Mort de Claude Cabanes, ancien rédacteur en chef de "L'Humanité"

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VL
Publié le 26 août 2015 - 14:52
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Claude Cabanes en 1978.
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©Capture d'écran INA
Claude Cabanes en 1978.
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Claude Cabanes, ancien rédacteur en chef du journal communiste "L'Humanité", est mort mardi des suites d'un cancer. Il avait 79 ans.

Le journaliste et militant communiste Claude Cabanes est mort mardi 25 à l'âge de 79 ans. Il avait été rédacteur en chef du quotidien L'Humanité de 1984 à 2000. Selon l'actuel rédacteur en chef du journal Patrick Le Hyaric et le fils de Claude Cabanes, il est décédé des suites d'un cancer.

Claude Cabanes est né le 29 avril 1936 à Toulouse. Titulaire d'une licence de droit, il a été profondément choqué par la guerre d'Algérie (1954-1962). La dernière année du conflit, il adhère au Parti communiste (PCF). Un engagement qui le suivra dans son métier de journaliste. Il mettra ses talents et sa plume au service de l'idéologie communisme, surtout du parti, lui reprocheront certains. Il devient permanent du PCF en 1968.

A la fois homme de lettres et homme de gauche, c'est tout naturellement qu'il entre dans l'équipe de l'hebdomadaire communiste L'Humanité Dimanche. Il y grimpera les échelons jusqu'à devenir rédacteur en chef adjoint en 1976. Un poste qu'il occupera deux ans plus tard dans la rédaction de la version quotidienne, avant de prendre les commandes de la rédaction en 1984. Il ne quittera ce poste qu'en 2000. L'Humanité traverse alors d'importantes difficultés financières et le Parti communiste décide de restructurer le quotidien.

Privé de son journal, Claude Cabanes deviendra éditorialiste et chroniqueur, notamment pour l'émission de RTL On refait le monde à partir de 2003. Il écrira également deux livres: Le siècle dans la peau (Ed. Maren Sell) en 2005 et Eloge de la vulgarité (Ed. du Rocher) en 2011. Il voyait dans l'écriture, les mots, un moyen de lutter contre les excès du pouvoir.

En 2005, il déclarait au Monde: "Il me semble d'abord que la littérature est +engagée+, comme on disait autrefois, du fait qu'elle s'écrit avec des mots. Or les mots ont un pouvoir d'action sur le monde: ils le transforment. Ce sont les mots de La Bible, de la Déclaration des droits de l'homme, du Manifeste communiste qui ont soulevé des montagnes".

"Pour nous, c'est une des grandes figures de L'Humanité qui part. C'était une voix et un style particulier. Il ciselait les mots et les utilisait comme des armes, au bon sens du terme", a déclaré Patrick Le Hyaric.

 

 

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