Alep: l'évacuation suspendue, 40.000 civils redoutent la reprise des combats

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Alep: l'évacuation suspendue, 40.000 civils redoutent la reprise des combats

Publié le 16/12/2016 à 17:19 - Mise à jour à 17:42
©Asaad Hanna/Twitter
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr

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L'évacuation de la dernière poche rebelle d'Alep a été suspendue ce vendredi par le régime syrien, laissant craindre la reprise des combats. Des dizaines de milliers de civils sont donc encore coincés dans ce qui reste de la ville martyre, alors que certains avaient pu évacuer jeudi. Une nouvelle réunion de l'ONU sur la question a été convoquée par la France.

Nouvelle désillusion et nouvelles inquiétudes pour des milliers de civils et rebelles d'Alep, à nouveau prisonniers de la ville martyre de Syrie. Alors qu'un fragile corridor humanitaire avait pu être mis en place jeudi 15 pour évacuer la population de la dernière poche de résistance rebelle, cette trêve a été suspendue par le régime syrien ce vendredi 16, laissant craindre une reprise des combats et de nouvelles victimes.

Les raisons de cette suspension demeurent floues en raison de la confusion et de la tension qui règnent dans la zone où des tirs sporadiques continuent d'être entendus depuis le début de la trêve. Les autorités syriennes ont accusé les rebelles d'avoir rompu le cessez-le-feu, d'avoir cherché à utiliser certains prisonniers comme otages, ou encore d'avoir tenté de faire sortir des armes "moyennes" de la ville.

L'accord prévoyait en effet qu'outre les civils, les blessés ainsi que les soldats rebelles transportant uniquement leurs armes légères puissent bénéficier de ce corridor humanitaire pour rejoindre la province d'Idlib au sud-ouest d'Alep, toujours tenue par des groupes opposés à Bachar al-Assad. Ils y assiègent notamment les villes de Foua et Kafraya. Selon l'Observatoire syrien des Droits de l'homme (OSDH), le refus des rebelles de laisser en sortir les blessés serait à l'origine du blocage de la situation à Alep. 

Si le terme de "suspension", laisse espérer une reprise des évacuations, l'allié russe du régime syrien a déclaré de son côté que celles-ci étaient "terminés". Les négociations entre Moscou et la Turquie (qui soutient les rebelles) avaient déjà abouti à la conclusion d'un accord mardi 13, mais celui-ci avait rapidement volé en éclat sous les bombes.

La trêve avait finalement pu être mise en place jeudi et aurait permis depuis l'évacuation selon l'OSDH de plus de 5.000 civils et 3.000 combattants. Mais plusieurs milliers de rebelles et environ 40.000 civils seraient toujours ce vendredi coincés dans l'ultime poche de résistance. Son évacuation devait entériner la victoire de Bachar al-Assad à Alep, devenue symbole de la guerre civile qui déchire le pays depuis plus de cinq ans.

Selon l'Observatoire syrien des Droits de l'homme, les combats des quatre dernières semaines auraient fait plus de 600 victimes chez les civils d'Alep. L'ONU a par ailleurs dénoncé les exactions et massacres commis par l'armée régulière syrienne et les milices alliées qui auraient fait au moins 82 morts. Depuis son début en mars 2011, la guerre civile en Syrie a fait quelque 310.000 victimes et des millions de déplacés.

Critiquée pour son incapacité à éviter un drame humanitaire notamment en raison du droit de véto de la Russie, l'ONU se réunit ce vendredi à partir de 18 heures à la demande de la France pour évoquer une nouvelle fois la situation à Alep.

 

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr


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"Nous reviendrons" retrouve-t-on écrit sur les murs d'Alep que les civils et rebelles espèrent encore évacuer.

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