Loi Macron: la gauche divisée à deux jours de la présentation du texte en Conseil des ministres

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AS
Publié le 08 décembre 2014 - 21:00
Mis à jour le 09 décembre 2014 - 10:30
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Emmanuel Macron de trois quart, un dossier à la main devant l'Elysée
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©Jacky Naegelen/Reuters
Emmanuel Macron présente mercredi 10 en Conseil des ministres sa loi "croissance et activité".
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Emmanuel Macron présente son projet de loi "croissance et activité" mercredi 10 en Conseil des ministres. Mais une partie de la majorité s'oppose au texte du ministre de l'Economie et appelle même à voter contre.

Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, doit présenter sa "loi Macron" sur la "croissance et l'activité" mercredi 10 en Conseil des ministres. Le texte censé "déverrouiller l'économie française" ne fait pas l'unanimité, même au sein de la gauche. Il prévoit notamment la déréglementation de certaines professions dites réglementées et l'assouplissement du travail le dimanche. C'est surtout ce dernier point qui concentre les crispations.

Certains à gauche ne se contentent plus de critiquer le projet de loi, ils appellent même à voter contre le texte. C'est le cas de la sénatrice frondeuse Marie-Noëlle Lienemann. "Là, c'est vraiment la remise en cause de tous les combats historiques de la gauche pour le droit du travail, les seuils sociaux, le temps de travail, le travail de nuit et le travail du dimanche".

Même son de cloche chez les Ecologistes. "C'est un texte qu'il me semble difficile de soutenir" a jugé la secrétaire nationale d'Europe Ecologie-les-verts, Emmanuelle Cosse, malgré l'obtention par les Verts du retrait dans la loi de la mesure concernant l'enfouissement des déchets nucléaires.

"Je pense qu'on peut avancer et trouver les compromis nécessaires aussi bien avec le Parlement qu'avec la majorité" a jugé le Premier ministre, Manuel Valls, sur France 2 dimanche.

Le député PS Olivier Faure a prévenu lundi que le texte n'obtiendrait pas de "majorité" à gauche pour voter l'ouverture des commerces jusqu'à 12 dimanches par an.

Un manque d'enthousiasme de la gauche qui n'inquiète pas outre mesure le président de l’Assemblée nationale, le socialiste Claude Bartolone: après les débats viendra "le temps du compromis et de l'unité" sur la "loi Macron", estime-t-il.

La loi, si elle passe, marquera la 2e partie du quinquennat de François Hollande et un baptême du feu pour Emmanuel Macron, en fonction depuis le 26 août.