Meurtri par les échecs électoraux et les départs, EELV veut se "dépasser"

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La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
Publié le 09 janvier 2016
Mis à jour le 09 janvier 2016
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Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé.
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"Il va falloir inverser le cycle maintenant car des années de repli sur soi correspondent à des replis électoraux", analyse un cadre d'EELV.
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En perte de vitesse électorale, confronté aux départs de ses cadres et avec des finances dans le rouge, EELV fait ce samedi sa rentrée avec un conseil fédéral qui s'annonce tendu. "Samedi, chacun va dire ce qu'il a sur le cœur par rapport aux résultats électoraux", a ainsi prévenu le député européen vert Yannick Jadot.

Europe Ecologie-Les Verts, meurtri par les échecs électoraux et les départs de plusieurs personnalités, se réunit ce samedi 9 en conseil fédéral pour faire le bilan mais aussi poser les bases d'un projet et d'une méthode renouvelés.

L'année 2016 doit permettre de réfléchir à "la manière dont nous relançons le projet écologiste et comment surtout nous nous attaquons à notre dépassement et à notre renouvellement", a déclaré vendredi 8 la secrétaire nationale du parti écologiste, Emmanuelle Cosse, en présentant ses vœux à la presse. Alors que l'opposition à l'inscription dans la Constitution de la déchéance de nationalité pour les binationaux convaincus de terrorisme ressoude ses troupes, la responsable ambitionne que l'écologie politique ne soit pas qu'un "supplément d'âme" ou un "complément de voix" pour d'autres partis. "Nous sommes en soi un projet politique", a-t-elle rappelé, en annonçant la tenue du Congrès du parti le 11 juin mais sans encore préciser si elle serait candidate à sa succession.

Créé en 2010 sur des victoires électorales inédites aux européennes de 2009 puis aux régionales l'année suivante, EELV a donc six mois pour panser ses plaies. "Samedi, chacun va dire ce qu'il a sur le cœur par rapport aux résultats électoraux", explique le député européen Yannick Jadot. "Il va falloir inverser le cycle maintenant car des années de repli sur soi correspondent à des replis électoraux", analyse-t-il.

Rien qu'en décembre, EELV a perdu 200 conseillers régionaux sur les 265 que comptait le parti depuis 2010. Sans oublier le départ de nombre d'élus ces derniers mois qui a achevé de grever des finances déjà mises à mal par les échecs électoraux. Le siège parisien est en vente, le parti entend se séparer d'un tiers environ de sa masse salariale au niveau national sans compter les économies à prévoir en régions. Le sujet financier doit être débattu dimanche 10, à huis clos.

La faute, reconnaît Emmanuelle Cosse, à "la difficulté que connaissent les forces de gauche depuis plusieurs années" mais aussi à "un manque de lisibilité de notre stratégie et de notre proposition faite aux électeurs". EELV est en effet parti en ordre dispersé, faisant dans certaines régions alliance avec le Front de gauche, dans d'autre avec le seul parti de gauche tout en présentant des listes autonomes dans certaines régions.

"Au lieu de caler le maximum d'énergie dans nos combats, nous avons une capacité effroyable à mettre en scène nos débats internes", regrette Yannick Jadot qui refuse néanmoins de "tirer le rideau", comme d'autres fondateurs du parti, pour "organiser le sursaut, l'ouverture et faire le ménage sur la ligne politique".

"La séquence qui vient doit servir à affirmer l'écologie, refonder le parti et s'ouvrir", abonde le numéro 2 du parti, David Cormand, plaidant comme Emmanuelle Cosse pour "l'indépendance de l'écologie politique". Celle-ci a prévenu mercredi 6 dans un entretien au site internet de L'Obs, que pour elle "l'opposition de gauche est une impasse, cela ne fonctionne pas!".

"J'en ai assez que le débat se réduise à soit on est avec Hollande, soit on est avec Mélenchon", a-t-elle prévenu, appelant au rassemblement de la "galaxie écologiste" et défendant l'écologie politique comme une "alternative aux productivistes qu'ils soient de gauche ou qu'ils soient de droite". Dans ce contexte, le parti n'a pas encore décidé s'il enverra un ou une candidate à la présidentielle de 2017.

En attendant, c'est l'actualité qui pourrait monopoliser les débats ce samedi au conseil fédéral. "C'est un conseil fédéral de rentrée saisi à froid par la déchéance et l'idée qu'on pourrait créer des apatrides", affirme Julien Bayou, porte-parole d'EELV. A l'issue des débats du jour, le parti organise une réunion publique sur le sujet, en présence de personnalités de la Ligue des droits de l'homme, du syndicat de la magistrature, de l'essayiste Raphaël Glucksmann mais aussi du député socialiste Pouria Amirshahi.

 

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