Un pays sous chloroforme

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Un pays sous chloroforme

Publié le 18/06/2021 à 17:53
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Auteur(s): Alain Tranchant, pour FranceSoir
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TRIBUNE - Il est impératif d'en finir avec la possibilité pour un président de la République de solliciter un second mandat. Alors que l'élection présidentielle n'aura lieu qu'au mois de mai 2022, il y a déjà plusieurs mois qu'Emmanuel Macron est en campagne et que des décisions sont prises dans la perspective de ce scrutin, ou différées parce qu'il ne faut pas mécontenter le corps électoral.

En pérégrination dans les Hauts de France - pur hasard, bien entendu ! - à quelques jours d'un scrutin régional qui l'inquiète, le chef de l'État déclarait le 17 juin à propos de la vaccination contre le covid-19 : "Il y a une véritable adhésion car les Français ont compris qu'on ne pouvait s'en sortir qu'avec le vaccin".

À chacun sa lecture ! Et, pour ma part, j'aurais plutôt tendance à penser que les Françaises et les Français n'ont adhéré à la vaccination que dans le but de retrouver un début de vie normale, après avoir connu trois enfermements en un an. J'en veux pour preuve les sondages d'opinion : le troisième confinement a entraîné un véritable retournement de l'opinion vis-à-vis de la vaccination. C'est à se demander si un objectif non avouable de ce dernier enfermement n'était pas d'amener la population à accepter, "quoi qu'il en coûte", ces vaccins d'un type nouveau pour lesquels, curieusement, il a été admis de brûler les étapes afin de vacciner massivement la population. Il est vrai que, de manière tout à fait scandaleuse, la communauté internationale est incapable de financer elle-même l'Organisation Mondiale de la Santé...

Mais qui le sait ? Notre pays aura en effet réussi ce véritable tour de force de traverser une très grave crise sanitaire, depuis février-mars 2020, sans qu'à aucun moment un grand débat télévisé ne soit organisé entre les tenants du soin et les apôtres du vaccin. Certes, ce n'est pas à l'École Nationale d'Administration que l'on enseigne qu'il ne faut pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. Mais le bon sens populaire a raison, et il n'est pas sérieux d'avoir tout misé sur le vaccin, avec le risque - devenu réalité en Grande-Bretagne - qu'une mutation du virus rende le vaccin inopérant. Un scientifique observait avec beaucoup de pertinence, ces jours derniers, que si le même choix de ne pas soigner avait été effectué en ce qui concerne le sida, pour lequel aucun vaccin n'a jamais été trouvé, les patients atteints de cette maladie continueraient à mourir en masse, alors qu'ils sont désormais soignés par une trithérapie.

N'en déplaise à nos gouvernants qui gèrent leur risque pénal (et pas forcément de la meilleure manière), n'en déplaise à tous ces experts aux mains liées par leurs contrats - c'est-à-dire par leurs émoluments de l'industrie pharmaceutique, la vérité est que notre pays est sous chloroforme. Il n'y pas d'effets indésirables. Il n'y a pas de décès du fait de la vaccination. Puisque "nous sommes en guerre", comme l'avait proclamé M. Macron en enfermant le peuple français pour la première fois, il est naturel qu'il y ait des blessés, et même des morts, pour contribuer à la victoire, en l'occurrence à l'immunité collective. Et, pour parler comme Jean-Paul Sartre à propos du marxisme, "quiconque est contre le vaccin est un salaud".

À l'écart de l'actualité pendant une quinzaine de jours, relié seulement au monde des médias par la lecture d'un quotidien et le suivi du journal de 20 heures, j'ai pu mesurer à quel point le pays a été mis sous anesthésie. Dans sa dernière vidéo de l'IHU Méditerranée Infection, le professeur Raoult haussait le ton contre le dénigrement dont il est l'objet, et disait notamment : "S'il se confirme qu'il y a 25 % de morts en trop, c'est une drôle d'erreur". Bien évidemment, ses propos n'ont été repris nulle part. Il est difficile à certaines oreilles d'entendre que, sur 16 000 personnes traitées à Marseille, la mortalité n'a été que de 0,8 %, sans aucun mort d'accident cardiaque et un âge moyen des décès de 81 ans, plus élevé que l'espérance de vie.

En d'autres temps, où l'autorité de l'État n'était pas un vain mot, on avait coutume de dire que la peur du gendarme était le commencement de la sagesse. À quelques jours d'élections régionales et départementales à haut risque pour le pouvoir, on a pu vérifier que la peur de l'électeur est le commencement de la sagesse pour le gouvernement. Les Françaises et les Français ne porteront plus le masque en extérieur, là où il ne servait à rien ! Et le couvre-feu a été supprimé avec quelques jours d'avance sur le calendrier initial. Il est vrai que le pouvoir ne tenait plus rien, tant les Français se libéraient eux-mêmes des chaînes qui les avaient ligotés.

La chance du pouvoir, au bout du compte, c'est qu'aucun grand leader politique n'ait voulu prendre à son compte le dossier du traitement de la maladie. Mais que la pandémie revienne après l'été, sous la forme d'un énième variant contre lequel le vaccin n'aurait pas d'effet, ou pour lequel il faudrait vacciner les vaccinés, alors le peuple français pourrait bien se lever, et le pouvoir trembler.

Auteur(s): Alain Tranchant, pour FranceSoir

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