Budget de la sécu: Marisol Touraine promet un quasi-retour à l'équilibre des comptes

Budget de la sécu: Marisol Touraine promet un quasi-retour à l'équilibre des comptes

Publié le 05/10/2016 à 17:37 - Mise à jour à 17:46
©Lilian Auffret/Sipa
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
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Le gouvernement a présenté ce mercredi le dernier projet de budget de la Sécurité sociale du quinquennat en Conseil des ministres. A cette occasion, Marisol Touraine a promis un quasi-retour à l'équilibre des comptes tout en insistant sur les progrès réalisés dans le domaine de la santé. "Nous avons créé des droits nouveaux, nous avons renforcé le soutien à ceux qui en ont le plus besoin, nous avons corrigé les injustices", a-t-elle ainsi déclaré.

Le gouvernement a présenté ce mercredi 5 en Conseil des ministres le dernier projet de budget de la Sécu du quinquennat, promettant à quelques mois de la présidentielle un quasi-retour à l'équilibre des comptes, au prix d'économies renforcées dans la santé. "Nous avons créé des droits nouveaux, nous avons renforcé le soutien à ceux qui en ont le plus besoin, nous avons corrigé les injustices", insiste dans un communiqué la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, citant la mise en place de la protection universelle maladie ou encore du tiers payant généralisé. "Et nous l'avons fait en rétablissant l'équilibre du régime général de la Sécurité sociale", poursuit celle qui compte parmi les plus fidèles soutiens de François Hollande.

A sept mois de l'élection présidentielle, Mme Touraine a promis, lors de la présentation il y a une dizaine de jours du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2017, de ramener le déficit du régime général (maladie, retraites, famille, accidents du travail) à 400 millions d'euros, contre 3,4 milliards en 2016. "En 2017, il n'y aura plus de +trou de la Sécu+", avait-elle déclaré. Deux branches seraient excédentaires, (accidents du travail et retraites), la famille serait à l'équilibre et l'Assurance maladie en déficit de 2,6 milliards d'euros.

Ce serait une première depuis 2001. Le solde, alors positif de 1,2 milliard d'euros, n'avait ensuite cessé d'être négatif jusqu'à atteindre - 23,9 milliards d'euros en 2010, puis -13,3 milliards d'euros à l'arrivée du gouvernement en 2012. "Rétablir les comptes sans dérembourser ni créer de franchises, c'est possible: depuis 2012, le déficit recule, pas la solidarité", s'est félicité dans un tweet le Premier ministre.

Une composante de taille de la Sécurité sociale, le Fonds de solidarité vieillesse (FSV), qui verse le minimum vieillesse et les cotisations retraite des chômeurs, a cependant été omise par le gouvernement. Son déficit est prévu à 3,8 milliards d'euros: en l'intégrant, le "trou" global de la Sécu atteindrait donc 4,2 milliards d'euros contre 7,2 en 2016. "S'il y a bien une amélioration notable du régime général, il est pourtant faux d'affirmer que la Sécurité sociale a enfin atteint l'équilibre", n'avait d'ailleurs pas manqué de relever l'ancien ministre du Travail Eric Woerth lorsque le PLFSS a été dévoilé. "Même en tenant compte du FSV, l'amélioration est spectaculaire" et "retrouverait l'équilibre" en 2020, se défend mercredi Mme Touraine.

Quant à l'excédent de la branche vieillesse, il est "imputable notamment à la réforme des retraites sous Nicolas Sarkozy", soulignait M. Woerth. Certes, son "apport est réel, mais nettement inférieur à celui des réformes structurelles menées depuis 2012 par le gouvernement", rétorque la ministre. "La vérité c'est que votre bilan social était piteux et que ce que vous proposez à nos concitoyens pour les cinq ans qui viennent est honteux", a-t-elle lancé à l'opposition lors des questions à l'Assemblée nationale.

Pour atteindre son objectif, le gouvernement concentre ses mesures sur la branche maladie. Elle devra réaliser 4 milliards d'euros d'économies (3,4 en 2016), tout en appliquant des revalorisations dans la fonction publique hospitalière et chez les médecins libéraux pour plus d'un milliard d'euros. Les principales mesures visent les médicaments, avec un "meilleur contrôle" des prix de ceux bénéficiant d'autorisations temporaires d'utilisation (ATU) avant leur mise sur le marché ou encore la promotion des médicaments génériques.

Les hôpitaux seront une fois de plus largement sollicités et devront fournir encore plus d'efforts qu'en 2016. Il leur est demandé d'économiser près de 1,5 milliard d'euros dont 845 millions en terme "d'efficacité hospitalière", notamment grâce à la mutualisation des achats entre établissements appartenant à un même Groupement hospitalier de territoire (GHT). La réduction des durées d'hospitalisation ou "virage ambulatoire" sera également poursuivie et doit permettre 640 millions d'euros d'économies. La CGT qui appelle à un "autre PLFSS pour répondre aux besoins de santé de la population" déplore dans un communiqué que les choix du gouvernement soient "majoritairement tournés vers la limitation des dépenses de santé". Le texte sera débattu à l'Assemblée à partir du 25 octobre, avant le vote solennel le 2 novembre.

 

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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