Université d'été du Medef: Juppé applaudi, Yade écoutée, Lienemann sifflée

Université d'été du Medef: Juppé applaudi, Yade écoutée, Lienemann sifflée

Publié le 31/08/2016 à 19:37 - Mise à jour à 19:52
©Eric Piermont/AFP
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): DD
-A +A

Trois candidats à l'élection présidentielle de 2017 ont clôturé l'agenda politique de l'université d'été du Medef en présentant les grandes orientations de leur programme. Alain Juppé, le plus attendu, et le troisième candidat à la primaire de la droite à parler au pupitre, a recueilli l'approbation de l'assistance.

C'était salle comble et applaudissements nourris à l'université d'été du Medef pour accueillir Alain Juppé, le troisième candidat à la primaire de la droite qui montait à la tribune ce mercredi 31. Et qui n'y est pas allé par quatre chemins pour justifier son ambition présidentielle: "Je crois que je suis l'homme de la situation", a-t-il déclaré tout en tenant à rassurer l'audience d'entrepreneurs lui faisant face: "Je sais ce que je veux faire (...) et je sais comment je vais le faire". Car Alain Juppé l'avait dit dans les médias et l'a redit aujourd'hui, il annoncera "clairement la couleur" de son action présidentielle, avec une équipe de ministres durables ("et pas exclusivement occupés par leur campagne présidentielle" , envoie-t-il comme un clin d'oeil mordant à François Hollande et les candidatures issues de son gouvernement). Car, pour le maire de Bordeaux, "le déclin est là. Il ne faut pas s'y résigner". 

Et la "couleur" qu'il veut annoncer est d'abord d'ordre fiscale: une loi de programmation sur cinq ans pour plus de stabilité, une baisse des charges compensée par une hausse de 1 point de la TVA, une baisse immédiate de l'IS à 30% en attendant plus, l'abrogation du compte pénibilité, et la clarification dans le droit du Travail des motifs de licenciement, pour ne pas les laisser à l'appréciation, aléatoire, du juge. Il envisage même de supprimer l'impôt de solidarité sur la fortune, qu'il avait pourtant durci en 1995 lorsqu'il étair Premier ministre, en le déplafonnant. "J'ai fait une connerie" (sic), a-t-il admis devant le public.

Alain Juppé souhaite également réaliser un voeu cher aux patrons, "changer l'image de l'entreprise dans le monde éducatif", par exemple en développant les envois d'enseignants en entreprise sur de courtes durées pour faire évoluer le regard entre deux mondes qui se méfient l'un de l'autre. Concluant sa prestation, Alain Juppé, qui reconnaît qu'"on ne retrouvera pas +les Trente glorieuses+" , s'est emporté contre les "pisse-vinaigres" (sic) qui dénigrent constamment la France. "On peut arriver au plein emploi" , a-t-il enfin lancé en note d'espoir.

Alain Juppé a ensuite cédé la place à à deux candidates outsider de cette campagne. Rama Yade tout d'abord, qui a annoncé le 21 avril dernier sa candidature, a joué la carte de la proximité avec son auditoire en rappelant qu'elle est devenue auto-entrepreneuse récemment, ce qui fût "une révolution culturelle"  pour elle qui l'aurait sensibilisée aux contraintes rencontrées par les chefs d'entreprise. Elle s'est même prononcé pour "une supression de l'IS (l'impôt sur les sociétés, NDLR)" . Ni plus, ni moins.

Dernière personnalité politique à venir présenter son projet, Marie-Noëlle Lienemann, candidate à la primaire de la gauche, et représentant l'aile gauche du Parti socialiste. Devant faire face à une salle se vidant à vue d'oeil, et à quelques sifflets, elle assume sa volonté de "soutien du pouvoir d'achat et de hausse des salaires". Quelques autres sifflets ont retenti lorsque, répondant à une question, elle a déclaré sans détour qu'il "n'est pas nécessaire de modifier le CDI. Je crois à la hiérarchie des normes". Elle a également fustigé une Europe, et une France, "inféodée à la seule vision anglo-saxonne ou allemande". Créditée de seulement 6% d'intentions de vote pour la primaire dans la plupart sondages, il y a peu de chance qu'elle ait augmenté son score face aux membres et sympathisants du principal syndicat patronal...

 

Auteur(s): DD

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




Le discours d'Alain Juppé a été accueilli avec chaleur à l'université d'été du Medef.

Newsletter


Fil d'actualités Politique




Commentaires

-