Primaire de la droite: troisième homme, François Fillon veut déjouer les pronostics

Primaire de la droite: troisième homme, François Fillon veut déjouer les pronostics

Publié le 06/11/2016 à 13:20 - Mise à jour à 13:21
©Patrick Kovarik/Pool/Reuters
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
-A +A

Alors que les sondages n'ont jamais démenti l'éventualité d'un duel Juppé/Sarkozy au deuxième tour de la primaire de la droite, François Fillon espère encore les faire mentir. Celui-qui est souvent présenté comme le "troisième homme" bénéficie ces derniers jours de courants ascendants qui ne seront cependant peut-être pas suffisants à deux semaines de l'échéance.

François Fillon veut déjouer le duel annoncé Juppé/Sarkozy au second tour de la primaire de la droite en gagnant, grâce à un projet qu'il présente comme "radical", les voix qui le hisseront en finale.

"Je suis le seul à proposer un programme de transformation radicale pour le pays, de tous les candidats, c'est moi qui vais le plus loin", assure l'ancien Premier ministre au fil de ses déplacements, comme vendredi 4 au soir à Saint-Brieuc (Côtes d'Armor), où plus de 600 personnes étaient venues l'écouter.

Economie, fiscalité, éducation, guerre contre le "totalitarisme islamique" (thème de son dernier livre, vendu à "50.000 exemplaires")... Le candidat, que les sondages placent à une troisième place éliminatoire du scrutin du 20 novembre, déroule les mesures sur lesquelles il travaille en profondeur depuis plus de deux ans.

Micro en main, le député de Paris parle en se déplaçant au milieu du public, sans pupitre ni estrade. Sa martingale pour convaincre: pédagogie, clarté, concision. Après un discours sans note vient une séance de questions-réponses, pas toujours simple. "Avant, on me demandait: qu'est ce que vous proposez ? Maintenant les questions sont plus pointues", remarque-t-il auprès de journalistes.

Vendredi soir, il lui a fallu répondre aux interrogations de Briochins sur le Tafta (ou TTIP), le traité de libre-échange entre l'Union européenne et les Etats-Unis en négociations (il préconise "l'arrêt" provisoire des discussions et dénonce "la domination du dollar"), sur l'absence de syndicats dans l'armée, ou sur la Cour européenne des droits de l'Homme, qui a condamné la France à plusieurs reprises en 2016, pour non reconnaissance d'enfants nés à l'étranger par GPA (gestation pour autrui).

"La CEDH se mêle de plus en plus de questions de société, qui font notre identité. On ne peut pas l'accepter. Je proposerai que la France quitte la CEDH" tant que ces questions ne seront pas réglées, a-t-il prévenu sous les applaudissements.

Malgré - ou peut-être à cause - de sa réputation de "sérieux" ("je ne viens pas vous promettre la Lune", reconnaît-il), M. Fillon est longtemps resté autour des 10% dans les intentions de vote, parfois à la quatrième place, derrière Bruno Le Maire.

Mais les deux premiers débats entre les sept concurrents lui ont profité: même Nicolas Sarkozy assure que son ancien Premier ministre a été "bon" à ces occasions. Il perce désormais à 15% d'intentions de vote.

C'est bien mais insuffisant: un tel résultat ne lui permettrait pas d'accéder au second tour de la primaire, le 27 novembre. Alain Juppé (40% d'intentions de vote) continue de faire la course en tête, suivi de Sarkozy (26%).

A qui prendre des voix? Au maire de Bordeaux, à l'ex-chef de l'Etat, aux deux? "On s'est longtemps dit que Juppé était trop haut. Mais les intentions de vote en sa faveur se tassent aujourd'hui", veulent croire les fillonistes. "Il fait comme s'il avait déjà gagné. Il en est à composer ses équipes. Et ça, ce n'est pas bon", averti l'un d'eux.

Quant à l'ancien président, "la magie n’opère plus", disent les mêmes. "Il reste à Sarkozy l'électorat discipliné, mais ce n'est pas un socle de second tour".

"Fillon a été la révélation inattendue du premier débat, confirmée au deuxième, grâce à sa posture d'homme calme et posé, qui maîtrise ses sujets", analyse Jean-Daniel Lévy, directeur du département opinion d'Harris interactive. "A priori, il a intérêt à essayer de grappiller des points à Sarkozy", ajoute le politologue.

A l'approche du premier tour, François Fillon, visiblement blessé par certaines défections, comme celle de la président de la région Ile-de-France Valérie Pécresse pour Alain Juppé, compte accélérer.

Ce passionné de course automobile (l'ancien maire de Sablé-sur-Sarthe assiste tous les ans aux 24 heures du Mans) dit souvent qu'"il n'est pas nécessaire de partir le premier, il faut savoir mettre le paquet au bon moment". Il lui reste 15 jours pour enclencher le turbo.

 

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




François Fillon a réussi à se hisser à la place de "troisième homme" dans les sondages, mais reste encore loin de Nicolas Sarkozy et Alain Juppé.

Newsletter


Fil d'actualités Politique




Commentaires

-