Grogne des policiers: l'Elysée devrait annoncer "un ensemble de mesures"

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La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
Publié le 26 octobre 2016 - 21:43
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Deux policiers à Paris.
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Près de 9 Français sur 10 le soutiennent et les policiers bénéficient d'une image positive auprès de plus de 80% des gens, selon un nouveau sondage.
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A l'issue d'une rencontre avec les syndicats de policiers à l'Elysée ce mercredi soir, le gouvernement devrait annoncer "un ensemble de mesures" pour tenter d'apaiser la colère des forces de l'ordre qui manifestent depuis plus d'une semaine. Ces dernières devraient viser à "renforcer le plan d'équipement, déterminer les tâches indues à alléger et à faire en sorte de répondre à un certain nombre d'attentes, notamment concernant la légitime défense", a promis Bernard Cazeneuve.

Les policiers ont manifesté ce mercredi 26 dans de nombreuses villes de France, avant une rencontre entre les syndicats et François Hollande à l'Elysée qui devrait voir l'annonce d'"un ensemble de mesures" pour tenter de calmer le mouvement de colère entamé il y a dix jours. Le président devait rencontrer à l'Elysée les syndicats de police à 18h00, puis le Conseil de la fonction militaire de la gendarmerie à 19h30. Le Premier ministre, Manuel Valls, les ministres de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, et de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, devaient également participer.

Peu avant la réunion, Bernard Cazeneuve a promis "un ensemble de mesures" visant à "renforcer le plan d'équipement, déterminer les tâches indues à alléger et à faire en sorte de répondre à un certain nombre d'attentes, notamment concernant la légitime défense" ainsi que des demandes comme "l'anonymisation des policiers". Débordés par la base, les syndicats ont échoué jusque-là à prendre la main sur le mouvement. Mais ce mercredi, de nombreux policiers ont répondu l'appel à manifester lancé par Unité-SGP police FO (deuxième syndicat de gardiens de la paix). En régions, ont constaté des journalistes de l'AFP, 500 à 600 personnes ont défilé à Nancy, 400 à Strasbourg, 350 personnes à Nantes et Nice, A Marseille, 300 à 400 à Marseille.

D'autres rassemblements ont notamment réuni, souvent avec le renfort de citoyens, 300 personnes à Reims, 250 à Pau, 200 à Rouen ainsi qu'à La Réunion, 150 à 200 à Grenoble comme à Orléans, 250 à 300 à Montpellier et 150 à La Rochelle, Tours, Carcassonne ou Perpignan, 120 à Clermont-Ferrand, une centaine à Rennes et Périgueux, une cinquantaine à Lyon. A Paris, quelques centaines de manifestants - un millier, selon SGP-FO - ont défilé derrière une banderole "Policiers attaqués, citoyens en danger" jusqu'à l'hôpital Saint-Louis, où un de leurs collègues grièvement brûlé par un cocktail Molotov à Viry-Châtillon (Essonne) le 8 octobre est soigné. Dans le cortège, Delphine, policière de 33 ans, dit vouloir "faire comprendre à notre gouvernement que notre police nationale est dans le déclin". Les policiers protestataires demandent eux aussi une rencontre "sans les syndicats" avec François Hollande ou Bernard Cazeneuve, faute de quoi les manifestations "continueront", a assuré l'un d'eux mardi 25.

Ils étaient plusieurs centaines devant l'Assemblée nationale ce mercredi en présence de plusieurs responsables politiques Les Républicains ou FN comme les députés Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard. Depuis le 17 octobre, le mouvement, animé par des collectifs sur les réseaux sociaux ou par SMS, s'est surtout manifesté lors de rassemblements nocturnes quasi quotidiens. Près de 9 Français sur 10 le soutiennent et les policiers bénéficient d'une image positive auprès de plus de 80% des gens, selon un sondage Elabe pour BFMTV publié ce mercredi.

Manque de moyens- "On achète des sacs de congélation sur nos deniers personnels pour pouvoir faire des scellés", selon un brigadier-chef du Val-de-Marne - , révision des règles de légitime défense ou "une réponse pénale plus répressive", les policiers veulent faire entendre leurs revendications auprès du chef de l'Etat. Concernant la légitime défense, le ministre de la Justice a rappelé ce mercredi qu'il n'était pas favorable à une révision jugeant qu'"aujourd'hui, la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'Homme et la loi permettent à un policier de se défendre". Les syndicats demandent également la "mise en place de peines plancher pour les agresseurs de membres des forces de l'ordre et services de secours", disposition abrogée sous François Hollande, et "l'alignement de la répression des outrages à personne dépositaire de l'autorité publique sur celle des outrages à magistrats dont les peines sont doubles".

 

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