Maître des horloges et de l’absurde [FranceSoir papier]

Auteur(s)
Alain Houpert, pour FranceSoir
Publié le 22 avril 2022 - 14:42
Image
Alain Houpert edition papier FranceSoir
Crédits
F. Froger / Z9, pour FranceSoir
Alain Houpert - "L'homme qui n'aimait pas la France", édition papier spéciale de FranceSoir, parue le 1er avril 2022.
F. Froger / Z9, pour FranceSoir

TRIBUNE — Pour paraphraser Charles Baudelaire : « Emmanuel Macron est au génie une horloge qui retarde ».

Le président jeune et nouveau qui se voulait maître du temps et génie d’une nouvelle démocratie aura passé cinq ans à s’enliser dans ses contradictions. D’une République exemplaire, les 15 ministres et conseillers aujourd’hui inquiétés par la justice ont fait de la France une ­République bananière. Celui qui inaugurait en grande pompe les « Grands débats » pour une démocratie populaire aura passé cinq années de mandat à imposer au peuple français des mesures coercitives jusque dans le quotidien de chaque famille, allant jusqu’à renier les valeurs essentielles illustrées par notre devise : Liberté, Égalité, Fraternité.

Alors que penser de ce discours contradictoire qui pousse aujourd’hui le candidat à promettre le contraire de ce qu’a réalisé le président ? Pour ma part, j’y vois avant-tout un grand manque de courage politique.

Effrayé par les Gilets jaunes, par la crise du Covid, aujourd’hui par Vladimir Poutine, ­Emmanuel Macron le président de la République est tombé dans une politique de restriction des libertés, visant à assouvir sa propre peur, là où le peuple de France, habitué à vivre et survivre n’a montré que courage.

Emmanuel Macron, le candidat conscient de ses manquements, tente aujourd’hui de transmettre cette peur aux Français pour défendre un projet qui n’a rien de politique mais reste une note d’un chef de service à la tête d’un pays.

Voir aussi : "On a défendu les libertés" face à "un gouvernement de technocrates" Alain Houpert

Oubliant les valeurs que ­Portalis défendait, à savoir que la politique doit être au service des individus, Emmanuel Macron a entraîné la France dans une technocratie chère à Coluche, qui disait : « Les technocrates, si on leur donnait le Sahara, dans cinq ans il faudrait qu’ils achètent du sable ailleurs. » J’attends dès à présent, qu’à l’instar d’un certain Alphonse Allais, ­Emmanuel Macron nous invente la tasse pour gauchers…


Cet article est paru dans l'édition papier spéciale de FranceSoir "L'homme qui n'aimait pas la France", disponible en téléchargement.

À LIRE AUSSI

Image
Michel Maffesoli edition papier FranceSoir 2
Un oxymore sur pattes [FranceSoir papier]
TRIBUNE — Dans mon livre Être postmoderne  (2018), une postface d’Hélène Strohl interrogeait :  « Emmanuel Macron, icône ou fake de la postmodernité  ? » Le point d’in...
19 avril 2022 - 15:04
Opinions
Image
Ivan Rioufol edition papier FranceSoir
Un pyromane est à l’Élysée [FranceSoir papier]
TRIBUNE — Emmanuel Macron ? C’est Manuel Valls qui en a parlé le mieux. C’était en mai 2017, dans un entretien au JDD : « Macron est un méchant (…) Il n’a pas de code,...
22 avril 2022 - 18:41
Opinions