Emmanuel Macron invité par le MEDEF, pas le PS

  •  Vous appréciez FranceSoir, soutenez son indépendance !  

Emmanuel Macron invité par le MEDEF, pas le PS

Publié le 27/08/2015 à 19:28 - Mise à jour à 19:29
©Andrea Comas/Reuters
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): Pierre Plottu
-A +A

Le jeune ministre de l'Economie et ancien banquier d'affaires Emmanuel Macron agace au sein de la majorité. La preuve: son propre camp le boude et ne l'a pas convié à l'université d'été de La Rochelle, ce week-end, alors que les grands patrons du MEDEF l'ont accueilli à bras ouverts à la leur, ce jeudi soir…

Un ministre de François Hollande applaudi par les (grands) patrons du MEDEF, l'image n'est plus une nouveauté. Elle n'en reste pas moins symbolique en ce qui concerne Emmanuel Macron, ancien banquier d'affaires devenu ministre de l'Economie des socialistes Hollande et Valls. C'est même un signe qui ne trompe pas quand on sait que ce jeune premier au physique de gendre idéal n'a pas été invité à l'université d'été du PS (de ce jeudi à samedi 29 à La Rochelle), mais a été chaleureusement accueilli à celle du MEDEF.

Le principal intéressé ne s'y est d'ailleurs pas trompé. Celui qui agace pour son passé de banquier et sa loi passée à coups de 49-3 s'est ainsi affiché ce jeudi avec les "Réformateurs", l'aile droite du PS qui se réunissait sur le domaine de Léognan, en Gironde. Comme pour mieux montrer, même s'il s'en défend, qu'il n'est pas la bête noire de tous les socialistes, lui qui n'a plus sa carte marquée du poing et de la rose depuis 2009. Mais aussi, et surtout, faire passer un message.

"C'est simple: quand vous invite à dîner quelque part, vous y allez. On m’a invité ici, je suis venu. On ne m’a pas invité à La Rochelle", a ainsi tenu à clarifier Emmanuel Macron en Gironde, cité par Le Monde. Droit dans ses bottes, il a également taclé ceux qui lui reprochent de ne pas être un politique pur jus, estimant que "la parole et la réflexion politique ne relèvent pas d’une profession réglementée, elle ne peut pas être capturée par certains qui seraient les seuls autorisés à discuter de politique".

"On a très longtemps considéré que notre rôle c’était de corriger les inégalités. Or, on le voit bien, on crée de la dépense publique, mais on ne traite pas la cause du problème (…).La dépense publique n’est pas une réponse de gauche, sinon Nicolas Sarkozy qui a aggravé le déficit de la France serait premier secrétaire du PS. Etre de gauche, c’est faire des réformes en amont", a également défendu ce réformiste assumé. Puis, alors que la rumeur l'envoi prendre la succession de François Rebsamen, ministre du Travail démissionnaire, de dresser le procès du code du travail. La loi est ainsi accusé de trop protéger les inclus, ceux qui sont dans l'emploi (CDI, fonctionnaires…), au détriment des exclus que sont les chômeurs et les jeunes notamment.

Un thème cher aux syndicalistes patronaux du MEDEF, qu'Emmanuel Macron a rejoint un peu plus tard ce jeudi. Si la présence du ministre de l'Economie à l'université d'été du MEDEF est une tradition, l'accueil pour le moins chaleureux qui lui a été réservé est, pour un socialiste, beaucoup plus rare. Tout comme les louanges que lui a tressé le patron du syndicat Pierre Gattaz, mercredi 26 sur Europe-1, parlant d'un "homme qui connaît l'entreprise, assume l'économie de marché, connaît la mondialisation (et est) courageux et jeune".

 

Auteur(s): Pierre Plottu

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




Chez les socialistes "Réformateurs", ce jeudi, Emmanuel Macron a notamment fait le procès du code du travail.

Newsletter


Fil d'actualités Politique




Commentaires

-