Référendum sur Notre-Dame-des-Landes: "les opposants nous trompent", affirme Bruno Retailleau

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Propos recueillis par Victor Lefebvre
Publié le 16 juin 2016 - 14:49
Mis à jour le 21 juin 2016 - 16:11
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Bruno Retailleau.
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©Georges Gobet/AFP
"Ce sont deux modèles de société qui vont s'opposer" lors de la consultation, juge Bruno Retailleau.
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Sénateur de Vendée, conseiller régional de Pays de la Loire et président du groupe Les Républicains au Sénat, Bruno Retailleau est aussi l'un des soutiens historiques au projet d'aéroport Notre-Dame-des-Landes. Il appelle donc au "oui" pour la consultation du 26 juin, même s'il doute sérieusement de l'utilité de cette "tactique politicienne"

Quelle valeur a pour vous la consultation du 26 juin?

"Cette consultation ce n'est pas mon choix, c'est la marque des hésitations du président de la République et sans doute le prix d'un marchandage lorsqu'au moment du dernier remaniement, Mme Cosse était entrée au gouvernement. Peu importe, le choix a été fait et désormais nous faisons campagne pour que le +oui+ l'emporte.

"L'enjeu est fondamental puisque nous sommes à la côte ouest de l'Europe. (...)Il n'y a pas d'hésitation (à avoir).

"Ceux qui pensent que l'aéroport actuel peut être dimensionné à la hauteur de la croissance du trafic se trompent, ou plutôt nous trompent. Ils savent parfaitement qu'il sera impossible d'agrandir Nantes Atlantique.

"Ce sont deux modèles de société qui vont s'opposer. Nous voulons une société de la croissance et non pas de l'appauvrissement, sans sacrifier l'environnement. Notre-Dame-des-Landes sera le premier aéroport HQE (Haute qualité environnementale), preuve qu'on peut concilier la croissance et l'emploi avec le respect de l'environnement. De l'autre côté on a un modèle de société de la décroissance et de l'appauvrissement".

 

Le dossier est particulièrement complexe. Les électeurs de Loire-Atlantique ont-ils toutes les cartes en main pour se prononcer?

"Le sujet est d'autant plus complexe qu'il y a eu énormément de fausses informations, d'intoxication. Il faut revenir à des choses très simples: un aéroport de Nantes Atlantique de plus en plus saturé. Nous avons dû refuser 250 vols en 2015. Nous sommes en avance de près de cinq années sur la croissance du trafic. Demain c'est la thrombose, et sans infrastructure, il n' y aura pas d'emploi possible.

"Le transfert à Notre-Dame-des-Landes, c'est donner les moyens d'un nouveau développement pour l'Ouest. C'est aussi l'environnement. Aujourd'hui, Nantes Atlantique est une atteinte à la zone humide exceptionnelle du lac de Grand-Lieu. Enfin c'est un financement vertueux car ce n'est pas le contribuable qui va payer mais l'usager, 70% du financement c'est Vinci".

 

Les opposants dénoncent les méthodes et les chiffres -manipulés selon eux pour crédibiliser ce projet vieux de 50 ans- et que le dernier rapport d'experts a jugé "surdimensionné".

"On est toujours dans le court terme en France (mais) gouverner c'est prévoir. L'enquête publique et la déclaration d'utilité publique, c'est 2008 avec des chiffres réactualisés. Ces mêmes opposants nous disaient qu'on atteindrait jamais les 4 millions de voyageurs, on est à 4,4 millions. C'est la meilleure réponse.

"Le rapport justifie le transfert, il ne justifie pas l'extension de Nantes Atlantique. La seule chose que nous contestons c'est la question des deux pistes (le rapport conseille de n'en garder qu'une, NDLR) . Les deux pistes c'est pour que les avions ne roulent pas trop longtemps et ne consomment pas trop. Pour éviter que des milliers de personnes soient impactées. En France on voit toujours trop petit, rabougri, recroquevillé".

 

François Hollande a déclaré: "Si c'est +oui+ tout le monde devra accepter cette décision, si c'est +non+, l'Etat en tirera les conséquences". La consultation peut-elle régler la question?

"Je me méfie beaucoup de l'après consultation. Je crains qu'en réalité François Hollande soit dans la même hésitation et qu'à l'automne prochain (début prévu des travaux, NDLR), rien ne se passe. Pour ceux qui veulent l'évacuation de la ZAD, il vaut mieux voter +oui+, pour que demain il y ait des travaux pour que l'on puisse évacuer cette zone de non-droit de la République".

 

Est-ce que la politique a pris le pas sur la réalité du terrain et les questions technique?

"Au niveau national, oui. La décision même de la consultation prise par le président de la République est avant tout une tactique politicienne. En revanche je fais confiance aux habitants de Loire-Atlantique pour choisir un avenir qui permette au Grand ouest de se développer".

 

Qu'impliquerait une victoire du "non"?

"Les choses sont simples. Si malheureusement le +non+ l'emportait, ça enterrerait le projet. Je pense qu'on aurait pu se passer de cette consultation. J'espère en tout cas que le +oui+ l'emportera et qu'on pourra commencer les travaux.

"L'histoire de France, de nos régions est pleine de ces opportunités économiques que des régions ont manqué, hier avec le train, demain avec l'avion".

 

Cet article fait partie de notre dossier "Notre-Dame-des-Landes: un référendum pour quoi faire?", à consulter en cliquant ICI

 

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