Anti-avortement: les sites dans le viseur du gouvernement

Anti-avortement: les sites dans le viseur du gouvernement

Publié le 01/12/2016 à 15:13 - Mise à jour à 15:16
©Durand Florence/Sipa
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
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L'extension du délit d'entrave à l'IVG aux sites internet est discutée à l'Assemblée nationale à partir de ce jeudi et suscite depuis plusieurs jours des critiques de l'opposition. La droite a déposé 76 amendements au nom de la "liberté d'expression". Voici quelques exemples des sites concernés.

Le président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau, a affirmé ce jeudi 1er décembre son opposition à la proposition de loi PS sur le délit d'entrave à l'IVG, jugeant qu'elle est "contraire à la liberté d'expression", mais aussi "à l'esprit de la loi Veil"Le texte, qui sera débattu depuis ce jeudi à l'Assemblée nationale, vise à étendre le délit d'entrave à l'IVG aux sites internet diffusant de "fausses informations" sur l'avortement.

"Au moins quatre ou cinq sites" internet parlant d'IVG sont dans le viseur des députés et du gouvernement, qui les accusent de diffuser des informations "biaisées" sur l'avortement.

En voici quelques-uns, se présentant comme des plateformes d'aide et d'information et proposant leurs propres numéros téléphoniques gratuits:

Ivg.net: premier site à apparaître sur un moteur de recherche lorsque l'on tape "ivg", avant même celui du gouvernement (ivg.social-sante.gouv.fr), ce site très épuré se présente comme sérieux avec "toutes les infos sur l'IVG dont vous avez besoin : médicales, psychologiques, juridiques ou sociales".

Mercredi 30, une élue Les Républicains, Aurore Bergé, a contacté anonymement le numéro téléphonique de ce site, géré par l'association SOS-détresse, en disant être enceinte et vouloir avorter, a-t-elle relaté via le site de Rue89.

L'écoutante a essayé de l'en dissuader en lui disant: "Vous savez que toutes les femmes ne peuvent pas avoir recours à l’IVG", "les couples ne se remettent pas d’une IVG", ou encore "l’IVG augmente considérablement les risques d’infertilité".

"J'ai voulu tester moi-même le parcours que ferait une femme qui ne sait pas où s'adresser", a-t-elle précisé à l'AFP, estimant que "ces sites qui se font passer pour des sites d'information neutres relèvent de l'abus de faiblesse et du mensonge".

Avortement.net: également dans la galaxie de SOS-détresse, ce site passe en revue les différentes techniques d'avortement (il parle par exemple de fœtus "déchiqueté" lors d'un avortement par aspiration).

Les études médicales qu'il cite parlent de "dépression clinique suite à un avortement" ou affirment que "les adolescentes qui avortent sont plus susceptibles d'éprouver ultérieurement des problèmes psychologiques que celles qui donnent naissance à un enfant non désiré".

Afterbaiz.com: son initiateur, Émile Duport, porte-parole du mouvement anti-IVG Les Survivants, est à l'origine de plusieurs autres sites comme testpositif.com ou parlerdemonivg.com.

Le site afterbaiz "la vie après le sexe", aux couleurs vives et vocabulaire cru, s'adresse directement aux jeunes filles: "tu viens de faire le test, t'es toute seule dans ta salle de bain". On y trouve des témoignages d'une starlette de téléréalité qui assume seule sa grossesse, d'une célébrité devenue "stérile après de multiples avortements", d'une autre encore marquée par sa décision d'avorter, 26 ans après.

"Vouloir réduire le nombre d'IVG, orienter les femmes qui sont dans le doute par rapport à leurs détresses, n'est pas une entrave à leur liberté, mais un désir d'aider celles qui trop souvent ne souhaitent pas connaître le drame de l'IVG", se défend Emile Duport.

Sosbebe.org: Couleurs vives, multiples entrées, photos de femmes enceintes, de bébés... SOS bébé reprend les codes de n'importe quel site médical. Dans la rubrique IVG, les internautes ont le choix entre deux catégories: "Mal-être après une IVG" et "Mon secret: j'ai vécu une IVG".

Dans la rubrique "Aide", aucune information pratique concernant l'avortement, ni adresse de structures aidantes ne sont proposées. Quand on clique dans leur "Dictionnaire", les mots avortement et interruption volontaire de grossesse sont inexistants.

L'association pro-vie qui gère le site, Alliance vita, fondée par Christine Boutin en 1993 au moment des premières lois bioéthiques, dit "assumer la logique de son aide aux femmes enceintes, son travail de service public d'information".

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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Les sites jugés anti-IVG sont dans le viseur du gouvernement.

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