Guerre d'Algérie: François Hollande appelle à "la paix des mémoires"

  •  SOUTENEZ L'INDEPENDANCE DE FRANCESOIR, FAITES UN DON !  

Guerre d'Algérie: François Hollande appelle à "la paix des mémoires"

Publié le 20/03/2016 à 10:08 - Mise à jour à 10:10
©Yoan Valat/AFP
PARTAGER :

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

-A +A

Malgré la polémique et les critiques de la droite et de l'extrême droite, François Hollande a décidé de commémorer, samedi, le cessez-le-feu du 19 mars 1962 en Algérie. Selon le chef de l'Etat, cette date "n'était pas encore la paix, c'était le début de la sortie de la guerre".

François Hollande a voulu instaurer "la paix des mémoires" en commémorant samedi 19 le cessez-le-feu du 19 mars 1962 en Algérie, soulignant que cette date marquait "le début de la sortie de la guerre", mais son initiative a provoqué une levée de boucliers, en particulier chez les harkis et rapatriés.

"Le 19 mars 1962, ce n’était pas encore la paix, c’était le début de la sortie de la guerre, dont l’histoire nous apprend qu’elle est bien souvent la source de violence, ce qui fut tragiquement le cas en Algérie avec des représailles, des vengeances, des attentats, des massacres", a déclaré le président de la République devant le monument du quai Branly à Paris en mémoire aux victimes de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc. Mais aujourd'hui, il s'agit de "convoquer l'histoire, non pas pour nous diviser mais pour nous réunir", a plaidé François Hollande, premier président de la Ve République à commémorer ce cessez-le-feu décrété au lendemain des accords d'Evian.

"Alimenter la guerre des mémoires, c'est rester prisonnier du passé, faire la paix des mémoires c'est regarder vers l'avenir. C'est ce message d'unité et de paix, de rassemblement aussi que j'entendais aujourd'hui, en ce 19 mars, délivrer devant vous", a-t-il également expliqué devant le monument érigé au pied de la Tour Eiffel.

La décision présidentielle a toutefois été vivement contestée par de nombreuses associations d'anciens combattants et de pieds-noirs, pour qui le 19 mars marque non pas la fin du conflit algérien, mais le début de l'exil et du massacre de civils et des harkis, algériens anciens supplétifs de l'armée française. Samedi, entre 150 et 200 harkis se sont réunis devant le mémorial du camp de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), pour dénoncer leur "abandon" par la France et "l'insulte" de François Hollande en ce 19 mars. Plus de 20.000 harkis avaient été enfermés dans ce camp dans des conditions insalubres, au sortir de la guerre d'Algérie.

Une centaine d'anciens combattants et rapatriés ont également manifesté à Montpellier, et à peu près le même nombre à Sète (Hérault) et Toulouse, a constaté l'AFP. Dénonçant "une provocation", le maire Les Républicains de Nice Christian Estrosi, également président de la région Paca, a lui décidé de n'organiser aucune cérémonie dans sa ville.

François Hollande s'est également attiré les foudres de la droite et du Front national. Choisir le 19 mars, "c'est en quelque sorte, adopter le point de vue des uns contre les autres (...) C'est considérer qu'il y a désormais un bon et un mauvais côté de l'Histoire et que la France était du mauvais côté", a ainsi dénoncé vendredi l'ex-président Nicolas Sarkozy, patron du parti Les Républicains. La présidente du FN Marine Le Pen a accusé le chef de l'Etat de "violer la mémoire" des anciens combattants et harkis.

Le débat autour du 19 mars ne date pas d'aujourd'hui. Car si cette date a des détracteurs, elle est plébiscitée par d'anciens combattants, notamment des appelés du contingent, et par les immigrés algériens et leurs descendants (environ 1,5 million de personnes). L'ex-président socialiste François Mitterrand, ministre de la justice pendant le conflit, a toujours refusé de commémorer cette date. En 2002, le gouvernement socialiste de Lionel Jospin avait proposé une loi pour en faire une "journée nationale du souvenir". Le texte avait été enterré en raison de l'opposition du Sénat.

Afin de calmer les passions, l'ancien président Jacques Chirac avait alors sorti de son chapeau une date neutre, le 5 décembre 2002 (qui n'évoque aucun fait marquant en Algérie) pour inaugurer le monument célébrant la mémoire des victimes de la guerre d'Algérie, mais aussi celles des combats en Tunisie et au Maroc. Peu après l'arrivée au pouvoir de François Hollande en 2012, la loi de 2002 est revenue au parlement et a été adoptée, non sans polémique.

 

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP


Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.



PARTAGER CET ARTICLE :


La décision de François Hollande de commémorer les accords d'Evian fait polémique.

Annonces immobilières

Newsletter


Fil d'actualités Politique




Commentaires

-