Les tirailleurs sénégalais, ces soldats qui ont combattu et sont morts pour la France

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Les tirailleurs sénégalais, ces soldats qui ont combattu et sont morts pour la France

Publié le 24/12/2016 à 14:48 - Mise à jour à 14:52
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
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François Hollande s'est engagé à faciliter l'octroi de la nationalité française aux tirailleurs sénégalais, qui ont combattu dans les rangs de l'armée française. Retour sur ses soldats recrutés dans toute l'Afrique subsaharienne de 1857 aux années 60, des centaines de milliers de tirailleurs sénégalais ont servi l'armée française sur tous les fronts.

Recrutés dans toute l'Afrique subsaharienne de 1857 aux années 60, des centaines de milliers de tirailleurs sénégalais ont servi l'armée française sur tous les fronts, rappelle l'historien Julien Fargettas, auteur du livre Les Tirailleurs sénégalais: les soldats noirs entre légende et réalité, 1939-1945 (Ed. Tallandier).

 > Qui étaient les tirailleurs sénégalais ?

"Ce sont des soldats qui ont été recrutés dans les anciens territoires français de l'Afrique subsaharienne. Ils ont intégré les rangs de l'armée française entre 1857 et 1964-1965, date à laquelle les derniers contrats sont arrivés à leur terme.

"On parle de tirailleurs sénégalais parce que les premiers étaient des Sénégalais. Mais les régions ayant fourni les plus gros contingents correspondraient pour les pays actuels au Mali, au Burkina Faso et à la Guinée. C'était plus de 200.000 hommes lors de la Première guerre mondiale, 150.000 pour la Seconde, 60.000 en Indochine… Donc c'est plusieurs centaines de milliers d'hommes sans qu'il soit possible de donner de chiffre précis.

"A partir de 1958, le terme de tirailleurs sénégalais disparaît officiellement, on parle de soldats africains".

> Dans quels conflits ont-ils été engagés ?

"Ils ont participé à toutes les phases de la conquête coloniale en Afrique même, puis à celle de Madagascar, vers 1890, mais aussi à ce qu'on appelle la "pacification" du Maroc, à partir de la fin du XIXe siècle. Ils combattent sur le front occidental lors des deux guerres mondiales puis participent aux guerres d'Indochine et d'Algérie. Ils ont servi l'armée française dans ses pages les plus glorieuses: la libération de Toulon (sud), le débarquement de Provence. Mais aussi dans ses pages les plus sombres, comme la répression du soulèvement du Constantinois en Algérie en mai 1945 ou la répression à Madagascar en 1947.

"L'année prochaine marquera le centenaire du chemin des Dames, l'un des épisodes les plus emblématiques de leur engagement durant la première guerre mondiale. Ils ont été très bien accueillis par la population française. Durant la seconde guerre mondiale, les Allemands choisissent de maintenir leurs prisonniers africains en France pour des questions de "pureté raciale". Les tirailleurs sont envoyés dans des fermes, des usines, des exploitations forestières et ils vont vivre quasiment au sein de la société française. Les habitants connaissent très peu les Noirs à l'époque. C'est une découverte mutuelle avec de très nombreuses amitiés, des liaisons, des mariages, des naissances".

> Comment étaient-ils considérés en Afrique ?

"A partir des années 2000, les Africains commencent à se réapproprier cette histoire et surtout à voir ces tirailleurs différemment de leurs aînés qui ont pu les considérer, aux indépendances, comme des collaborateurs de l'Etat colonial.

"Aujourd'hui, il y a une volonté, particulièrement au Sénégal, de mettre en avant cet héritage militaire. Au musée des Forces armées à Dakar, plusieurs sections leur sont consacrées. Il n'y pas d'autre lieu de mémoire similaire en Afrique. L'ancien président Abdoulaye Wade (2000-2012), dont le père était tirailleur, a initié en 2004 une +Journée du tirailleur+.

"C'est également lui qui a fait réinstaller au centre de Dakar la statue Demba et Dupont, représentant un tirailleur sénégalais au côté d'un poilu français. Erigée dans les années 20, elle avait été remisée dans un dépôt de ferraille par les précédents gouvernements sénégalais".

 

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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