Crise du logement en Europe : les jeunes contraints de cohabiter avec leurs parents pour éviter la rue

Crise du logement en Europe : les jeunes contraints de cohabiter avec leurs parents pour éviter la rue

Publié le 12/05/2021 à 16:17
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Auteur(s): FranceSoir
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Les jeunes sont les plus touchés par le mal-logement. Sans surprise, l’étude « Regard sur le mal logement en Europe » de la Fondation Abbé Pierre avec la Feantsa est un cri d’alarme concernant l’aggravation de la situation des jeunes à cause de la crise sanitaire ou du moins des mesures décidées pour l'affronter. Alors que les prix des loyers sont de plus en plus chers dans les grandes villes, certains jeunes sont forcés de choisir entre vivre à la rue ou rentrer vivre chez leurs parents - ce qui n’est pas toujours une bonne idée.

Les jeunes sont particulièrement touchés par la pauvreté et les dysfonctionnements structurels des marchés du logement

Selon les estimations de la Fondation Abbé Pierre, le nombre de personnes sans domicile fixe a triplé depuis 2001 et doublé depuis 2012. Le rapport insiste particulièrement sur la situation des jeunes, qui sont les plus touchés par l'exclusion du logement. La situation est critique dans toutes les villes européennes. En France, 20% des jeunes français âgés de 18 à 24 ans ont dû recourir à l'aide alimentaire et 35% craignent de ne plus pouvoir faire face à leurs frais de logement en 2021.

La rue pour certains, le retour à la maison familial pour d’autres

Une nouvelle cohorte de jeunes sans ressources est sur le point de rejoindre les rangs des sans-abri, alerte le rapport. Dans de nombreux pays, les jeunes ont été forcés, même avant la crise sanitaire, de sacrifier leur autonomie et leur indépendance pour retourner au domicile familial. Au Danemark, le nombre de jeunes « boomerang » de retour au domicile de leurs parents a augmenté de 12% entre 2009 et 2018.

L’effet « boomerang » s’est produit principalement en raison du coût élevé du logement

Cette forme de cohabitation a des conséquences pour les jeunes mais aussi pour leurs parents, pour qui le fait d'avoir un jeune adulte à la maison entraîne des coûts supplémentaires. Cet effet boomerang s’est encore accentué avec la pandémie de Covid-19. Certains jeunes ont été contraints de regagner le domicile de leurs parents parce qu’ils étaient étudiants, travailleurs précaires, sans emploi ou parce qu’ils n’étaient pas en mesure de payer leurs frais de logement. Ce phénomène, en plein confinement, a eu des conséquences douloureuses en cas de conflits familiaux.

Sans politiques de prévention adéquates ou sans outils européens pour la régulation des loyers dans les grandes villes, les jeunes sont de plus en plus exposés au risque de larue

Dans certaines capitales où les marchés du logement sont particulièrement tendus, le loyer moyen d'un appartement de deux pièces peut représenter plus de 100% du revenu moyen d'une personne âgée de 18 à 24 ans. À Londres, Paris et Barcelone, les jeunes vivent dans des logements de mauvaise qualité, c'est-à-dire, dans des conditions insalubres, de précarité énergétique et de cohabitation forcée.

Les structures d'accueil s’adaptent aux nouveaux profils des sans-abri

Avec l’augmentation des prix des loyers et la crise sanitaire, les profils des sans-abri continuent de se diversifier, détaille le rapport. Les services d’accueil aux plus démunis ont besoin de transformer leurs processus pour s’adapter aux besoins spécifiques des enfants, des jeunes, des femmes, des seniors, etc.

Auteur(s): FranceSoir

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Avec l’augmentation des prix des loyers et la crise sanitaire, les Tanguy et sans-abri se multiplient.

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