Le Pen prête à lâcher Philippot sur la sortie de l'euro contrainte par ses cadres prônant le combat contre "l'islamisation de la France"?

Le Pen prête à lâcher Philippot sur la sortie de l'euro contrainte par ses cadres prônant le combat contre "l'islamisation de la France"?

Publié le 06/07/2017 à 16:02 - Mise à jour à 16:29
© Patrick KOVARIK / AFP
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Auteur(s): PP
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La crise couve au FN où partisans et opposants à la sortie de la France de l'euro font désormais étalage public de leurs désaccords. Le mécontentement est tel que Marine Le Pen se garde bien d'arbitrer et semble même en passe de lâcher -sous la contrainte- son bras droit Florian Philippot.

SORTIR DE L'IMPASSE - Le FN est-il en passe de renoncer à l'une des mesures phares, ou du moins l'une des plus discutées, de son programme des deux dernières élections présidentielles: la sortie de l'euro? Oui, à en croire les déclarations de Marine Le Pen en personne qui a déclaré à ce sujet "qu'il faut vraiment tout remettre sur la table", mardi 4 sur France Info. La patronne du parti frontiste a même envisagé au passage de changer le nom de son parti.

Revirement de la candidate malheureuse de sa deuxième présidentielle de rang? Pas tout à fait, tant Marine Le Pen semble agir sous la pression des cadres de son mouvement. Signe qui ne trompe pas, elle a refusé de prendre elle-même une position tranchée, préférant conditionner la "refondation du Front national" au vote des adhérents lors du Congrès de mars prochain. Vote qui aura toutefois été aiguillonné au moyen d'un questionnaire bâti par la direction frontiste et basé sur les conclusions des "groupes de travail qui planchent actuellement sur l'analyse des élections présidentielles et législatives" ainsi que celles d'un séminaire qui s'annonce houleux, les 21 et 22 juillet.

Car l'antagonisme  entre la "ligne Philippot" pro-sortie de l'euro et les caciques qui préfèreraient un discours axé sur l'islam et l'immigration s'étale désormais sur la place publique. Si jusqu'ici le décrié numéro deux du FN était protégé par Marine Le Pen, l'échec de sa stratégie, censée la porter au pouvoir, le fragilise. A tel point que même la présidente ne peut plus faire taire les critiques, ce qui est suffisamment rare pour être noté dans ce parti de tradition caporaliste.

"La sortie de l'euro a été un terrible boulet durant la campagne. C'est un sujet technique, incompréhensible alors que les électeurs attendaient nos réponses sur l'immigration, l'islamisation de la société, la sécurité et l'emploi pour les Français", assume ainsi par exemple le cadre FN Jérôme Rivière cité par Le Figaro. "La sortie de l'euro ne sera pas abandonnée", a continué à assuré pour sa part Florian Philippot, ce jeudi 6 sur LCI, récusant les rumeurs lui attribuant des velléités de démission. Puis de continuer à sortir le parapluie estampillé patronne: "Cela a été rappelé par Marine Le Pen il y a une semaine, disant que nous sommes favorables à la souveraineté monétaire, contre l'euro et pour une monnaie nationale".

Un différend que celle-ci se garde pourtant bien d'arbitrer, préférant tenter un grand écart improbable. "Je dis à l'intérieur du FN ce que je dis sur les plateaux, parce que je n'exprime que ma conviction profonde: je pense que notre pays mérite d'être souverain, parce qu'il s'est battu pour cela pendant des siècles. Il mérite de décider pour lui-même", s'est-elle défendu ce jeudi matin sur Europe 1, semblant aller dans le sens de Florian Philippot. Mais tout en se disant déterminée à " ten(ir) compte de l'angoisse des (Français) face à ce qu'il ont perçu comme une sortie brutale de l'euro". Impossible? "Certes, ça va un peu être la quadrature du cercle", a-t-elle reconnu, puis d'ajouter: "je suis convaincu qu'on va y arriver". Reste à savoir qui concerne précisément ce "on".

Auteur(s): PP

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Marine Le Pen se garde bien d'arbitrer la bataille idéologique qui ébranle le FN depuis la défaite à la présidentielle.

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