Macron irrite une nouvelle fois la gauche mais assure de sa loyauté envers Hollande

Macron irrite une nouvelle fois la gauche mais assure de sa loyauté envers Hollande

Publié le 23/04/2016 à 11:23 - Mise à jour à 11:24
©Christian Hartmann/Reuters
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
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Emmanuel Macron continue de surprendre par des déclarations qui irritent la gauche, alimentant la théorie d'une candidature du ministre de l'Economie en 2017. Dernière incartade en date, il s'est dit ne pas se sentir "l'obligé" de François Hollande.

Emmanuel Macron, deux semaines après avoir lancé son mouvement, En marche!, a provoqué stupeur et colère dans la majorité en affirmant ne pas se sentir l'"obligé" de François Hollande, tout en protestant de sa loyauté, au point de susciter des interrogations sur son maintien au gouvernement.

En déplacement à Varsovie vendredi 22, le ministre de l'Economie a fait œuvre de loyauté à l'égard du chef de l'Etat. "Certains et certaines voudraient utiliser le moindre mot, la moindre initiative pour fragiliser le président de la République". "Qu'on commente, qu'on observe, mais de grâce, qu'on n'affaiblisse pas le président de la République, qu'on ne m'utilise pas pour l'attaquer, c'est indigne", a lancé M. Macron à des journalistes.

Proclamer dans la presse qu'un ministre n'est pas "l'obligé" du président de la République, une semaine à peine après avoir été rappelé à l'ordre -"il sait ce qu'il me doit", avait lancé M. Hollande sur France 2- n'est pourtant pas le "moindre" des mots pour un membre de l'exécutif. Il a en tout cas suffi pour susciter le courroux de quelques-uns de ses collègues.

Le hollandais historique Stéphane Le Foll, qui lance lundi un mouvement de soutien au chef de l'Etat, a sommé M. Macron de "s'expliquer" sur ce terme. Le chef de la diplomatie Jean-Marc Ayrault, tout en vantant les qualités du colocataire de Bercy, l'a appelé à "une exemplarité de comportement".

"Il joue sa carte, tout le monde a compris. Il ne peut pas rester, il ne veut pas rester", croit même savoir un membre de l'équipe du gouvernement de Manuel Valls. M. Macron avait évoqué dès jeudi une phrase "sortie de son contexte". Mais le groupe Ebra, qui a publié l'entretien, a confirmé cette expression "telle que prononcée" par l'intéressé.

Ses collègues au gouvernement n'avaient pas attendu cette nouvelle péripétie pour prendre leurs distances, telle la ministre de l'Education Najat Vallaud Belkacem, en désaccord avec le "ni droite, ni gauche" prôné par M. Macron lors du lancement de son mouvement politique le 6 avril.

L'irritation au sein de la majorité n'est pas non plus une nouveauté, le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis étant coutumier des sorties ciselées contre le jeune ministre. "Le jeu, ce n'est pas d'être compatible avec Alain Juppé mais de l'empêcher de gagner", a-t-il lancé cette semaine, après les déclarations de M. Macron sur l'ISF.

Mais cette nouvelle sortie du ministre est intervenue quelques heures après une visite d'entreprise à Chartres lors de laquelle M. Macron a semblé voler la vedette à François Hollande. Quelques heures aussi après la publication d'un sondage qui en faisait la personnalité de gauche préférée des Français pour l'élection présidentielle de 2017.

Ce sondage en chassait un autre: lundi, une enquête TNS Sofres-OnePoint donnait François Hollande éliminé au premier tour de 2017 dans toutes les hypothèses. Et surtout au coude à coude avec le leader du Parti de gauche, l'anti-Macron par excellence, Jean-Luc Mélenchon.

Le chef de l'Etat dira "à la fin de l'année" s'il sollicite ou non un second mandat. "Si Hollande est candidat, (Macron) n'ira pas. Je n'ai aucune inquiétude", assure à l'AFP un ancien ministre. Même certitude à l'Elysée. Mais si le président sortant renonce, "il ne s'interdit pas d'être un recours", estime de son côté un député socialiste. Ce qui ne manquerait pas d'exacerber la rivalité avec le Premier ministre Manuel Valls.

