Emmanuel Macron, entre attentisme et réformisme, le dilemme insoluble du président de la République

Emmanuel Macron, entre attentisme et réformisme, le dilemme insoluble du président de la République

Publié le 09/12/2020 à 07:07
BERTRAND GUAY / AFP
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Auteur(s): FranceSoir
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16 mois nous séparent des prochaines élections présidentielles. Le compte à rebours a déjà commencé, et le Président de la République va devoir se positionner, s’il envisage un second mandat.

Les semaines et les mois, qui vont suivre, seront consacrés à la gestion de la crise économique, qui prend de l’ampleur et que les spécialistes qualifient d’inédite. Pour autant, le gouvernement doit-il abandonner toute initiative de réforme pour se consacrer pleinement à ce monde d’après, ou doit-il initier de nouvelles transformations de la société pour concrétiser une ambition à plus long terme ?

La menace d’un immobilisme imposé par la gestion de crise

Dans une interview au journal Le Monde, le député de Paris, Gilles Le Gendre, qui fut aussi président du groupe La République en Marche (LRM) à l’Assemblée Nationale, souligne les dangers d’un immobilisme qui pourrait être fatal à la majorité :

« Les Français ne nous jugeront pas uniquement sur la bonne gestion de la crise sanitaire et économique, qui est indispensable mais pas nécessaire. »

Et l’hôte de l’Elysée en est parfaitement conscient. Les mois sont désormais comptés avant les élections présidentielles, et après une année 2020, consacrée à la gestion de la crise sanitaire, Emmanuel Macron sait que 2021 sera le moment d’accompagner le plan de relance. C’est ce plan, qui lui permettra de renouer avec l’image de transformateur, qu’il a voulu endosser tout au long de la campagne de 2017 et pendant la première partie de son mandat. L’épidémie de coronavirus aura mis un coup d’arrêt brutal à cette ambition de transformer. Même la réforme des Retraites est en sommeil depuis mars dernier, et le président sait que la reprise des négociations avec les parties prenantes sera difficile.

Gérer ou réformer, quelle voie pour le président de la république en attendant 2022 ?

La loi sur le séparatisme et le projet de sur le climat, pour donner suite à la Convention Citoyenne, sont les deux projets   à l’ordre du jour, et même l’Elysée ne sait pas si 2021 sera marqué par d’autres réformes, tant les interrogations sont nombreuses et l’attentisme bien ancré dans le paysage politique français. La grande réforme sociale du quinquennat, consacrée à la dépendance,  ne sera peut-être pas menée à son terme, car la question du financement posera question à un moment, où le gouvernement devra marquer sa sortie de la doctrine du « quoi qu’il en coûte ».

Si le président de la République sait que son ambition réformatrice a été mise à l’arrêt par la Covid-19, il pourra se servir de cette réalité pour se projeter au-delà de 2022 si jamais il décidait de briguer un second mandat.

Une campagne inédite pour les présidentielles de 2022

Jean-Luc Mélenchon, Anne Hidalgo, Marine Le Pen, …. Les candidatures à l’élection présidentielle de 2022 se précisent déjà, et la gestion de la crise sanitaire sera un des sujets sur lequel l’éventuel candidat Macron sera naturellement critiqué. Alors que personne ne connait encore la durée et l’impact de cette crise économique, qui met déjà à mal l’économie française, le président devra peut-être, après le « Beauvau de la Sécurité », le « Ségur de la Santé », le « Grenelle de l’Education », …, imaginer l’ »Elysée du Citoyen », une vaste concertation pour permettre aux citoyens de retrouver confiance dans leur classe dirigeante. Car, personne n’a oublié, qu’avant la Covid-19, la mandature d’Emmanuel Macron fut marquée par la révolte des Gilets Jaunes. Et Jacline Mouraud, figure historique de ce mouvement contestataire, pourra le lui rappeler, puisqu’elle s’est déjà déclarée candidate à l’élection de 2022.

Auteur(s): FranceSoir

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Le président de la République va devoir se positionner alors qu'une crise inédite frappe la France

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