Bernard Cazeneuve : "le risque zéro ça n'existe pas"

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La rédaction de FranceSoir.fr
Publié le 17 novembre 2015 - 09:37
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Bernard Cazeneuve sérieux mains jointes
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©Philippe Wojazer/Reuters
Bernard Cazeneuve veut faire avancer la question de la légitime défense des policiers dans les débats.
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Bernard Cazeneuve était ce mardi matin l'invité de France Info. Le ministre de l’Intérieur s'est exprimé sur la mobilisation des forces de l'ordre sur le territoire national. Il a notamment insisté sur la nécessité de procéder à une remise à niveau rapide du matériel de la police afin de faire face à la menace terroriste.

Attentats de Paris: Salah Abdeslam est toujours en fuite. Où en est l'enquête?

"C'est au procureur de la République de s'exprimer sur cette enquête".

"Ce que l'on peut dire c'est qu'elle avance rapidement, un certain nombre de ceux qui ont été engagés dans la préparation de cet attentat sont désormais identifiés".

"On sait que l'attentat a été conçu de la Syrie et de la Belgique. La plupart de ceux qui ont été engagés étaient inconnus de nos services, la plupart étaient Français et résidants depuis longtemps en Belgique".

 

Un septième kamikaze aurait été identifié par les enquêteurs

"Je ne confirme rien du tout. Je vous confirme que les investigations se poursuivent (...) c'est au procureur de la République de communiquer".

 

François Hollande a annoncé 5.000 policiers et gendarmes ainsi que 1.000 douaniers et du personnel pénitentiaire en plus

"Il nous manque des moyens. Nous n'avons cessé de les rehausser depuis trois ans. 500 emplois ont été créés chaque année et 1.500 emplois après le plan anti-terroriste de janvier".

"Le président et le Premier ministre ont décidé (...) de créer des emplois en nombre pour que nous puissions faire face à la situation de guerre à laquelle nous sommes confrontés. C'est la raison pour laquelle ces annonces de créations de postes ont été faites hier. C'est la raison pour laquelle allons ouvrir très rapidement à des recrutements dans les écoles. Et c'est la raison pour laquelle nous allons procéder à une remise à niveau rapide de l'ensemble des matériels: boucliers, gilets lourds de protection..."

"Les crédits qui permettaient l'équipement des policiers ont diminué de 17% entre 2006 et 2012. Je veux remettre à niveau rapidement les équipements de la police et de la gendarmerie, investir dans les équipements numériques et informatiques".

"Nous sommes dans une remise à niveau rapide".

"Les services de sécurité ont besoin de force dans le contexte".

 

Comment les attaques ont-elles pu se produire?

"Nous n'avons cessé (...) de dire la vérité sur la menace terroriste".

"Les attentats de vendredi ont été préparés, conçus, en dehors du territoire national. Ils ont mobilisé une équipe située elle aussi en-dehors du territoire national, même si elle a pu bénéficier de complicité en France, qui était située en Belgique. La plupart de ceux qui en Belgique ont préparé les attentats, en liaison avec des acteurs Syriens, étaient inconnus de nos services".

"Donc j'attire l'attention de chacun (...) à regarder les faits".

"Même si certains d'entre eux étaient connus de nos services, ils l'étaient non pas en raison de leur implication de leur activité à caractère terroriste mais en raison de la fréquentation de lieux de culte radicalisés".

"Depuis maintenant des mois nous procédons à des investigations, nous arrêtons ceux qui reviennent de Syrie, nous procédons à la neutralisation de ceux qui veulent commettre des attentats".

"Le risque zéro (...) ça n'existe pas".

 

L'un des kamikazes, Samy Amimour, s'était radicalisé dans une mosquée de Blanc Mesnil, personne n'a aidé cette famille dénonce Jean-Christophe Lagarde, député-maire de Drancy

"Il s'agit d'un personnage qui veut partir au Yémen en 2012. Dès lors, il fait l'objet d'un contrôle judiciaire. Il est donc suivi par la justice, son dossier est judiciarisé (...) Il s'en va. A ce moment là, un mandat d'arrêt international est émis par les services de la justice, ce qui est normal (...) A son retour, il a sans doute utilisé une fausse identité".

"Dans le contexte de crise terroriste qui prévaut, une grande partie de la résilience de notre pays dépend de sa capacité de confiance et d'unité. Par conséquent quiconque qui s'exprime sur ces sujets là doit être précis, rigoureux".

 

Combien de forces de l'ordre sont mobilisées?

"Nous avons mobilisé 115.000 policiers, gendarmes, militaires, sur l'ensemble du territoire national".

"Le ministre de la Défense a proposé une augmentation de la mobilisation des militaires sur le territoire national dans le cadre du contrat de sécurité. Ils travailleront en étroite liaison avec la police et la gendarmerie".

"Nous devons mobiliser toutes nos forces pour assurer la sécurité des Français".
 

 

Les policiers qui ne sont pas en service doivent-ils pouvoir garder leurs armes?

"L'unité nationale repose aussi sur la volonté de l'ensemble des acteurs politiques de prendre des mesures efficaces, qui permettent de conforter la République et permettent que nos forces de sécurité mobilisées aient les moyens".

"Sur la question de la légitime défense, cela faisait débat il y a une semaine (...) j'avais proposé qu'on avance rapidement".

"Je regarde la réalité avec lucidité, je sais quel est le niveau de la menace. Il faut avancer vers la légitime défense. Les évènements de vendredi l'ont montré".

"Nous sommes face à des tueurs qui froidement et sans aucune humanité peuvent décimer des lieux, des quartiers et des populations".

"Il faut les neutraliser".

"Il faut définir les conditions de droit qui permettent d'atteindre ces objectifs".  

 

La réforme de la Constitution voulue par le chef de l'Etat est contestée

"La loi sur l'état d'urgence date de 1955. Depuis 1955 il s'est passé beaucoup de choses".

"Nous engageons des perquisitions, des assignations à résidence, et nous sommes aujourd'hui dans un contexte où, parce que nous pouvons saisir des éléments numériques (...), nous avons besoin d'avoir une base constitutionnelle".

"Comme nous voulons intervenir de façon forte face au terrorisme dans un cadre constitutionnel qui garantisse absolument les principes Républicains, et que par ailleurs l'opposition elle-même avait reconnu en 2008 la nécessité sur la question de l'état d'urgence d'une réforme constitutionnelle, nous la proposons pour bien établir que ce que nous faisons pour protéger les Français ne se fera pas au dépend des grands principes constitutionnels".  

 

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