Cambadélis lance "la bataille pour l'unité"

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PP
Publié le 24 septembre 2015 - 18:52
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Jean-Christophe Cambadélis devra s'assurer le soutien d'une majorité du PS lors de son congrès.
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©Robert/Nossan/Sipa
"La division est le plus court chemin vers la défaite", martèle Jean-Christophe Cambadélis dans son courrier.
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Jean-Christophe Cambadélis entend unir son camp. C'est le seul moyen d'éviter la défaite aux élections régionales de décembre prochain, dit-il, dénonçant au passage ceux qui voudraient "sacrifier 2015 sur l’autel de leurs calculs en 2017".

"La menace est trop réelle, trop proche aussi", prévient Jean-Christophe Cambadélis. Dans une lettre adressée mardi 22 aux militants et parlementaires socialistes publiée par Le Parisien, le patron du PS lance un appel à l'unité et défend son idée de référendum pour l'unité de la gauche, prévu les 16, 17 et 18 octobre prochains. "La division est le plus court chemin vers la défaite", y martèle-t-il notamment.

"La gauche ne peut plus être le spectateur de sa propre dislocation ", gronde Jean-Christophe Cambadélis, qui veut lancer avec ce courrier la "bataille pour l'unité". "Elle sera longue, elle va durer. (…) Il faut la gagner car chaque jour (…) droite extrêmisée et extrême droite banalisée convergent et progressent. (…) La division de la gauche nourrit aussi cette progression", estime-t-il dans son courrier.

La patron du PS en appelle ainsi au "peuple de gauche", seul capable selon lui de "trancher le nœud de la division" de son camp grâce au "référendum pour l'unité de la gauche et des écologistes", comme il le désigne dans son courrier. Un référendum qui serait par ailleurs plutôt bien accueilli par les sympathisants de gauche (deux tiers environ seraient pour).

Au-delà de son appelle à faire bloc, Jean-Christophe Cambadélis distribue aussi les coups. Des attaques virulentes contre l'opposition, accusée de vouloir "faire des régions le laboratoire de l'austérité", pour ce qui est de la droite, et même un "laboratoire de la haine" en ce qui concerne l'extrême droite. Mais des attaques contre ceux de son propre camp qui repoussent le PS, aussi.

Soulignant le "beau bilan de l'unité", comme les maisons de santé et le pass navigo, Jean-Christophe Cambadélis en profite pour dénoncer ceux qui "veulent les passer par pertes et profits, les sacrifier en 2015 sur l’autel de leurs calculs en 2017". L'allusion à Cécile Duflot et Jean-Luc Mélenchon, qui ne sont toutefois pas nommés, est on ne peut plus claire.

Les cibles du patron du premier secrétaire du PS ne font également guère de doutes quand il avance que "l'une des raisons de l'abstention (à gauche), c'est aussi l'utilisation de l'enjeu électoral à des fins partisanes visant à (…) échafauder des tactiques politiques de recomposition de la gauche". Ce alors même que certains, au Front de gauche comme à EELV (voire même chez les frondeurs du PS), en appellent à la création d'un "Podemos" à la française, rassemblant gauche de la gauche et écologistes. Et que ces deux partis ont notamment conclu une alliance dès le premier tour des régionales en Nord-Pas-de-Calais-Picardie.

Enfin, Solférino doit aussi faire face au frondeurs de son parti qui ne désarment pas. Ceux-ci ont même prévenu, eux aussi par courrier, que les débats du budget 2016 au Parlement, en automne, pourraient virer au casus belli. "Disons-le sans détour: la confiance -gravement sapée aujourd'hui par l'exercice du pouvoir sur le mode autoritaire et par la discipline imposée sans débat à la majorité- ne pourra être véritablement rétablie sans que s'opère en préalable, à l'occasion du budget 2016, une réelle inflexion de la politique économique et sociale du gouvernement", ont-ils ainsi écrit le 18 septembre. Autant dire que l'unité ne sera pas facile à décréter.

(Lire ci-dessous la lettre de Jean-Christophe Cambadélis)

 
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