Primaire de la droite: les sondages pris de vitesse par l'ascension éclair de François Fillon

Primaire de la droite: les sondages pris de vitesse par l'ascension éclair de François Fillon

Publié le 21/11/2016 à 17:27 - Mise à jour à 17:28
©Patrick Kovarik/Pool/Reuters
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
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Les instituts de sondages ont bien identifié la dynamique en faveur de François Fillon avant le 1er tour de la primaire de la droite, mais n'ont pas vu venir l'ampleur de la vague ni la forte participation, 15 jours après la victoire surprise de Donald Trump.

Mal à l'aise avec un type de scrutin qu'ils maîtrisent mal, les sondeurs ont été pris de vitesse. A la veille du 1er tour, la plupart d'entre eux donnaient encore les trois favoris Fillon-Sarkozy-Juppé au coude-à-coude. "C'est la première fois qu'il y avait des élections primaires de la droite. Les enquêtes ont vu la montée de François Fillon, mais n'ont pas su mesurer son ampleur", résume Jean Chiche, chercheur au CNRS pour le CEVIPOF (Science Po).

L'absence de scrutins de référence a compliqué le tâche des sondeurs, mais aussi la volatilité de l'électorat au sein d'un même camp politique, le fait que les électeurs puissent passer d'un candidat à l'autre - de Sarkozy ou de Juppé à Fillon - sans trop de difficulté.

Autre obstacle pour les instituts, la difficulté à saisir l'électorat qui a effectivement voté. "Pour une élection générale où toutes les tendances sont présentes, on s'en sort à peu près. Pour les primaires, c'est beaucoup plus délicat, on va demander à une population tout-venant si elle est certaine d'aller voter pour une élection qui n'intéresse qu'un camp", relève Jean Chiche.

Dès lors, les filtres mis en place n'ont pas suffi pour anticiper la mobilisation des électeurs. La taille des échantillons beaucoup plus importante pour la primaire que pour d'autres types de scrutin - autour de 10.000 personnes interrogées ou lieu de 1.000 - et le temps nécessaire pour les traiter n'ont pas permis de saisir la rapidité de la remontée de Fillon.

"Je n'ai jamais vu un déclenchement de progression et une progression aussi fulgurante, aussi puissante, aussi courte", confesse Bruno Jeanbart d'Opinionway. L'institut avait pourtant donné François Fillon en hausse de dix points à la veille du 3e débat télévisé et victorieux au second tour quel que soit son adversaire. "Sur mes graphiques, la courbe est tellement quasiment verticale qu'on a du mal à la tracer".

Au-delà des instituts de sondages, le monde politique, les médias, avaient perçu l'ascension fulgurante de François Fillon et le troisième débat télévisé "a été présenté non plus comme un match à deux mais à trois", rappelle Bruno Jeanbart.

La campagne a également joué un rôle fondamental. Les enquêtes qui donnaient Alain Juppé en tête depuis des mois ont fortement évolué au rythme des débats télévisés et la cristallisation habituelle du vote en fin de campagne n'a pas eu lieu.

Pourquoi alors les électeurs de droite ont-ils opté massivement pour François Fillon ? "Il y a eu cette idée qu'on pouvait avoir quelqu'un ayant une personnalité acceptable pour une ligne politique désirable", analyse Jérôme Sainte-Marie, de PollingVox. L'électorat de droite était, selon lui, partagé entre ceux qui aimaient bien la ligne Sarkozy mais ne voulaient plus de lui, et ceux qui aimaient bien la personnalité de Juppé mais trouvait sa ligne un peu molle. "Avec Fillon, ils ont eu un produit de synthèse", note le président de PollingVox. La concomitance de la montée de François Fillon avec l'élection de Donald Trump aux Etats-Unis - contrairement à ce qu'annonçaient les instituts américains - a-t-elle pesé sur la primaire ?

Pour Jérôme Sainte-Marie, "ça a pu avoir un effet d'encouragement. Les gens ont pu se dire +le vent souffle de plus en plus à droite et l'heure n'est pas à la modération+". Un effet sur la mobilisation que constate également Bruno Jeanbart : "Les gens ont pu se dire +si on ne veut pas avoir de mauvaise surprise, le meilleur moyen c'est de voter+".

 

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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