Loi El Khomri: reporter oui mais à condition de ne pas "modifier deux virgules", estime Aubry

Loi El Khomri: reporter oui mais à condition de ne pas "modifier deux virgules", estime Aubry

Publié le 04/03/2016 à 16:50 - Mise à jour à 16:52
©Baziz Chibane/Sipa
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr
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Initialement programmée le 9 mars en conseil des ministres, la présentation du projet de loi Travail porté par Myriam El Khomri a été reportée d'une quinzaine de jours. Pour Martine Aubry, à l'origine d'une tribune incendiaire contre l'exécutif, le délai de deux semaines ne doit pas servir à "modifier deux virgules".

La maire de Lille, Martine Aubry, a plaidé ce vendredi 4 pour que le délai de deux semaines que s'est donné le gouvernement pour revoir la loi El Khomri, ne serve pas à "modifier deux virgules", tout en disant n'être pas "dans le tout ou rien". "Il y a une mobilisation très grande, nous en faisons partie pas plus que d'autres. Ce que je souhaite, c'est que ces 15 jours, ce soit pas 15 jours pour rien, où on modifie deux virgules mais où effectivement on commence à discuter avec les syndicats -ça a l'air d'être le cas-, où on remette les choses sur la table", a déclaré l'ex-ministre des Affaires sociales (1997-2001) en marge d'une conférence de presse.

Martine Aubry, qui avait signé, avec d'autres personnalités de gauche, le 25 février, une tribune au vitriol contre l'exécutif, a rappelé qu'elle n'avait "jamais parlé de retrait" de ce projet de loi. "Je ne réfléchis jamais comme ça. C'est pas le tout ou rien, mais on discute, on débat, parce que cette loi aujourd'hui comporte des aspects extrêmement dangereux" et "nous continuerons à travailler à la nette amélioration de la loi El Khomry".

Selon l'ancienne ministre du Travail (1991-1993), "on ne mobilise pas les salariés dans l'entreprise avec l'idée qu'ils sont précarisés, qu'à tout moment on peut se débarrasser d'eux, sans pratiquement de protection, notamment celle du plan social". "Il faut revoir ça", a-t-elle dit. Elle a réaffirmé qu'elle n'était "pas d'accord avec des points très, très lourds du projet", comme la primauté donnée à l'accord d'entreprise sur l'accord de branche et la réforme du droit de licenciement, et qu'il ne fallait pas réformer "en cassant tout ce qui existe".

Pour autant, a insisté l'ex-première secrétaire du PS visant Manuel Valls, "contrairement à tous ceux qui nous caricaturent plutôt que de vouloir aller sur le débat de fond, je pense qu'il faut faire bouger le code du travail sur un certain nombre d'aspects. Je l'ai toujours dit et on l'a même écrit". Elle pense par exemple à "la représentation (du personnel) dans les petites et moyennes entreprises" et à l'instauration d'une "sécurité sociale professionnelle".

Après la parution de la tribune du 25 février, qui critiquait entre autres le projet El Khomri, le Premier ministre avait déclaré n'y voir "aucune proposition". Si "certains le contestent, (c'est) faute d'avoir lu ou par mauvaise foi". Ainsi, la motion majoritaire du congrès du parti à Poitiers en 2015, co-écrite par le premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis et Martine Aubry, et signée aussi par Manuel Valls contenait "énormément de propositions". "Je l'ai signée, ils l'ont signée, ils ne l'ont pas appliquée. S'ils cherchent des propositions, qu'ils relisent les textes qu'ils ont signé!", a lancé la maire de Lille.

"Mitterrand disait toujours +quand vous croyez que ce que vous pensez est juste, il faut garder la nuque raide+. Alors, je suis un peu raide, c'est vrai!".

 

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"Ce que je souhaite, c'est que ces 15 jours, ce soit pas 15 jours pour rien, où on modifie deux virgules", a-t-elle notamment déclaré.

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