Condamné, Claude Guéant déchu de sa Légion d'honneur

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La rédaction de France-Soir
Publié le 28 mai 2019 - 12:41
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L'ancien ministre de l'Intérieur Claude Guéant arrive au tribunal, le 5 décembre 2018 à Paris
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© Eric FEFERBERG / AFP/Archives
Claude Guéant s'est fait retiré sa Légion d'honneur.
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Claude Guéant a été déchu de l’ordre de la légion d’honneur et de l’ordre du mérite sur décision des responsables de ces deux institutions après sa condamnation dans l'affaire des primes en liquide du ministère de l'Intérieur.

La sentence qui touche l'ancien ministre de l'Intérieur a été rendue publique ce mardi 28. La Chancellerie de la Légion d'honneur a déchu Claude Guéant de son titre de chevalier de la Légion d’honneur, obtenu le 10 mars 1992, et celui de commandeur de l’Ordre national du Mérite auquel il avait accédé en 2001 alors qu'il était préfet de la région Bretagne.

La décision a été dévoilée dans les colonnes du Journal officiel. Ces décisions, avec effet à la mi-mai 2019, font suite à sa condamnation à un an de prison ferme dans l'affaire des primes en liquide du ministère de l'Intérieur, rendue définitive le 16 janvier.

Lire aussi – Claude Guéant définitivement condamné dans l'affaire des primes en liquide de l'Intérieur

Les faits portaient sur des primes en espèces que se versaient chaque mois des membres du cabinet de Nicolas Sarkozy à l'Intérieur, prélevées dans une enveloppe destinée aux frais d'enquête et de surveillance (FES) des policiers.

Entre 2002 et 2004, alors qu'il était directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy puis ministre de l'Intérieur, Claude Guéant se versait des primes abusives de 5.000 euros par mois. Celles-ci s'ajoutaient à son salaire de 8.000 euros et à ses indemnités de 2.200 euros.

En janvier dernier, le pourvoi en cassation de l'ancienne éminence grise de Nicolas Sarkozy avait été rejeté, actant définitivement la peine d’un an de prison de ferme, les  75.000 euros d'amende et l' interdiction d'exercer toute fonction publique pendant cinq ans. décidée à son encontre.

Claude Guéant, qui fut notamment secrétaire général de l'Elysée sous la présidence Sarkozy, est également mis en examen dans l'affaire des soupçons de financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, pour "corruption passive", "complicité de financement illégal de campagne électorale" et "blanchiment de fraude fiscale en bande organisée".

L'ancien haut fonctionnaire est notamment soupçonné d'avoir perçu, en 2008, 500.000 euros en rétribution de son intervention auprès d'EADS (devenu Airbus group) en faveur de l'intermédiaire Alexandre Djouhri, qui réclamait le paiement d'une commission pour une vente d'avions à la Libye. Claude Guéant a toujours soutenu que cette somme était le fruit de la vente de deux tableaux de peinture flamande.

Voir:

Claude Guéant, le "cardinal" déchu de Nicolas Sarkozy

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