Béziers: Robert Ménard proposera un référendum sur l'accueil des migrants, la préfecture menace

Béziers: Robert Ménard proposera un référendum sur l'accueil des migrants, la préfecture menace

Publié le 19/10/2016 à 11:22
©Alain Robert/Sipa
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
-A +A

Le maire de Béziers, proche du FN, Robert Ménard tient à organiser dans sa ville un référendum sur l'accueil de migrants, auquel il est fermement opposé. La gestion de la question migratoire n'est cependant pas du ressort des communes.

Robert Ménard, le maire de Béziers proche du FN, a fait adopter mardi 18 au soir en conseil municipal un projet de référendum sur la présence de migrants qui a peu de chance de voir le jour.

Au terme d'un long débat, 36 des membres du Conseil municipal se sont déclarés pour la délibération, cinq contre tandis que sept n'ont pas pris part au vote.

Avant le début du conseil, M. Ménard avait annoncé qu'il maintenait son projet alors que le préfet de l'Hérault Pierre Pouëssel l'avait dans une lettre "invité" à "retirer de l'ordre du jour cette délibération". Le préfet rappelait que le conseil municipal "ne peut empiéter sur les compétences de l'Etat, ce qui est le cas en l'espèce".

"Je me dois dès à présent de vous indiquer que si cette délibération venait à être adoptée, je serais conduit à en demander la censure par le juge administratif par la voie d'un référé-suspension", prévenait-il.

La préfecture avait déjà dû avoir recours au Tribunal administratif de Montpellier à propos de la "garde biterroise" ou du test ADN des chiens, des mesures polémiques proposées par M. Ménard qui ont été retoquées par la justice.

"Pour aller jusqu'au bout des choses, je vais maintenir le référendum et j'irai moi-même le défendre s'il le faut contre l'Etat", a déclaré M. Ménard lors d'une conférence de presse donnée avant le conseil. "Non, je ne suis pas prêt à recevoir des migrants dans ma ville".

Une centaine de manifestants ont protesté devant l'hôtel de ville de Béziers contre ce projet, a constaté un correspondant de l'AFP. "Plus jamais ça", "Migrants bienvenus, référendum non", pouvait-on notamment lire ou entendre dans cette manifestation organisée par SOS Racisme, le PCF ou encore Ensemble.

"Ce n'est pas de gaieté de coeur que je vais dans l'amphithéâtre du conseil municipal pour défendre encore une fois les idées de liberté que l'on refuse à certains", a pour sa part déclaré Aimé Couquet (PCF). "Béziers a toujours été une terre d'accueil et doit le rester".

Au début du Conseil municipal, une vingtaine d'opposants dont certains avaient hurlé "Ménard démission" ou "Ménard facho" ont été expulsés de la salle par des policiers municipaux et nationaux.

Coutumier des polémiques, l'ex-président de Reporters sans frontières avait lancé le 11 octobre dernier une campagne d'affichage contre l'agrandissement programmé de 40 places du Centre d'accueil de demandeurs d'asile (Cada) de Béziers.

"Ça y est ils arrivent... Les migrants dans notre centre-ville", pouvait-on lire sur ces affiches, qui ont depuis été retirées et sur lesquelles apparaissent des hommes noirs ou à la peau mate, barbus ou la tête couverte d'une capuche, massés devant la cathédrale Saint-Nazaire sous la phrase: "L’État nous les impose".

La délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme (Dilcra) a saisi le parquet de Béziers à propos de cette affiche. Le parquet de Béziers a ouvert une enquête confiée au service régional de police judiciaire de Montpellier. 

 

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




"Je vais maintenir le référendum et j'irai moi-même le défendre s'il le faut contre l'Etat" a assuré Robert Ménard.

Newsletter


Fil d'actualités Politique




Commentaires

-