"Penelope Gate": pour Fillon, "la séquence des boules puantes est ouverte"

"Penelope Gate": pour Fillon, "la séquence des boules puantes est ouverte"

Publié le 25/01/2017 à 14:28
©Eric Gaillard/Reuters
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
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En déplacement à Bordeaux, François Fillon a réagi à la polémique autour de l'emploi présumé fictif de son épouse à l'Assemblée nationale. "La séquence des boules puantes est ouverte", a notamment déclaré le candidat de la droite à l'élection présidentielle se disant "scandalisé par le mépris et par la misogynie" de l'article du "Canard Enchaîné".

François Fillon a qualifié ce mercredi 25 de "boules puantes" les révélations du Canard Enchaîné sur l'emploi de sa femme, Penelope, comme attachée parlementaire, pourtant toujours restée en retrait de ses activités politiques. L'hebdomadaire satirique a révélé que Penelope Fillon, sans profession connue, a été la collaboratrice parlementaire du candidat de la droite à l'élection présidentielle, ce dont personne n'avait connaissance jusqu'à présent, y compris dans le milieu des collaborateurs LR.

Elle a été rémunérée de 1998 à 2002, lorsque qu'il était député de la Sarthe. Puis, quand il a été nommé Premier ministre en 2007, elle est devenue la collaboratrice du suppléant de François Fillon, Marc Joulaud, avant de redevenir la collaboratrice de son mari, redevenu député en 2012. Elle aurait perçu "environ 500.000 euros brut" en huit ans, affirme l'hebdomadaire.

Depuis Bordeaux, où il était en déplacement et a rencontré son rival à la primaire de la droite, Alain Juppé, François Fillon s'est insurgé: "je vois que la séquence des boules puantes est ouverte. Je ne ferai pas de commentaire parce qu'il n'y a rien à commenter. Et je voudrais simplement dire que je suis scandalisé par le mépris et par la misogynie de cet article", a-t-il déclaré. "Alors, parce que c'est mon épouse, elle n'aurait pas le droit de travailler? Imaginez un seul instant qu'un homme politique dise qu'une femme, comme le dit cet article, ne sait faire que des confitures. Toutes les féministes hurleraient!", a ajouté le député de Paris, mettant en avant sa probité depuis le début de la campagne.

Dès l'information connue mardi en fin d'après-midi, son équipe, par la voix d'un de ses porte-parole, Thierry Solère, avait confirmé qu'elle avait bien travaillé pour son mari, "dans l'ombre, car ce n'est pas son style de se mettre en avant". Le fait d'embaucher des membres de sa famille comme collaborateurs n'est pas illégal, à condition que ce ne soit pas un emploi fictif. Quelque 10 à 15% des 900 parlementaires français emploient un membre de leur famille, d'après des chiffres datant de juillet 2014, et obtenus pour la première fois grâce aux déclarations d'intérêts des parlementaires. La pratique n'est donc pas interdite mais parfois de nature à faire naître des soupçons.

Autre révélation du Canard Enchaîné, cette fois-ci sur un emploi qui n'est pas rémunéré par de l'argent public: Penelope Fillon a été salariée de la Revue des deux mondes, propriété de Marc Ladreit de Lacharrière, PDG de Fimalac et ami de François Fillon, pour environ 5.000 euros bruts par mois pendant un an et demi. Cité par le Canard Enchaîné, une collaboratrice de François Fillon à l'Assemblée dit "n'avoir jamais travaillé avec elle". "Je n'ai pas d'info à ce sujet. Je ne la connaissais que comme femme de ministre". Président de l'Assemblée de 2007 à 2012, et secrétaire général de LR, Bernard Accoyer est venu à la rescousse mercredi matin: "je l'ai souvent vue participer à ses travaux. Je l'ai vue dans de multiples circonstances, y compris à l'Assemblée nationale", a-t-il assuré sur France Inter.

Patron des députés PS, Olivier Faure, interrogé par l'AFP, estime que "ce n'est pas la même chose de l'avoir croisée comme +femme de+ à l'Assemblée ou de savoir si elle a effectué un travail effectif". Manuel Valls a lui sommé M. Fillon "de s'expliquer". "On ne peut pas dire qu'on est le candidat de l'honnêteté, de la transparence et ne pas être en capacité de répondre à ces sujets", a-t-il fustigé. "Est-ce que vous imaginez Mme de Gaulle accepter un contrat d'emploi fictif financé par l’ensemble des contribuables?", a ironisé le candidat écologiste, Yannick Jadot, en allusion à un discours de François Fillon dans lequel il attaquait Nicolas Sarkozy.

 

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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"Je voudrais simplement dire que je suis scandalisé par le mépris et par la misogynie de cet article", a déclaré François Fillon.

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