En attendant, "le monarque et son obligé devraient penser à la France", a cinglé vendredi matin le député PS Jean Glavany, très remonté contre la "culture monarchique" du président et contre ce jeune ministre qui n'a "jamais (été) élu" et n'a donc "aucun rapport au peuple, à la légitimité du suffrage universel".Emmanuel Macron, deux semaines après avoir lancé son mouvement, En marche!, a provoqué stupeur et colère dans la majorité en affirmant ne pas se sentir l'"obligé" de François Hollande, tout en protestant de sa loyauté, au point de susciter des interrogations sur son maintien au gouvernement.

En déplacement à Varsovie vendredi 22, le ministre de l'Economie a fait œuvre de loyauté à l'égard du chef de l'Etat. "Certains et certaines voudraient utiliser le moindre mot, la moindre initiative pour fragiliser le président de la République". "Qu'on commente, qu'on observe, mais de grâce, qu'on n'affaiblisse pas le président de la République, qu'on ne m'utilise pas pour l'attaquer, c'est indigne", a lancé M. Macron à des journalistes.

Proclamer dans la presse qu'un ministre n'est pas "l'obligé" du président de la République, une semaine à peine après avoir été rappelé à l'ordre -"il sait ce qu'il me doit", avait lancé M. Hollande sur France 2- n'est pourtant pas le "moindre" des mots pour un membre de l'exécutif. Il a en tout cas suffi pour susciter le courroux de quelques-uns de ses collègues.

Le hollandais historique Stéphane Le Foll, qui lance lundi un mouvement de soutien au chef de l'Etat, a sommé M. Macron de "s'expliquer" sur ce terme. Le chef de la diplomatie Jean-Marc Ayrault, tout en vantant les qualités du colocataire de Bercy, l'a appelé à "une exemplarité de comportement".

"Il joue sa carte, tout le monde a compris. Il ne peut pas rester, il ne veut pas rester", croit même savoir un membre de l'équipe du gouvernement de Manuel Valls. M. Macron avait évoqué dès jeudi une phrase "sortie de son contexte". Mais le groupe Ebra, qui a publié l'entretien, a confirmé cette expression "telle que prononcée" par l'intéressé.

Ses collègues au gouvernement n'avaient pas attendu cette nouvelle péripétie pour prendre leurs distances, telle la ministre de l'Education Najat Vallaud Belkacem, en désaccord avec le "ni droite, ni gauche" prôné par M. Macron lors du lancement de son mouvement politique le 6 avril.

L'irritation au sein de la majorité n'est pas non plus une nouveauté, le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis étant coutumier des sorties ciselées contre le jeune ministre. "Le jeu, ce n'est pas d'être compatible avec Alain Juppé mais de l'empêcher de gagner", a-t-il lancé cette semaine, après les déclarations de M. Macron sur l'ISF.

Mais cette nouvelle sortie du ministre est intervenue quelques heures après une visite d'entreprise à Chartres lors de laquelle M. Macron a semblé voler la vedette à François Hollande. Quelques heures aussi après la publication d'un sondage qui en faisait la personnalité de gauche préférée des Français pour l'élection présidentielle de 2017.

Ce sondage en chassait un autre: lundi, une enquête TNS Sofres-OnePoint donnait François Hollande éliminé au premier tour de 2017 dans toutes les hypothèses. Et surtout au coude à coude avec le leader du Parti de gauche, l'anti-Macron par excellence, Jean-Luc Mélenchon.

Le chef de l'Etat dira "à la fin de l'année" s'il sollicite ou non un second mandat. "Si Hollande est candidat, (Macron) n'ira pas. Je n'ai aucune inquiétude", assure à l'AFP un ancien ministre. Même certitude à l'Elysée. Mais si le président sortant renonce, "il ne s'interdit pas d'être un recours", estime de son côté un député socialiste. Ce qui ne manquerait pas d'exacerber la rivalité avec le Premier ministre Manuel Valls.

En attendant, "le monarque et son obligé devraient penser à la France", a cinglé vendredi matin le député PS Jean Glavany, très remonté contre la "culture monarchique" du président et contre ce jeune ministre qui n'a "jamais (été) élu" et n'a donc "aucun rapport au peuple, à la légitimité du suffrage universel".

 

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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Emmanuel Macron a été rappelé plusieurs fois à l'ordre par la gauche et l’exécutif ces derniers jours pour ses déclarations.

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