

Quand il utilise "les vieilles recettes de la démagogie", le "nouveau monde" ne rehausse assurément pas l'image de la politique aux yeux du peuple français.

Alain Tranchant, ancien délégué départemental de mouvements gaullistes, président-fondateur de l'Association pour un référendum sur la loi électorale.

Auteur(s): Alain Tranchant, pour FranceSoir

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




Comment un chef d'État peut-il méconnaître que chaque être humain a sa dignité et mérite considération ?

Newsletter


Fil d'actualités Opinions




Commentaires

-

Je m'abonne à la Newsletter FranceSoir