Cuba: François Hollande appelle Barack Obama à "effacer" l'embargo

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La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
Publié le 01 février 2016 - 21:57
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Hollande et Castro le 1er février 2016.
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François Hollande a demandé aux Etats-Unis d'"effacer" l'embargo qui frappe Cuba.
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En visite officielle, le président cubain Raul Castro a été accueilli ce lundi à l'Elysée par François Hollande. Lors d'une conférence de presse, le chef de l'Etat a appelé son homologue américain Barack Obama à "effacer" l'embargo commercial américain qui frappe Cuba.

François Hollande a apporté ce lundi un soutien franc et massif à la levée de l'embargo commercial américain qui frappe Cuba depuis 1962, au côté du leader cubain Raul Castro, à Paris pour la première visite d'un président cubain dans la capitale française depuis celle de son frère Fidel en 1995. "Le président Obama, qui a fait que l'on progresse, doit -et il l'a dit lui-même- aller jusqu'au bout et permettre qu'il puisse y avoir la fin de ce vestige de la guerre froide", a lancé le président français sous les ors de l'Elysée.

"Cet embargo, ce blocus doivent être maintenant effacés pour que Cuba prenne pleinement sa place et c'est la volonté de ce pays, c'est la volonté de la communauté internationale", a-t-il enchaîné à la plus grande satisfaction de son hôte. Cuba "apprécie la position de la France en faveur de la levée du blocus économique américain", a d'ailleurs répondu ce dernier dans la foulée.

A la mi-janvier, Barack Obama avait lui-même appelé une nouvelle fois le Congrès américain à lever l'embargo contre Cuba, un an après l'amorce d'une normalisation diplomatique historique entre les deux anciens ennemis de la Guerre froide. Cet embargo interdit toujours aux Américains d'investir et de faire du tourisme sur l'île, Washington menaçant en outre de fortes amendes les entreprises présentes aux États-Unis et qui se risquent à faire des affaires avec La Havane.

François Hollande a également annoncé un geste supplémentaire de la France à l'égard de Cuba après la conclusion, le 12 décembre d'un accord sur la dette cubaine due aux créanciers du Club de Paris, avec 8,5 milliards de dollars d'intérêts apurés. Paris, a-t-il précisé, annulera aussi "progressivement les intérêts de retard à mesure que Cuba remboursera les arriérés". Dans le cadre d'une conversion des créances françaises envers Cuba, "un fonds franco-cubain doté de plus de 200 millions d'euros" sera par ailleurs créé "pour accélérer les projets d'investissements de la France à Cuba".

Comme attendu, le président Hollande s'est montré en revanche assez peu disert sur la question du respect des droits de l'Homme à Cuba, souvent pointée du doigt par les ONG, déclarant simplement : "Nous n'avons écarté aucun sujet aussi bien sur le plan politique que sur le plan économique, y compris le droit des personnes". La France, a-t-il ajouté, "y est toujours attachée et le rappelle à chaque instant, dans toutes les circonstances et pour tous les pays".

Au chapitre des symboles, le président avait accueilli Raul Castro sur le tapis rouge de l'Elysée par une chaleureuse accolade au pied du perron, manière de consacrer la normalisation des relations. "Aujourd'hui, ce que nous ouvrons, c'est une nouvelle page de l'histoire entre la France et Cuba, et au-delà, entre l'Europe et Cuba et, demain, entre le monde et Cuba", a-t-il souligné ensuite devant la presse.

La réception de Raul Castro à l'Elysée devait encore se prolonger dans la soirée avec un "dîner d’Etat" avec, à la table d'honneur, outre le leader cubain, Jean-Pierre Bel, ancien président (PS) du Senat et envoyé personnel du président pour l'Amérique latine et les Caraïbes, mais aussi Maryse Wolinski, veuve d'un des dessinateurs victimes de l'attaque contre Charlie Hebdo, le cinéaste Costa Gavras, la cantatrice Barbara Hendricks, le DJ David Guetta... Jean-Luc Mélenchon, dirigeant du Parti de gauche jamais avare de critiques contre M. Hollande, figure lui aussi parmi les invités. Au menu: Saint-Jacques, dos de bar et entremets.

Entre autres égards diplomatiques, Raul Castro avait été accueilli officiellement dans la matinée sous l'Arc de Triomphe, au sommet des Champs-Elysées pavoisés aux couleurs françaises et cubaines avant une descente de la plus célèbre avenue du monde, escorté par la Garde républicaine à cheval.

La France entendait renforcer à l'occasion de cette visite la présence de ses entreprises dans un pays qui s'ouvre progressivement à l'économie de marché. Outre l'accord sur la dette et une feuille de route économique, des déclarations conjointes ont été signées sur le tourisme, le commerce équitable ou le transport ferroviaire. Paris voit en La Havane un "élément clé" de la relance de sa relation avec l'Amérique latine. Comme un lointain écho au voyage historique du général de Gaulle en 1964, le président français effectuera fin février une tournée en Amérique latine qui le conduira au Pérou, en Argentine et en Uruguay.

 

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