Conflit en Ukraine: Paris et Berlin butent sur l'absence d'engagements de Kiev et Moscou

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Conflit en Ukraine: Paris et Berlin butent sur l'absence d'engagements de Kiev et Moscou

Publié le 04/03/2016 à 14:18 - Mise à jour à 14:35
Angela Merkel et François Hollande à l'Elysée.
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
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Une réunion a eu lieu jeudi entre les ministres des Affaires étrangères français, allemand, ukrainien et russe afin de relancer le processus de paix en Ukraine. Mais le couple franco-allemand bute sur le manque d'engagements de Kiev et de Moscou qui s'accusent mutuellement de compliquer l'organisation d'élections locales.

Les efforts de Paris et Berlin pour relancer les négociations visant à mettre fin au conflit séparatiste dans l'est de l'Ukraine butent sur l'absence d'engagements de Kiev et Moscou, qui se rejettent mutuellement la responsabilité concernant la difficile organisation d'élections locales. Au terme d'une longue réunion jeudi 3 mars au soir à Paris entre les ministres des Affaires étrangères français, allemand, ukrainien et russe, le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault a indiqué que des élections dans la région pro-russe du Donbass devraient se tenir d'ici juillet. Ce scrutin est réclamé en vain depuis des mois par Paris et Berlin.

"Nous avons souligné l'importance de l'adoption d'une loi électorale (par le Parlement et le gouvernement ukrainiens) pour la tenue d'élections locales avant la fin du premier semestre 2016", a déclaré à la presse Jean-Marc Ayrault. "Il faut pouvoir assurer la sécurité de l'organisation des élections, nous avons besoin de sécurité sur le terrain", a néanmoins argumenté son homologue ukrainien, Pavlo Klimkine, en jugeant que la réunion de jeudi n'avait pas permis "d'avancée". Sur ce point, Jean-Marc Ayrault a indiqué que l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) devait fournir, d’ici le 31 mars, "des options concrètes pour une sécurisation adéquate des élections".

Si les Occidentaux voient les élections dans le Donbass comme une ouverture pour sa réintégration politique dans l'Ukraine, Kiev redoute que la Russie, accusée de soutenir militairement les séparatistes, ne s'en serve pour déstabiliser l'ensemble de l'ex-république soviétique. Pavlo Klimkine a en outre de nouveau accusé Moscou de faire entrer "armes, munitions, mercenaires russes et troupes russes en Ukraine". Kiev et les Occidentaux accusent la Russie de soutenir militairement les rebelles, ce que Moscou dément.

Dans un scénario désormais habituel d'accusations mutuelles, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a de son côté affirmé ce vendredi 4 que Kiev était à l'origine de l'échec jeudi à obtenir un "consensus" sur la tenue d'élections. Paris et Berlin "ont proposé d'appeler les parties à se mettre d'accord sur l'organisation d'élections locales vers juin-juillet (...) Nous étions prêts à soutenir cette proposition, mais la partie ukrainienne a demandé de ne pas insister sur ce point", a-t-il déploré. Sergueï Lavrov avait quitté la réunion jeudi soir sans faire de commentaires.

Pour consolider le cessez-le-feu, une demande récurrente de Kiev, toutes les parties doivent "fournir toutes les informations nécessaires pour le suivi et la vérification par l'OSCE du retrait de toutes les armes lourdes sans délai", a plaidé M. Ayrault. Le ministre français, qui s'attelle avec la crise ukrainienne à son premier gros dossier depuis sa nomination en février, a aussi insisté pour que les observateurs de l'OSCE, dont la mission a été prolongée jusqu'à fin mars 2017, "puissent identifier les responsables des violations du cessez-le-feu". Paris et Berlin, a-t-il ajouté, ont également appelé à "la libération et l'échange de tous les prisonniers et personnes détenues illégalement d'ici le 30 avril". Si Paris affirme que la réunion de jeudi a permis de "franchir une étape", Berlin a fait entendre une musique différente.

"Je ne suis pas satisfait de la façon avec laquelle Kiev et Moscou mènent les négociations", a asséné le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier. La réunion n'a pas permis "de progrès en ce qui concerne le processus politique", a-t-il déploré. La tenue d'élections locales est suspendue au fait de savoir "si Kiev et Moscou vont travailler ensemble de manière plus constructive (...). Ca reste difficile", a-t-il lâché, visiblement pessimiste.

Signés en février 2015 dans la capitale bélarusse grâce à la médiation franco-allemande et en présence du président russe Vladimir Poutine, les accords de Minsk prévoient un cessez-le-feu ainsi qu'un ensemble de mesures politiques, économiques et sociales pour régler le conflit ukrainien qui a fait plus de 9.000 morts depuis bientôt deux ans. Ces derniers jours, l'Allemagne et le général américain commandant les forces de l'Otan en Europe, Philip Breedlove, ont fait part de leur préoccupation concernant des violations de la trêve instaurée en septembre 2015, qui a permis de faire baisser en intensité les combats opposant l'armée ukrainienne aux rebelles.

 

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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Paris et Berlin réclament des élections dans la région pro-russe du Donbass, en Ukraine, depuis des mois.

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