NKM: "la jeunesse n'aura plus accès au CDI"

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La rédaction de FranceSoir.fr
Publié le 10 mars 2016 - 10:08
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Nathalie Kosciusko-Morizet.
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©Charles Platiau/Francesoir
"Je crois que la durée unique du travail n'est plus de mise aujourd'hui", juge NKM.
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Nathalie Kosciusko-Morizet était ce jeudi l'invitée de France Inter. La dernière candidate déclarée à la primaire Les Républicains a critiqué la tendance française à faire de "petites réformes", appelant à préparer le monde du travail "de demain", et non à protéger un CDI auquel la jeunesse "n'aura plus accès".

Les manifestations contre la réforme du Code du travail

"La situation me désole. La difficulté dans laquelle on est à réformer, à avancer me désole. Que la gauche et une partie de la jeunesse soient dans la rue, je peux le comprendre. (Ils ont) le sentiment d'être trahis après les promesses de François Hollande".

"Il y a aussi de l'inquiétude quand on voit la situation économique. Mais ce que j'ai envie de leur dire c'est qu'il ne faut pas se tromper de combat. Le seul combat de la jeunesse aujourd'hui est d'imaginer la France avec un monde d'avance, pas de se battre pour un monde d'hier".

"On a vu un mélange de cheminots syndicalisés, qui ont une organisation du travail du monde d'hier, et une jeunesse qui va vivre dans un monde où la norme ne sera pas le CDI. Le modèle du même travail, en CDI, pour toute une vie et dans une même entreprise, c'est fini".

 

Le CDD pourrait devenir la norme?

"Je propos plus que cela. Je pense que le salariat s'effrite. Il y aura deux piliers: le salariat et l'indépendance. Dans les années qui viennent, beaucoup d'emplois vont se créer sur ce format. On pourrait par exemple créer un statut du travailleur indépendant. La protection sociale est  entièrement construite autour du salariat".

"La jeunesse d'aujourd'hui a le sentiment qu'elle va payer pour  une protection sociale dont elle ne bénéficiera pas. Il ne faut pas de se battre pour que les paramètres du CDI ne change pas puisqu'elle n'aura plus accès au CDI".

 

La difficulté à réformer

"Je pense qu'un des problèmes des réformes en France c'est qu'on est pas assez radical, donc on n'arrive pas à les faire passer. On fait des petites réformes. Donc au moment où on les fait chacun sait qu'on ne fait que préparer l'après. Quand on a fait la réforme des retraites en 2010 et passé l'âge de la retraite à 62 ans, tout le monde savait que la prochaine étape serait 65 ans. Faire une petite réforme ne crée pas la confiance car tout le monde sait qu'elle n'est pas définitive. La bonne réforme c'est celle qui met les choses à plat pour longtemps, qui clarifie les règles du jeu".

 

Elle propose la suppression du statut de fonctionnaire généralisé, des 35 heures, Nicolas Sarkozy veut réduire le nombre de fonctionnaires. Ces réformes pourraient-elles  passer sans contestation?

"Je ne dis pas que ça se ferait sans difficulté mais que les Français savent qu'on ne peut pas continuer comme ça. Finalement c'est toujours la même chose. On cherche à protéger ce qui existe, je préfère la grande réforme fondatrice".

"Oui je crois que la durée unique du travail n'est plus de mise aujourd'hui. Il va falloir discuter dans les branches et les entreprises".

"Ce n'est pas qu'on a plus besoin du droit du travail mais d'un nouveau droit du travail. Celui des indépendants qui permettra demain de financer la protection sociale alors que beaucoup de Français seront sous les contrats indépendants. Cela permettra de vivre la vie du monde du travail de demain, qui va permettre d'avoir plusieurs vies professionnelles. De ce point de vue la, le compte personnel d'activité est plutôt une bonne mesure mais ne va pas assez loin.  

 

Dans son livre Nous avons changé de monde (Ed. Albin Michel), elle remarque que la France n'a pas l'expérience du pouvoir féminin.

"Ce n'est pas l'argument ultime mais il fait partie du paysage. On a en France une vision du pouvoir très descendante marquée par un pouvoir masculin. Un pouvoir qui encadre, normalise, et dit ce que vous devez faire. La société ne fonctionne plus comme ça".

"Je trouve qu'il est temps que le politique se mette à jour, cesse de raisonner en terme de conquête du pouvoir et regarde la société. (...) Ce monde qui est en train de changer peut être le moment français.

"L'ambition féminine n'est pas différente de l'ambition féminine".

 

Certains la compare à Emmanuel Macron

"Je trouve qu'il dit souvent des choses intéressantes, ça permet de bousculer le débat. Le problème c'est que cela ne se transforme pas vraiment en action. La loi Macron-1 a été décevante alors qu'elle est passée avec le 49-3. En politique on est ce qu'on fait".

 

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