En visite à Sarajevo, le pape François dénonce une "troisième guerre mondiale livrée par morceaux"

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En visite à Sarajevo, le pape François dénonce une "troisième guerre mondiale livrée par morceaux"

Publié le 06/06/2015 à 18:38 - Mise à jour à 19:06
©Tony Gentile/Reuters
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Auteur(s): RT
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Ce vendredi, le pape François s'est rendu à Sarajevo, ville encore meurtrie par la guerre de Bosnie-Herzégovine. Venu en émissaire de paix, il a toutefois tenu à alerter contre "le climat de guerre" qui règne aujourd'hui dans le monde.

Vingt ans après la guerre de Bosnie-Herzégovine (1992-1995), le pape François s’est rendu ce samedi à Sarajevo, capitale du pays. Dans cette ville partagée entre musulmans, chrétiens, orthodoxes et catholiques et où la réconciliation politique ne prend pas, le souverain pontife est venu en émissaire de la paix, alertant toutefois contre le "climat de guerre" qui règne aujourd'hui dans le monde. "Sarajevo appelé Jérusalem de l'Occident, une ville qui a tellement souffert dans l''Histoire et qui est sur un beau chemin de paix. C'est pour cela que je fais ce voyage comme un signe de paix une prière pour la paix", a-t-il notamment déclaré aux journalistes avant d’arriver.

Une fois sur place, il a dit la messe devant 60.000 personnes dans le grand stade Kosevo, situé à proximité du cimetière de la guerre civile. Il a profité de cette occasion particulière pour évoquer encore une fois la "troisième guerre mondiale livrée par morceaux", qu’il dénonce depuis des mois. "Elle se combat de façon éparpillée, partout. Vous le savez bien ici, pour l'avoir expérimenté, avec tant de souffrance", a-t-il exprimé à la foule.

D’où l’importance du "mot +paix+". "C'est un mot prophétique par excellence" , a déclaré le pape mais il "rencontre sans cesse les oppositions de l'homme et du malin". Car certains "veulent créer ce climat de guerre et l'attiser délibérément" en cherchant "l'affrontement entre différentes cultures et civilisations" . Dans ce contexte, "Sarajevo et la Bosnie revêtent une signification particulière pour l'Europe et pour le monde entier", avait d'ailleurs souligné le pape plus tôt dans la matinée.

Sous les applaudissements nourris de la foule, il a donc lancé un appel pour "que de cette ville (Sarajevo NLDR) se lève encore une fois aujourd'hui".

Plus tôt, il avait demandé aux autorités politiques de la Bosnie un effort concret du gouvernement en faveur des croates catholiques, sans toutefois les nommer directement rapporte Le Figaro. "L'égalité effective de tous les citoyens devant la loi et dans son application est indispensable, quelle que soit leur appartenance ethnique, religieuse et géographique", a-t-il notamment déclaré.

Enfin, il a également profité de sa visite pour appeler l’Union européenne à prendre ses responsabilités envers la Bosnie-Herzégovine, aujourd’hui candidate à l’entrée dans l’UE. "La Bosnie-Herzégovine est partie intégrante de l'Europe; ses succès et ses drames s'insèrent de plein droit dans l'histoire des succès et des drames européens, et ils constituent en même temps un sérieux avertissement à réaliser des efforts pour que les processus de paix engagés deviennent toujours plus solides et irréversibles", a lance le pape François, très inquiet pour la stabilité du monde.

La guerre de Bosnie-Herzégovine a eu lieu entre Serbes orthodoxes, croates catholiques et musulmans bosniaques sur le territoire de la Bosnie- Herzégovine. Elle a fait près de 100.000 morts et plus de 2 millions de réfugiés et de déplacés, soit plus de la moitié de la population du pays. Aujourd’hui, vingt ans après les accords de Dayton (Etats-Unis) qui ont mis fin au conflit, le pays est en paix mais toujours divisé.

 

Auteur(s): RT

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Le pape François était en Bosnie-Herzégovine, un pays qui a connu la guerre entre ethnies et religions.

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