Chômage en hausse: la France reste embourbée dans la crise

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Jean-Yves Archer, édité par la rédaction
Publié le 24 mai 2018
Mis à jour le 24 mai 2018
Cet article provient directement de l'AFP (Agence France Presse)
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Le taux de chomâge reste stable en mai à 9,3%, son taux le plus faible depuis 2009
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© PHILIPPE HUGUEN / AFP/Archives
Jean-Yves Archer: l'annonce de "ce chiffre préoccupant du nombre de demandeurs d'emploi intervient après des informations objectivement mauvaises en termes de croissance".
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Un certain nombre de facteurs, pour certains liés à des décisions politiques, plombent la croissance française, les finances publiques et le pouvoir d'achat des ménages. L'analyse de Jean-Yves Archer, spécialiste des finances publiques et dirigeant du cabinet Archer, pour "France-Soir".

Le Gouvernement a bien évidemment fait de la lutte contre le chômage un des principaux piliers de sa politique.

Or, sur ce front, les nuages s'accumulent doublement. D'une part, certains secteurs ont du mal à recruter et souffrent de pénuries ponctuelles de main d'œuvre qualifiée. D'autre part, le chômage repart à la hausse. Ainsi, défini au sens du Bureau International du Travail, le chômage a augmenté de 0,2 point au premier trimestre 2018 après avoir diminué de 0,7 point au trimestre précédent (source Insee).

La France se retrouve à un niveau toujours qualifiable de chômage de masse avec 9,2% de sans-emploi.

A ce stade, il est important de relever que ce chiffre préoccupant du nombre de demandeurs d'emploi intervient après des informations objectivement mauvaises en termes de croissance.

Lire - Croissance en France: pourquoi les prévisions sont probablement trop optimistes

L'année 2017 aura été exceptionnelle: ainsi, le taux de croissance annuelle vient d'être révisé à la hausse passant de 2,0% à 2,2% avec un dernier trimestre à +0,7%.

Ceci doit être comparé avec les +0,3% du premier trimestre 2018 et surtout avec la prévision de la Banque de France pour le 2ème trimestre: +0,3%.

Dans ces conditions (+0,6% au premier semestre en cours), on imagine mal comment la France pourrait atteindre les 2,0% prévus en 2018 par le HCFP (Haut Conseil des Finances Publiques) ou même les 1,9% estimés par la Banque de France.

Or, on sait d'expérience que notre économie ne voit pas son chômage se réduire si elle ne bénéficie pas d'un taux de croissance au moins égal à 1,7%.

De même, l'aubaine des bonnes rentrées fiscales (notamment via la TVA) qui a induit un bonus de près de 8 milliards en cours d'année 2017 risque bel et bien de s'évanouir en 2018.

Front du chômage, croissance ralentie, trajectoire délicate des finances publiques forment un trio d'astres défavorables.

Or, la lucidité géopolitique oblige de souligner les tensions sur les prix des hydrocarbures. Avec un pétrole qui a pris plus de 20$ en moins d'un an pour désormais dépasser le seuil des 80$ le baril de brent, l'économie française et ses partenaires européens vont subir une ponction proche de la notion de choc pétrolier. Là encore, nul besoin d'être ultra-vigilant pour en déduire que le prix à la pompe va éroder le pouvoir d'achat. Celui-là même que le Gouvernement Philippe n'a pas réussi à améliorer de manière tangible voire à dégrader avec cette fameuse hausse de CSG.

Pour l'heure, la France est face à un retournement conjoncturel qui va obliger l'État à refaire ses calculs prévisionnels pour boucler le PLF 2019.

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