Enquête ouverte sur le cumul d'emplois de l'ex-épouse d'Eric Ciotti

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FranceSoir avec AFP
Publié le 22 novembre 2022 - 14:45
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Les trois candidats à la présidence de LR (de G à D) Eric Ciotti, Bruno Retailleau et Aurélien
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AFP - Christophe ARCHAMBAULT
Les trois candidats à la présidence de LR (de G à D) Eric Ciotti, Bruno Retailleau et Aurélien Pradié posent le 21 novembre 2022 à Boulogne-Billancourt, avant un débat sur le plateau de LCI.
AFP - Christophe ARCHAMBAULT

Le parquet national financier (PNF) a ouvert une enquête préliminaire après la publication d'articles selon lesquels l'ex-épouse d'Eric Ciotti, donné comme favori pour la présidence du parti Les Républicains, a cumulé plusieurs emplois pendant près de dix ans.

Cette enquête, qui "a pour but de vérifier le bien-fondé des éléments parus dans la presse", a été ouverte pour détournement de fonds publics, abus de confiance et recel de ces infractions, a précisé mardi le PNF, confirmant une information de BFMTV.

Sollicité par l'AFP, le député des Alpes-Maritimes n'avait pas réagi à la mi-journée. Son ex-épouse, jointe par téléphone, se dit pour sa part "abasourdie par cette histoire" mais "ne souhaite pas réagir".

Dans son édition de mercredi dernier, le Canard enchaîné a affirmé que l'ancienne épouse de M. Ciotti, Caroline Magne, avait cumulé divers emplois auprès du député ou d'alliés politiques : attachée de presse de Christian Estrosi, elle est en 2007 devenue attachée parlementaire d'Éric Ciotti lorsqu'il a été élu à l'Assemblée, en plus d'un emploi au Conseil départemental des Alpes-Maritimes où elle "étend ses compétences" lorsque son époux en prend la présidence, en 2008.

L'article révèle aussi qu'elle a occupé un poste de directrice adjointe à la mairie de Nice avant d'intégrer l'équipe de pilotage de la communauté urbaine, exerçant ces responsabilités jusqu'en 2011.

Interrogée par l’AFP, la mairie de Nice a indiqué qu'elle ne souhaitait "pas s'exprimer".

À l'Assemblée, son contrat a pris fin en 2016 mais elle a également, entre 2014 et 2016, exercé des responsabilités dans la commune de La Colle-sur-Loup, et eu un emploi au diocèse de Nice entre 2012 et 2014, selon le Canard enchaîné.

Après la publication de cet article, le député, candidat à la présidence de son parti, s'était dit "bassement attaqué" et avait expliqué avoir employé Caroline Magne comme collaboratrice parlementaire "à temps très partiel" et "dans le strict respect des lois et règlements".

"Dans les deux cas, le cumul d’activité n’a jamais dépassé 44h par semaine", a-t-il indiqué dans un communiqué, assurant que son emploi "en circonscription" atteignait "5 h 25 par semaine". Quant à celui à la mairie de La-Colle-sur-Loup, "la durée de travail hebdomadaire n’a jamais dépassé 9h par semaine", a-t-il précisé.

Selon Libération, Caroline Magne a été rémunérée en 2008 et 2009 près de 20 000 euros par an pour son emploi de collaboratrice de M. Ciotti à l'Assemblée nationale. Ses revenus seraient passés de 51 700 euros brut par an en 2007 au total à 94 500 euros en 2009, écrit par ailleurs le journal.

Le quotidien affirme également qu'"il n’y avait pas, dans le dossier individuel de Caroline Magne, de demande d'autorisation de cumul accordée par la ville de Nice, comme la loi l'exige". Au journal, l'intéressée a répondu qu'ayant déjà obtenu l'autorisation de cumuler quand elle était au département, elle n’avait pas besoin de la renouveler, n’ayant "pas changé d'employeur" en suivant Estrosi à la mairie de Nice.

Campagne percutée

L'annonce de cette enquête intervient en pleine campagne pour la présidence de LR, scrutin pour lequel s'affrontent Eric Ciotti, le sénateur Bruno Retailleau et le député Aurélien Pradié.

Sous le slogan "La droite au cœur", le député des Alpes-Maritimes, 56 ans, qui fut finaliste de la primaire de LR pour la dernière présidentielle, représente une ligne sécuritaire et identitaire. Il apparaît comme le favori du scrutin qui doit se dérouler les 3 et 4 décembre et, le cas échéant, la semaine suivante pour un second tour.

En 2017, le candidat LR à la présidentielle d'alors, François Fillon, avait vu son parcours exploser avec le "Penelopegate", cette affaire d'emplois présumés fictifs qui a pris le nom de son épouse, révélée par le Canard enchaîné.

François Fillon a été condamné en appel en mai à quatre ans de prison dont un an ferme, 375 000 euros d'amende et dix ans d'inéligibilité et son épouse à deux ans de prison avec sursis, 375 000 euros d'amende et deux ans d'inéligibilité. Ils se sont pourvus en cassation.

Sur Twitter, l'ex-secrétaire national d'EELV David Cormand a ironisé : "Pas de doute, Éric Ciotti sera le prochain Président des #LR. Il a la principale qualité requise pour le poste..."

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