Mort de Philippe Rondot, l'un des visages de l'affaire Clearstream

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La rédaction de FranceSoir.fr
Publié le 31 décembre 2017 - 17:26
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Philippe Rondot
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©Photo AFP/Jack Guez
Philippe Rondot est mort à l'âge de 81 ans. Il a été inhumé samedi dans la Nièvre dans la plus grande discrétion.
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Le général Philippe Rondot, ancien membre de la DGSE et de la DST, est décédé à l'âge de 81 ans. Il a été inhumé samedi à Fléty dans la Nièvre. En 2009, ses fiches sur d'étranges listings de comptes occultes de la banque luxembourgeoise Clearstream avait fait grand bruit, faisant de lui l'un des acteurs majeurs de la célèbre affaire Clearstream.

Il voulait mourir discrètement, comme il avait vécu. Son vœu a été exaucé. Enfin presque. Il fallait bien que sa disparition devienne officielle à un moment donné. Le général Philippe Rondot, qui avait donné pour consigne à ses proches de garder le silence le plus longtemps possible sur son décès, est mort récemment à l'âge de 81 ans. Selon Europe 1, qui a révélé l'information, il a été inhumé dans la plus grande discrétion à Fléty dans la Nièvre.

Cet ancien membre des services secrets français, passé par la DGSE et la DST, que l'on surnommait "le général de l'ombre", avait été rendu célèbre par l'arrestation du terroriste Carlos en 1994, notamment, mais aussi pour la libération de nombreux otages au Proche-Orient.

Jusqu'en 2005, et sa retraite, il occupait encore un bureau au ministère de la Défense. Tout au long de sa carrière, très peu de photos de lui ont filtré. Mais en 2009, il est sorti de l'ombre en se retrouvant au cœur de l'enquête sur l'affaire Clearstream. Il avait d'ailleurs été entendu pendant deux jours, au cours du procès, en octobre 2009.

En 2003 et 2004, il avait enquêté pour le compte du ministère de la Défense et du Premier ministre de l'époque, Dominique de Villepin, à propos d'étranges listings sur des comptes occultes de la banque luxembourgeoise Clearstream, détenus à l'étranger par différentes personnalités.

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Nicolas Sarkozy était cité dans ces listings, qui se sont révélés être finalement faux.

En 2009, lors du procès sur cette célèbre affaire financière, Philippe Rondot avait contredit à plusieurs reprises la version de Dominique de Villepin, qu'il soupçonnait d'être au courant de la falsification des documents depuis le début, dans le seul but de causer des ennuis à Nicolas Sarkozy. Mais en 2011, de Villepin avait été relaxé.