Emmanuel Macron: un 49-3 évitable, les frondeurs "un foyer infectieux"

Emmanuel Macron: un 49-3 évitable, les frondeurs "un foyer infectieux"

Publié le 26/02/2015 à 20:12 - Mise à jour le 27/02/2015 à 07:38
©Charles Platiau/Reuters
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): Pierre Plottu
-A +A

Emmanuel Macron est revenu, ce jeudi dans "Le Monde", sur l'épisode du 49-3 employé pour faire passer son projet de loi. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le ministre de l'Economie est remonté contre les frondeurs.

"Ma conviction, c’était qu’on pouvait l’emporter". Dans une interview au Monde publiée ce jeudi, Emmanuel Macron revient sur l'épisode de l'emploi de l'article 49-3 de la Constitution pour faire passer son projet de loi sur la croissance et l’activité, menacé d'être rejeté par le vote "contre" des frondeurs socialistes. Le ministre de l'Economie en est persuadé, son texte "pouvait l’emporter", assure-t-il, tout en fustigeant l'attitude des élus réfractaires de la majorité.

"Ma conviction, c’était qu’on pouvait l’emporter. Dans les derniers comptages, on passait à quelques voix. Mais il y avait un risque. Je manque d’expérience politique pour l’apprécier comme il faut et j’ai donc fait confiance à ceux qui avaient l’habitude du jeu parlementaire", explique Emmanuel Macron. Un ministre de l'Economie peut-être un peu optimiste si l'on en croit les indiscrétions recueillies après l'épisode du 49-3: au moment de trancher, Manuel Valls aurait eu trois sondages officieux de sa majorité dans les mains et, dans le meilleur des cas, le texte passait avec une voix d'avance…

Ferme, balayant les critiques ("les compromis finaux n’auraient rien changé (…) nous avons décidé d’avancer"), le jeune ministre entend surtout livrer sa vérité sur cet épisode. Alors que les frondeurs n'ont pas été sanctionnés par le PS –Jean-Christophe Cambadélis ne peut se le permettre à moins de quatre mois du congrès– Emmanuel Macron n'hésite pas à les qualifier de "foyer infectieux" et décerne le titre de virus en chef à Benoît Hamon.

"Au cours de la dernière nuit de discussion à l’Assemblée, j’ai été saisi de voir à quel point certains députés étaient dans un débat théorique et à quel point ils perdaient le réel", détaille-t-il. Presque gentillet, au regard des flèches décochées à Benoît Hamon (qui a clamé publiquement qu'il voterait contre le projet de loi). "Qu’un ancien ministre, alors que beaucoup de dispositions de la loi consommation qu’il avait portées et qui n’avaient pu aboutir figurent dans ce texte, méconnaisse les avancées sociales (…) et justifie ainsi un vote contre le gouvernement, laisse à penser que l’on a perdu de vue la réalité des choses ou qu’on a perdu de la culture politique. Il avait simplement besoin d’un prétexte pour installer son vote contre. Tout le reste n’est que littérature".

Le ministre regrette enfin les "logiques politiciennes", qui ont amené, selon lui, l'opposition à s'opposer à un texte qu'elle aurait pu voter. "Beaucoup de gens, au centre-droit et à droite, pouvaient se reconnaître dans ce texte, ils le disaient d’ailleurs. La logique partisane, en particulier à l’approche des élections départementales (qui se dérouleront les 22 et 29 mars prochain, NDLR), a été telle que seuls ceux qui n’avaient rien à perdre ont eu le courage de la dépasser".

 

Auteur(s): Pierre Plottu

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




Emmanuel Macron a également regretté les "logiques politiciennes" qui ont conduit l'opposition à s'opposer sur un texte qui aurait pu faire consensus, selon lui.

Newsletter


Fil d'actualités Politique




Commentaires

-