Idleb: le régime de Damas bombarde "systématiquement les installations médicales"

  •  Vous appréciez FranceSoir, soutenez son indépendance !  

Idleb: le régime de Damas bombarde "systématiquement les installations médicales"

Publié le 28/03/2019 à 12:00 - Mise à jour à 12:11
© OMAR HAJ KADOUR / AFP
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): Maxime Macé
-A +A

Amnesty international accuse ce jeudi 28 dans un rapport détaillé le régime de Bachar al-Assad de mener des frappes aériennes régulières contre des objectifs civils et particulièrement des installations médicales à Idlib. La province est la dernière enclave qui échappe encore au pouvoir de Damas à l'ouest de la Syrie. L'ONG accuse le pouvoir syrien de crimes de guerre. 

La campagne de bombardement orchestré par l'aviation syrienne contre la province rebelle d'Idleb au nord-ouest de la Syrie a des airs de préambule à une vaste opération au sol. Selon un rapport d'Amnesty international dévoilé ce jeudi, le régime de Damas, appuyé par son allié russe, mène depuis plusieurs mois une série de frappes aériennes contre des installations civiles, en particulier médicales.

"Les forces gouvernementales, soutenues par la Russie, ont frappé un hôpital, une banque de sang et d'autres installations médicales ainsi qu'une boulangerie et une école" dans diverses localités de la province, affirme l'ONG. Le 26 mars, les forces gouvernementales syriennes ont tiré des roquettes sur une école de Sheikh Idriss, à l'est de la ville d'Idleb, tuant un enfant de 10 ans et en blessant grièvement deux autres selon Amnesty. La majorité des frappes aériennes sont eu lieu le long de l'autoroute M5 qui relie Damas à Alep. "Les attaques délibérées contre des civils et des objectifs civils, y compris des hôpitaux et autres installations médicales, et des frappes aveugles qui tuent ou blessent des civils sont des crimes de guerre", a accuse l'ONG

L'armée loyaliste et son allié russe ont déjà eu recours à cette stratégie de terreur pour reprendre des villes et des régions aux rebelles, comme ce fut le cas à Alep, dans la Ghouta (banlieue de Damas) ou encore à Deraa. Le butde ses frappes contre des objectifs civils est de provoquer un départ massif des civils de la zone afin de faire perdre aux groupes rebelles leurs soutiens locaux. Ces derniers ne peuvent ensuite guère résister à la supériorité militaire des forces de régime de Damas et de ses alliés russes et iraniens. Ce scénario sanglant de reconquête des enclaves rebelles semble se répéter à Idlib. Le régime de Bachar al-Assad "utilise clairement les mêmes tactiques militaires illégales qui ont conduit à des déplacements massifs de populations" dans d'autres villes contrôlées par les rebelles dans le passé, précise Amnesty international.

Lire aussi - Syrie - La Ghouta orientale: le scénario de la sanglante reconquête d'Alep se répète

La situation de la population locale est d'autant plus précaire que dans le courant du mois de janvier, la province rebelle est passée majoritairement sous la coupe du groupe djihadiste Hayat Tahrir al-Cham après des combats contre des factions plus modérées présentes dans la poche. Idleb est en théorie "protégée" par l'accord entre la Russie et la Turquie de septembre dernier, marraine des rebelles, ayant empêché une offensive du régime d'Assad. Toutefois, le changement du rapport de force à l'intérieur de la poche entre djihadistes et rebelles modérés pourrait faire office de "blanc-seing" à Damas pour reprendre la dernière poche à l'ouest du pays qui échappe encore à son contrôle.

Le risque d'une catastrophe humanitaire dans la province est réel si des combats devaient y avoir lieu. Par conséquent, Amnesty international demande à la Turquie d'ouvrir sa frontière aux civils qui voudraient fuir l'enclave et de laisser passer les organisations humanitaires qui voudraient se rendre dans la province pour porter secours aux populations menacées.

La guerre en Syrie, qui a débuté en 2011 après la répression de manifestations pacifiques et démocratiques, a fait plus de 370.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés dans et en dehors du pays.

Voir:

En Syrie, la colère des étudiants contre les djihadistes d'Idleb

Idleb, ultime bastion insurgé syrien, passe intégralement à l'heure djihadiste

Syrie: deux figures de la révolte et antidjihadistes abattus à Idleb

Auteur(s): Maxime Macé

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




Amnesty international accuse le régime de Bachar al-Assad de mener des frappes aériennes régulières contre des objectifs civils à Idleb.

Newsletter


Fil d'actualités Politique




Commentaires

-