Présidentielle 2017: Hollande face à la surprise Fillon

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La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
Publié le 21 novembre 2016 - 15:30
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François Hollande.
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Il y a encore quelques mois, François Hollande reconnaissait des qualités" à François Fillon mais estimait que "son rôle (était) tenu par Juppé".
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Au lendemain du premier tour de la primaire de droite, largement remporté par François Fillon, François Hollande voit surgir le défi inattendu d'un affrontement avec l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy. Car, il y a encore quelques mois de cela, le chef de l'Etat était persuadé que son potentiel futur rival n'avait "aucune chance".

Au lendemain de la primaire de la droite, François Hollande et la gauche voient surgir le défi inattendu d'un affrontement avec François Fillon, très à droite sur le fond mais policé dans la forme, après avoir perdu en Nicolas Sarkozy leur meilleur ennemi, le plus clivant. Le chef de l'Etat fait désormais face à une équation politique qu'à l'instar des sondeurs ou des analystes, il n'avait aucunement vu venir. "Fillon n'a aucune chance", assurait-il encore au printemps 2016, selon Gérard Davet et Fabrice Lhomme, auteurs d'Un président ne devrait pas dire ça.... François Hollande reconnaissait certes à l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy "des qualités" et le "programme le plus explicite" de son camp mais estimait que "son rôle (était) tenu par Juppé".

Alors qu'il doit dire au plus tard le 15 décembre s'il se représente, le président, concède l'un de ses proches, "s'est planté sur les trois: Sarkozy qu'il voyait comme candidat, puis Juppé qu'il voyait aussi comme candidat et Fillon qu'il ne voyait pas comme candidat". Mais pour Bernard Poignant, conseiller à l'Elysée, la percée de Fillon "n'est pas une si mauvaise nouvelle pour le président qui retrouve sur son chemin un candidat de la droite classique des années 80, très reaganien, thatchérien et libéral sur le plan économique, mais traditionaliste et conservateur sur les questions de société". "Ce programme est un chiffon rouge pour les électeurs de gauche", analyse encore cet intime du chef de l'Etat.

Il laisserait aussi, selon lui, moins d'espace à Emmanuel Macron, "trop libéral" et qui chasserait sur des terres économiques voisines de celles du candidat de la droite. Un autre proche du chef de l'Etat tente de se rassurer. Les pronostics déjoués de la primaire de la droite seraient "la preuve que rien ne se passe jamais comme prévu, que les élections ne sont jamais jouées d'avance et que les campagnes électorales, quand elles sont bien menées, peuvent permettre de recueillir l'adhésion".

Bref, que François Hollande, tombé un temps à 4% de satisfaction, pourrait encore rebondir en brandissant le "clivage très net entre ce qu'a fait la gauche et ce que propose la droite". A la manière d'un François Fillon d'ailleurs, parti d'à peine 10% dans les premiers sondages de la primaire pour rafler finalement plus de 44% des suffrages au premier tour. Empruntant à Lamartine sa formule sur l'adultère de Victor Hugo, un ami du chef de l'Etat s'en amuse: "En France, on se relève de tout, même d'un canapé, alors pourquoi pas d'un livre ou même d'un scooter".

Jérôme Fourquet (Ifop) relativise cependant cet élan d'optimisme. Le premier tour de la primaire de la droite montre que les Français "ne voulaient pas rejouer le match Hollande-Sarkozy", souligne le politologue, et la participation d'électeurs de gauche à ce scrutin est un signe supplémentaire qu'ils ont "déjà fait une croix sur la présence de leur camp au second tour" de la présidentielle. "Au centre de gravité de la droite, conservateur sur les questions de société, très libéral en matière économique et très dur sur les questions de sécurité et d'immigration", François Fillon représenterait aussi un adversaire redoutable, "conciliant la tenue et la présidentialité d'un Juppé et la radicalité programmatique d'un Sarkozy".

Sur la forme, résume Jérôme Fourquet, "Hollande espérait que Sarkozy, par ses déclarations caricaturales, pouvait être un levier pour remobiliser sa base alors que Fillon n'offrira pas cet angle d'attaque". Reste le fond avec un programme qui permettra selon le lui au chef de l'Etat et à la gauche d'entonner le refrain, "Au secours, la droite revient !" avec l'"épouvantail" de mesures comme la suppression de 500.000 emplois publics, la retraite à 65 ans ou la hausse de la TVA.

 

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