Michel-Édouard Leclerc sur le passe vaccinal : "Pfff, c'est quoi une rupture d'égalité ?"

Michel-Édouard Leclerc sur le passe vaccinal : "Pfff, c'est quoi une rupture d'égalité ?"

Publié le 04/01/2022 à 15:47
AFP
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): FranceSoir
-A +A

Au cours d'une interview donnée à CNEWS ce mardi matin, Michel-Édouard Leclerc, patron de l'enseigne de grande distribution du même nom, s'est montré particulièrement insensible à l'éventuelle instauration du passe vaccinal dans les centres commerciaux. « On fera avec », a-t-il dit en haussant les épaules comme s'il s'agissait d'une banale formalité, demandant par ailleurs que soit prolongée la vente d'autotests, et annonçant vouloir passer commande de masques FFP2, « comme en Italie et en Allemagne ».

« Soit la suppression, soit la généralisation »

Quelques mois plus tôt, le 27 août 2021, il demandait pourtant « la fin du passe sanitaire dans les grands centres commerciaux », qui venait à peine d'être instauré. « Il ne joue pas son rôle, aujourd'hui, de pédagogie », expliquait-il. Et d'ajouter que les consommateurs n'étant pas suffisamment informés, à cause de la fluctuation permanente des facteurs sanitaires, les centres commerciaux étaient bien incapables de se positionner. Tout cela pour conclure, dans un souci d'égalité peut-être, qu'il fallait « soit la suppression, soit la généralisation » du passe sanitaire. Notons qu'avant de se prononcer de la sorte, il avait d'abord accepté l'instauration du sésame.

Voir aussi : Le passe sanitaire suspendu dans les centres commerciaux des Yvelines et du Nord (25 août)

Le « patron préféré des Français » accepterait sans broncher le passe vaccinal

Aux premières questions de Laurence Ferrari sur le passe vaccinal, ce matin, Michel-Édouard Leclerc répondait : « D'abord, on applique la loi. » À ces mots, une interrogation vient naturellement : respecte-t-on la loi parce que c'est la loi, ou parce qu'elle est juste ? La journaliste s'est gardée d'entrer dans ce débat philosophique. En revanche, elle a creusé le sujet de l'instauration du passe vaccinal, actuellement débattue au Parlement, allant jusqu'à imaginer une présentation obligatoire du sésame pour entrer dans les centres commerciaux. Une idée qui n'a fait ni chaud ni froid à M. Leclerc.

Voici l'extrait de sa réponse, qui a fait grand bruit sur Twitter, si bien que le mot-dièse #boycottLeclerc a été propulsé dans les "Tendances France" du réseau social en seulement quelques heures :

S'agissant de la rupture d'égalité, l'homme d'affaires semble en avoir oublié la définition. En tout cas, il refuse de répondre à la question, qui pourtant se pose depuis des mois, et devient de plus en plus prégnante.

Les incohérences de chacun : « Nous sommes des hommes d'action »

Malgré tout sûr de lui, Michel-Édouard a profité de son passage télévisé pour tacler les parlementaires et les médecins de plateaux : « Quand on écoute les débats, on ne sait pas où ils vont hein ! » Prenant l'exemple de Jean-Luc Mélenchon, qui s'est fait remarquer par son éloquence au sein du Palais Bourbon, M. Leclerc pense souligner un paradoxe : « Il s'est fait vacciner trois fois avec Pfizer, et en même temps il déblatère contre les vaccins. Il faut qu'il aille se coucher de temps en temps ! » Mais le président de La France insoumise n'a fait montre d'une hostilité qu'à l'égard du passe vaccinal, et non pas du vaccin en lui-même. Une nuance nécessaire au débat, et à l'entente, entre vaccinés et non-vaccinés, que M. Leclerc ne semble pas saisir.

Ce n'est pas nouveau, les débats sont précipités et les décisions expédiées ; le temps est à l'urgence, pas à la réflexion. Lui-même le dit fièrement : « Nous sommes des hommes d'action ».

Auteur(s): FranceSoir

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




Michel-Édouard Leclerc.

Newsletter


Fil d'actualités Politique




Commentaires

-