Régionales: défaits, gauche radicale et écolos condamnés à se repenser

Régionales: défaits, gauche radicale et écolos condamnés à se repenser

Publié le 11/12/2015 à 12:46 - Mise à jour à 12:51
©Gonzalo Fuentes/Reuters
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
-A +A

Absents, hormis quelques fusions avec le PS, du second tour des élections régionales la gauche radicale et les écologistes concèdent la défaite lors de ce scrutin. Et de nombreux dirigeants anticipent déjà la "reconstruction" à venir de leurs formations respectives.

Après la déconfiture du premier tour des élections régionales de dimanche 6, l'"opposition de gauche", la gauche radicale et les écologistes, est condamnée à se repenser, voire se recomposer. Un constat qu'elle fait volontiers tout en voyant s'éloigner la perspective de constituer une alternative solide au PS d'ici à 2017.

Grande coalition, pôle citoyen, rassemblement à gauche: quel que soit le nom qu'ils lui donnent, la plupart des responsables des partis de gauche non socialiste appellent à une "reconstruction" au lendemain du second tour des régionales de dimanche 13. "Il faudra s'expliquer lundi (le 17, NDLR), ce qui s'est passé dimanche mérite de remettre à plat beaucoup de choses à gauche", assurait jeudi 10 Pierre Laurent, patron du parti communiste.

Au total, le Front de gauche (PC, PG et Ensemble) a récolté 4,15% des voix au premier tour.

Pour Pierre Laurent, il existe bien un "objectif commun" avec le porte-voix du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon mais "pas seulement avec lui, avec d'autres forces du Front de gauche, des socialistes et des écologistes". Un large rassemblement pour "garder espoir qu'une politique réellement à gauche soit possible".

"Sous le choc", Jean-Luc Mélenchon, a néanmoins semblé enterrer mercredi 9 l'alliance déjà fragile du Front de gauche. Fustigeant la désunion qui a dominé lors de ces élections, il s'est agacé: "nous nous sommes nous-mêmes détruits". "Je ne m'attendais pas à nous voir, cinq ans après, quasiment revenus à la case départ", a-t-il ajouté. Mais il a appelé à "se reprendre et se ressaisir". "En tout cas moi, je ne rentre pas à la maison, je ne me déclare pas en retrait, et je ne cesse pas le combat", a insisté celui qui dit depuis plusieurs mois prendre du recul dans la perspective de 2017.

Une large alternative à gauche du Parti socialiste est-elle possible? "Il me semble qu'on est dans l'illusion", rectifie Philippe Raynaud, professeur de philosophie politique à Paris 2. Pour lui, la gauche de la gauche a deux réflexes qui sont aujourd'hui dépassés: "le premier c'est que si l'opinion va vers la droite, c'est en allant vers la gauche qu'on va la reconquérir, le deuxième, c'est que pour convaincre les électeurs hésitants, on a intérêt à avoir des positions radicales".

Il voit en revanche à l'œuvre "une logique d'union de la gauche qui se reconstruit dans laquelle la gauche de la gauche gagnera des points" par souci électoraliste du candidat socialiste en 2017. "Le seul moyen pour la gauche de se reconstruire, c'est de s'allier à Hollande", observe Philippe Raynaud. Mais ce jeu met, selon lui, mécaniquement hors course Jean-Luc Mélenchon dont le programme annihile "toute discussion possible avec le PS".

"Ce qui lui reste à Mélenchon, c'est qu'il apparaît comme le candidat le mieux placé de la gauche de la gauche à la présidentielle", estime néanmoins un responsable socialiste.

Et dans cette recomposition, quid des écologistes qui ont divisé par deux leur score au premier tour des régionales (6,81% après 12,18% en 2010)? "Tout le monde cherche un chemin car nous arrivons à la fin d'un cycle politique: soit on passe à autre chose avec une remise en cause profonde y compris de la droite, soit le point de fuite, à un moment, c'est l'arrivée au pouvoir de l'extrême-droite", analyse David Cormand, numéro 2 d'Europe Ecologie-Les Verts.

Il ne voit pas dans l'échec aux régionales "un problème d'être plus ou moins à gauche". "C'est le truc de Cambadélis et Hollande de dire: +à gauche, entre Mélenchon et moi, il n'y a rien, à droite, entre le Front national et moi, il n'y a rien+", s'énerve-t-il, refusant qu'on classe son parti à la "gauche de la gauche". Il plaide au contraire pour une réforme du mode de scrutin et un régime plus parlementaire, où les partis gouverneraient ensemble, en coalition.

Dans tous les cas, souligne Julien Bayou, porte-parole d'EELV, "nous avons la responsabilité de ne pas subir ce choix entre le PS et le FN et de travailler à une alternative".

 

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




"Le seul moyen pour la gauche de se reconstruire, c'est de s'allier à Hollande", selon le politologue Philippe Raynaud.

Newsletter


Fil d'actualités Politique




Commentaires

-