Impôt – Réforme de l'ISF: les yachts ou les voitures de luxe ne seraient plus taxés, malaise dans la majorité

Impôt – Réforme de l'ISF: les yachts ou les voitures de luxe ne seraient plus taxés, malaise dans la majorité

Publié le 29/09/2017 à 10:42 - Mise à jour à 10:54
© VALERY HACHE / AFP/Archives
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Auteur(s): DD.
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La réforme de l'ISF (Impôt de solidarité sur la fortune) qui va devenir l'IFI (Impôt sur la fortune immobilière) vient de révéler un "effet pervers": les biens de luxe ne seront plus pris en compte dans le calcul du patrimoine imposable. Une conséquence qui n'était peut-être pas dans la volonté initiale d'Emmanuel Macron mais qui risque bien de renvoyer l'image d'un "président des riches".

C'est sans doute le "couac" de communication des réformes annoncées par Emmanuel Macron et son gouvernement, et qui commence à dessiner au chef de l'Etat une image de "président des riches" qui pourrait saper sa popularité: la réforme de l'ISF (Impôt de solidarité sur la fortune), qui va devenir l'IFI (Impôt sur la fortune immobilière). L'idée: toujours une fiscalité spécifique pour les plus hauts patrimoines (plus de 1,3 million d'euros) mais qui ne prend en compte que les biens immobiliers. Les produits financiers ou les actions ne seront plus comptabilisés comme rentrant dans le calcul du patrimoine déclenchant l'imposition. L'idée d'Emmanuel Macron serait de ne pas pénaliser le patrimoine qu'il juge productif pour l'économie (autrement dit celui qui finance les entreprises) au détriment de la pierre jugée "inerte" économiquement par l'exécutif.

Or, ne considérer que la pierre permet certes de retirer de l'imposition des produits financiers. Mais pas seulement: les biens mobiliers de luxe, qui ne sont pas de l'immobilier mais n'en demeurent pas moins des signes extérieurs de richesses "improductifs" ne seront pas compris dans l'assiette de l'IFI. Dans le viseur: les voitures de luxe, les lingots d'or, les chevaux de course ou les yachts, soit autant de biens qui jusque-là étaient soumis à l'ISF et ne le seront pas à l'IFI.

Face à la polémique, le député PRG (mais investi par LREM) des Hautes-Alpes Joël Giraud, rapporteur du budget 2018, annonce que ces produits seront peut-être soumis à une imposition spécifique… sans vraiment en dire plus. Dans le quotidien Le Parisien du vendredi 29, il explique que "les yachts, les jets privés, les chevaux de course, les voitures de luxe ou encore les lingots d'or ne sont plus pris en compte dans le nouvel impôt sur la fortune immobilière (ISF). Ce n'est pas possible! Des symboles de ce genre doivent être beaucoup plus taxés. Un yacht, c'est m'as-tu-vu, ce n'est pas productif pour l'économie…"

Sur France 2, dans l'émission Les 4 vérités du jeudi 28, Barbara Pompili députée LREM de la Somme et ancienne membre du gouvernement de Manuel Valls sous étiquette écologiste était visiblement gênée par la même question. "L’idée n'était pas de faire échapper les yachts à l’imposition. Le problème, c’est qu’ils ont voulu faire simple : l’immobilier d’un côté, le reste de l’autre (…) Si on réussit franchement à faire en sorte que ce genre de choses puissent ne pas avoir d’avantage, je préfère. Ce sera plus simple et on arrêtera de se focaliser là-dessus".

Car c'est bien là le risque politique pour le gouvernement: envoyer le signal que le président préfère favoriser l'affichage ostentatoire de la richesse à l'épargne, certes moins productive et durable, mais qui représente parfois les économies d'une vie de travail. Non seulement Emmanuel Macron pourrait récupérer l'étiquette de "président des riches" –selon RTL, la réforme va faire sortir de l'impôt sur la fortune 150.000 contribuables– mais il pourrait y adjoindre malgré lui une autre encore plus défavorable qui semblait tombée aux oubliettes: celle de président "bling-bling".

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