Grogne des policiers: Sarkozy fustige Cazeneuve, "ce qui nous sert de ministre de l'Intérieur"

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La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
Publié le 20 octobre 2016 - 18:05
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Nicolas Sarkozy faisant un discours vindicatif.
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En pleine grogne des policiers, Nicolas Sarkozy et Bernard Cazeneuve se renvoient la responsabilité de la baisse de leurs effectifs.
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Nicolas Sarkozy s'en est pris ce jeudi à "ce qui nous sert de ministre de l'Intérieur", Bernard Cazeneuve, et a qualifié de "mensonges" la suppression de plus de 10.000 postes dans les forces de sécurité pendant son quinquennat.

"J'ai entendu hier le ministre de l'Intérieur, enfin ce qui nous sert de ministre de l'Intérieur, qui a osé dire, honte sur lui, qu'après quatre ans et demi au pouvoir, c'est moi qui étais responsable des manifestations de policiers. Mais est-ce que M. Hollande sait qu'il est président de la République depuis quatre ans et demi?", a lancé ce jeudi 20 Nicolas Sarkozy sur Europe 1.

L'ancien président a qualifié de "mensonges" la suppression de plus de 10.000 postes dans les effectifs de sécurité pendant son quinquennat. "La Cour des comptes a publié un rapport démontrant qu'en décembre 2015, il y avait 868 policiers et gendarmes de moins à l'époque de M. Hollande qu'avec moi", a-t-il affirmé.

"Nous avons créé près de 6.500 emplois, il en reste 2.500 à créer en 2017", a répliqué Bernard Cazeneuve, en marge d'un déplacement à Villeneuve-d'Ascq (Nord), fustigeant le ton employé par l'ancien président.

"Ce qui me frappe, c'est qu'il n'y a plus aucun propos d'apaisement, plus aucune mesure, plus aucune pondération, plus aucun souci de vérité et j'en profite pour dire au candidat à l'élection présidentielle Nicolas Sarkozy que la manière dont il s'est exprimé sur les ondes ce matin ne correspond pas à ma conception de la politique", a affirmé le ministre.

"On peut être dans le combat politique, on peut s'affronter mais il y a des formes à respecter. (...) Quand on a une responsabilité politique ou quand on en a exercé d'éminentes, on doit savoir maîtriser son verbe", a-t-il insisté.

Concernant le mouvement des policiers qui manifestent depuis trois jours pour réclamer plus de fermeté et de moyens après la très violente agression de quatre d'entre eux à Viry-Châtillon (Essonne), Nicolas Sarkozy a affirmé "comprendre les manifestations des policiers", tout en disant ne pouvoir "approuver la violence, notamment sur la voiture du directeur général de la police nationale" à Evry mardi soir.

Après avoir annoncé mercredi le lancement d'une "concertation" la semaine prochaine sur les revendications des policiers, Bernard Cazeneuve, qui a lui aussi condamné les violences, a justifié jeudi sa réponse à la grogne actuelle.

"Je sais qu'on est dans une période particulière qui peut conduire à bien des discours mais moi, je ne suis candidat à rien d'autre qu'à l'exercice de la responsabilité qui est la mienne avec rigueur, franchise et honnêteté intellectuelle", a-t-il déclaré. "Le respect aux policiers, ça consiste à ne pas leur mentir", a-t-il ajouté.

 

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