Congrès: après le Premier ministre "collaborateur" de Sarkozy, le chef de gouvernement "porte-parole" de Macron?

Congrès: après le Premier ministre "collaborateur" de Sarkozy, le chef de gouvernement "porte-parole" de Macron?

Publié le 29/06/2017 à 10:48 - Mise à jour à 10:56
© PHILIPPE WOJAZER / POOL/AFP/Archives
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Auteur(s): Pierre Plottu
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Les observateurs sont unanimes: en réunissant le Parlement en Congrès la veille du discours de politique générale d'Edouard Philippe, événement fondateur pour un Premier ministre, Emmanuel Macron fait affront à son chef de gouvernement. Voire réduit au rôle de simple relais de son message celui qui est, selon la Constitution, le chef de la majorité et codétenteur du pouvoir exécutif.

MANOEUVRES DE CONGRÈS - Au-dessus de Philippe Premier (ministre) il y a Macron le Roi Soleil. Le président de la République va s'adresser au Parlement réuni en Congrès lundi 3 juillet, a confirmé Gérard Larcher mercredi 28. Ce choix de date ne doit rien au hasard -les 925 députés et sénateurs n'ont été rassemblés qu'une seule fois pendant le quinquennat Hollande- et c'est donc un signe que cela se fasse à la veille du discours de politique générale du chef du gouvernement Édouard Philippe devant l'Assemblée nationale, mardi 4.

Le discours du président qui fixera "les défis" du quinquennat qui s'ouvre dans le cadre hautement monarchique de Versailles va ainsi éclipser celui de son Premier ministre. Après le chef de gouvernement "collaborateur" de Nicolas Sarkozy, place à celui réduit au rôle de porte-parole par Emmanuel Macron?

L'entourage d'Edouard Philippe a beau minimiser, préférant y voir une juste répartition des rôles entre "jupitérisme" élyséen et mission d'action de Matignon, l'acte est largement dénoncé comme un affront. "Si Macron le fait, c’est qu’il méprise vraiment le gouvernement", analysait ainsi mercredi le patron du PC Pierre Laurent, alors que l'information n'était pas encore officiellement confirmée.

En effet, "le discours de politique générale, c’est LE moment du Premier ministre. Convoquer un Congrès avant est une humiliation terrible", explique Chloé Morin, ex-conseillère à Matignon et directrice de l’Observatoire de l’opinion à la Fondation Jean Jaurès, citée par Le Monde.

Les mots sont forts. Mais le symbole l'est tout autant, comme le résume la socialiste Cécile Untermaier pour Libération: "il aurait été préférable pour l’équilibre des pouvoirs que cette convocation se fasse après le discours de politique générale".

Manu l'Américain

Qu'on se le dise le style Macron est donc bien celui d'un "hyperprésident" à la Sarkozy, diamétralement opposé à celui d'un chef d'Etat "normal" à la Hollande.

Le marcheur semble ainsi rêver d'un pouvoir renforcé. A l'image du modèle américain où le président bénéficie de prérogatives étendues mais contrebalancées, équilibre des pouvoirs oblige, par un contrôle accru du Parlement. Ce qui se traduit notamment par le fameux "discours sur l'état de l'Union" annuel prononcé devant le Congrès (réunissant le Sénat et la Chambre des représentants).

Une formule que Macron tente donc visiblement d'importer en France -ici encore à la manière de "Sarko l'Américain"- lui qui a promis pendant la campagne de s'adresser aux Français  une fois par an. Le tout en s'affranchissant du rôle de contrôle des députés et sénateurs? La question se pose, alors que l'OPA de son parti sur l'Assemblée est visiblement en marche.

Auteur(s): Pierre Plottu

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Emmanuel Macron et son Premier ministre Edouard Philippe.

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