Abandon de la réforme constitutionnelle: un "Waterloo politique", commente la presse

Abandon de la réforme constitutionnelle: un "Waterloo politique", commente la presse

Publié le 31/03/2016 à 07:40 - Mise à jour à 10:01
©Philippe Wojazer/Reuters
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
-A +A

Au lendemain de l'abandon de la réforme constitutionnelle, la presse étrille François Hollande, comparant son "fiasco" à un "Waterloo politique", appelant toutefois la droite à prendre ses responsabilités face à cet échec.

La presse de ce jeudi 31 mars étrille François Hollande, comparant son "fiasco" sur la révision constitutionnelle à un "Waterloo politique", sans pour autant absoudre l'opposition de toute responsabilité.

Le Figaro voit dans ce renoncement une "déchéance d’autorité" et Paul-Henri du Limbert dénonce "le gâchis" en estimant que "le premier - et principal - coupable est évidemment à chercher à l’Élysée". Il enjoint malgré tout les Républicains de "s’abstenir de triompher trop bruyamment." L'éditorialiste comme nombre de ses confrères pense qu'il "est à craindre que l’opinion publique mette dans le même sac tous ceux qui ont applaudi le discours du 16 novembre à Versailles - la gauche et la droite réunies - puis qui ont mis quatre mois pour gâcher ce rare moment d’unité nationale". Grégoire Biseau de Libération regrette le "désastre" et souligne qu'il y avait "dans ce pari trop d’arrières-pensées et de calculs". Pour autant, il reconnaît que le "jeu de la droite a été tout aussi désolant. Le secret espoir de faire chuter François Hollande l’a finalement emporté sur toute autre considération".

"Moi président de la République, je réaliserai, en matière de réforme institutionnelle, un flop d’une intensité qu’aucun de mes prédécesseurs n’a jamais pu approcher" ironise Nicolas Beytout dans L'Opinion, paraphrasant la célèbre anaphore du candidat Hollande pendant la campagne présidentielle. "François Hollande a sifflé hier la fin d’une sinistre comédie. Ouf ! Mais que de dégâts semés sur la route qui devait mener au Congrès de Versailles!", pense également Patrick Apel-Muller de L'Humanité. "On aura rarement vu cela, dans l’histoire de la République. Une débauche de déclarations, de prises de position, de débats dans la presse, de joutes parlementaires, tout cela pour aboutir à… rien", regrette Guillaume Goubert dans La Croix.

"François Hollande a bousculé l’image Hollande", analyse Cécile Cornudet des Echos rappelant qu'il était "l'homme de la synthèse". "On savait où on était. Et puis, tout à coup, on n’a plus su. Le fleuve était sorti de son lit." "Quatre mois et un enterrement", s'amuse Hervé Favre de La Voix du Nord, allusion aux quatre mois de vifs débats ayant notamment déchiré la gauche. "Finalement, vouloir retourner à Versailles n’était pas une si bonne idée pour un monarque républicain surtout quand la révolution gronde dans ses rangs", conclut-il.

"Le coût politique de ce fiasco monumental n’est pas encore chiffrable, mais pour François Hollande, il sera à coup sûr extrêmement élevé", commente Pascal Coquis (Les Dernières Nouvelles d'Alsace) qui le compare à un "Machiavel aux petits pieds". Dans Le Courrier picard, Bertrand Meinnel note que "de demi-victoires en défaites à chaque projet important, le chemin présidentiel tourne à la déroute". Pour Yann Marec du Midi Libre cet épisode "restera gravé comme un énorme raté". Raymond Couraud de L’Alsace résume l'opinion générale: "tout ça, pour ça !" et y voit un "Waterloo politique". Enfin dans Sud-Ouest, Bruno Dive imagine même que l'on puisse "rembobiner le film en arrière, (et) réclamer le retour place Vendôme de Christiane Taubira, dont il faut rappeler qu’elle a démissionné à grand fracas sur cette question."

 

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




François Hollande a renoncé à la réforme de la constitution après quatre mois de débat.

Newsletter


Fil d'actualités Politique




Commentaires

-