Hamon offensif à Bercy pour remobiliser les socialistes: trop tard, le parti est déjà mort

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Hamon offensif à Bercy pour remobiliser les socialistes: trop tard, le parti est déjà mort

Publié le 20/03/2017 à 10:49 - Mise à jour à 10:58
© GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP/Archives
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Auteur(s): Pierre Plottu

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Benoît Hamon a livré un meeting convainquant et offensif, le tout devant une salle comble, dimanche à Bercy. Un beau succès pour le candidat du PS, qui espère remobiliser ses troupes. Sauf qu'il est déjà trop tard.

Il espère une "remontada" et mène la charge sabre au clair. Mais sera-ce plus qu'un coup d'épée dans l'eau? Benoit Hamon a réussi le pari de remplir l'énorme salle de Bercy, à Paris, dimanche 19, et a livré un discours offensif en multipliant les attaques contre Marine Le Pen, François Fillon et Emmanuel Macron, ses seuls adversaires visiblement. À la peine dans les sondages, le vainqueur de la primaire PS à ainsi curieusement épargné Jean-Luc Mélenchon (qui, lui, ne lui fait pas de cadeaux) et veillé à donner des gages à la gauche, multipliant les références historiques. De Jean Jaurès à Martine Aubry (pour les 35 heures), Hamon a fait acclamer tous les "totems" socialistes, prenant même le soin de faire applaudir Hollande et même Le Drian, pourtant annoncé sur le point de rallier Macron. "Tout commence aujourd'hui, tout commence avec vous", a-t-il ainsi lancé à ses troupes, comme pour mieux s'en persuader. Car si le PS bouge encore, cela ressemble de plus en plus aux derniers soubresauts d'un mourant.

Incarné par un héraut qui peine à faire entendre sa voix, le parti au pouvoir depuis cinq ans, qui a entamé le quinquennat avec la majorité à l'Assemblée et au Sénat et des élus à la tête de la plupart des régions et des grandes villes, notamment, n'est plus que l'ombre de lui-même. Et, au-delà des défaites électorales qui ont émaillé les années Hollande à l'Elysée, lorsque le PS fait parler de lui ces dernières semaines, c'est le plus souvent à propos des défections et des guerres intestines.

Hamon ne soutient pas assez le bilan Hollande, Hamon ne donne pas assez de gages pour rassembler, je suis en désaccord avec Hamon... la litanie des ténors socialistes ayant attaqué le candidat -leur candidat!- a fait l'actualité récente. Tout comme celle des ralliements à Macron, venant de figures socialistes ou non mais importantes à gauche: Daniel Cohn-Bendit, Bertrand Delanoë, Robert Hue (des soutiens facétieux de François Fillon ont même lancé un site qui les dénombre)... jusqu'à Manuel Valls, qui se défend toutefois de tout ralliement tout en refusant de parrainer Hamon qu'il accuse de "sectarisme".

Hamon a beau donner le change, espérant refaire le coup de "Monsieur 3%" qui a fini par l'emporter à la surprise générale, lui même doit bien s'en rendre compte: il est probablement trop tard. Car à la même période, en 2012, les courbes s'étaient déjà croisées et François Hollande était en tête des sondages. Et pas en quatrième position, à 12%, et au coude-à-coude avec Jean-Luc Mélenchon (sondage Kantar Sofres-Onepoint pour Le Figaro et LCI publié dimanche 19)...

Vidé de ses élus, écartelé par la clarification de sa ligne politique et aux mains d'un ancien frondeur alors que la ligne "centrale" tenait historiquement le haut du pavé depuis des décennies, le PS est désormais purement et simplement menacé de mort. Irréconciliable. Un constat pour de nombreux militants, dont beaucoup ne rougissent plus en assumant vouloir "voter utile" pour Macron dès le premier tour de la présidentielle. Impensable il y a encore quelques mois. Et, en parallèle, Jean-Luc Mélenchon se tient en embuscade, lui qui parie de longue date sur la mort du PS est prêt pour refaire à Solferino le coup qui a vidé de sa substance la place du colonel Fabien. La recomposition du paysage politique français est en marche.

Auteur(s): Pierre Plottu


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