À contre-temps, Gérard Larcher assure vouloir "contrôler" l'application du passe vaccinal

À contre-temps, Gérard Larcher assure vouloir "contrôler" l'application du passe vaccinal

Publié le 19/01/2022 à 15:02
Thibault Camus / POOL / AFP
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Auteur(s): FranceSoir
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Ce matin sur LCI, le président du Sénat Gérard Larcher annonçait la création d'une commission d'enquête parlementaire sur le passe vaccinal. Elle sera chargée de « vérifier l'adéquation entre le pass vaccinal et la réalité de la pandémie. » Mieux vaut tard que jamais ?

Gérard Larcher se veut rassurant

Alors que le Conseil constitutionnel planche actuellement sur les saisines que les deux Chambres lui ont transmises, Gérard Larcher assure qu'il « n'y a pas d'atteinte à la dignité, pas d'atteinte à la vie privée, qui soit disproportionnée par rapport à la réalité de l'épidémie. » « Vous savez, le Sénat, dans sa majorité, a été responsable dans ce débat sur le passe vaccinal », explique-t-il.

Peut-être, mais l'Assemblée nationale n'a retenu qu'une seule des modifications que le Sénat avait apportées au texte. Tout le monde, aujourd'hui, attend donc la décision des Sages.

Se voulant rassurant, Gérard Larcher assure toutefois que le Sénat va « contrôler cette mise en place et l'adéquation du passe vaccinal avec la situation pandémique. La commission des affaires sociales vient de me demander les pouvoirs d'une commission d'enquête. »

Il nous apprend que la commission devrait se mettre en place « immédiatement » et qu'elle aura « accès à tous les dossiers, tous les documents ». La conférence des présidents se fera ce soir, et le vote aura lieu dans les prochains jours.

NDLR 18 h 10 : La conférence des présidents votera demain (jeudi 20) pour savoir si la commission des affaires sociales doit être chargée de la mission d'enquête ou non.

« La majorité des sénateurs ont voté pour le passe vaccinal même si nous n'avions pas toutes les réponses que nous souhaitions »

Est-ce utile ? Est-ce inutile ? Y a-t-il des manques ? Ne sommes-nous pas dans l'excès ? Telles sont les questions auxquelles Gérard Larcher entend répondre avec cette commission d'enquête.

À juste titre, Elizabeth Martichoux lui rappelle que « beaucoup à droite s'interrogent sur le timing, entre l'état d'avancée de l'épidémie, ou plutôt de recul, et ce passe vaccinal qui est contraignant ». Rappelons, en effet, que même Valérie Pécresse pointait du doigt un passe vaccinal qui « ne sera même plus utile » quand il sera déployé. Pour ne citer qu'eux, les sénateurs Loïc Hervé (UDI) et Sébastien Meurant (LR) faisaient aussi partie de ceux qui déploraient un déploiement non seulement excessif, mais aussi à contre-temps. Raison pour laquelle d'autres pays, tels que le Danemark, le Royaume-Uni ou l'Espagne, font le choix d'un retour à la vie normale pendant que le gouvernement français, lui, serre la vis.

Lire aussi : Un passe vaccinal "même plus utile" : la prise de position paradoxale de Valérie Pécresse

À cela, Gérard Larcher assume : « Vous savez, la majorité des sénateurs ont voté pour le passe vaccinal même si nous n'avions pas toutes les réponses que nous souhaitions. » Et d'avouer juste après que « ça a été compliqué ». Pour conclure ainsi : « la commission des affaires sociales y était favorable, mais maintenant il faut contrôler. »

« C'est quand même le rôle du Parlement de contrôler. », disait-il. Mais n'était-ce pas avant, qu'il fallait contrôler ? Poussés par le calendrier d'urgence de l'exécutif, n'est-il pas trop tard pour que les parlementaires se montrent en sauveurs ? Le Conseil constitutionnel lui-même a raccourci le délai réglementaire de huit jours à seulement trois, pour traiter les saisines. Rappelons qu'en l'état, bien que le Sénat se soit battu pour, le projet de loi ne mentionne pas de date de fin du passe vaccinal, ni même de seuils épidémiologiques qui permettraient de « contrôler », justement, la proportionnalité des mesures face à l'évolution de l'épidémie.

Dessin de presse d'ARA, pour FranceSoir

Alors, quand bien même le porte-parole du gouvernement nous assure tenir aux libertés collectives, si le Conseil constitutionnel se montre en faveur du sésame, ce ne sera probablement pas une commission d'enquête parlementaire qui va pouvoir mettre un terme aux frénésies liberticides du pouvoir en place. Gérard Larcher se portera-t-il garant de l'utilité de cette commission d'enquête ?

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