Les États-Unis se fracturent sur l'obligation vaccinale

Les États-Unis se fracturent sur l'obligation vaccinale

Publié le 02/11/2021 à 10:34
AFP/SAUL LOEB
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Auteur(s): FranceSoir
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Dès les premières semaines de la vaccination de masse aux États-Unis et malgré la propagande qui s’est abattue sur l’ensemble du pays, des noyaux de résistance se sont formés au sein de la population, faisant apparaître des fractures dans tout le pays.
 

Vers l’obligation vaccinale ?

Dans un jeu de contorsionniste auquel il nous a habitués depuis quelques mois, le docteur Anthony Fauci, membre de la cellule de la Maison-Blanche sur le coronavirus, avait déclaré le 19 août dernier lors d’un échange vidéo organisé par l’université George Washington : "On ne peut pas obliger ou tenter de forcer les gens à se vacciner, nous ne l’avons jamais fait (…) On peut le rendre obligatoire pour certains groupes, comme les personnels médicaux, mais on ne peut pas le faire pour la population générale".

Une déclaration qui n’a visiblement pas été suivie par la Maison-Blanche puisque quelques semaines plus tard, face au ralentissement du programme vaccinal et à la menace du variant Delta, le président Joe Biden n’a pas hésité à adopter un ton plus ferme pour obliger les 80 millions d’Américains à accepter l’injection.

Dressant une série de mesures fortes, le président démocrate a signé un décret dans lequel il a inscrit la vaccination obligatoire pour les deux tiers des agents de l’État, sans possibilité de recourir à des tests réguliers. Sont concernés le personnel militaire, les salariés de sous-traitants d’agences fédérales, mais également les maisons de santé ou les écoles recevant des subventions de la fédération.

Les mesures diffèrent un peu pour le secteur privé puisque les salariés ont la possibilité de ne pas se faire vacciner à condition d’effectuer un test hebdomadaire.

Cependant, dans tous les cas, les entreprises qui ne se conformeraient pas à ces directives, encourent des amendes pouvant aller jusqu’à 14 000 dollars par salariés.

La Maison-Blanche veut également prolonger le port du masque à l’intérieur des bâtiments fédéraux et demande aux organisateurs de grands événements de conditionner l’accès du public à une preuve de vaccination ou un test négatif.
 

La fronde des Républicains

Face à l’annonce de l’ensemble des mesures, certains responsables politiques républicains, estimant que l’obligation était une violation des libertés individuelles, n’ont pas hésité à parler de dictature.

Le gouverneur du Texas, Greg Abbott, connu pour avoir été farouchement opposé à l’obligation de porter un masque, a été l’un des premiers à monter au front. Il a estimé que « la vaccination doit toujours rester volontaire et jamais forcée ».

Dans un décret-loi, le gouverneur a fait connaître les dispositions qui vont régir le Texas à savoir qu’"aucune entité ne peut obliger une personne, y compris un employé ou un consommateur à se faire vacciner contre la Covid-19 si elle s’y oppose pour une raison de conscience personnelle, fondée sur une croyance religieuse ou pour des raisons médicales".

Dans sa lutte pour la liberté de choisir ou pas le vaccin, le Texas n’est pas seul puisque 20 gouverneurs d’États républicains ont annoncé contester les mesures annoncées par le président devant les tribunaux.

À l’extrême opposé des annonces du président Biden, celles du gouverneur de Floride, Ron DeSantis, qui interdit l’obligation vaccinale et menace d’imposer une amende aux villes et aux comtés qui ne respecteraient pas cette loi d’interdiction. "Si une agence gouvernementale décide d’imposer un vaccin comme condition d’emploi, cela enfreint la loi, et vous encourez une amende de 5 000 dollars pour chaque infraction" avait déclaré ce proche de Donald Trump lors d’une allocution à la presse.

Face à cette fronde des Républicains, la porte-parole de la Maison-Blanche Jen Psaki a rappelé le 12 octobre que la loi fédérale prévalait sur les législations des États fédérés.

Cependant, cette volonté du président Biden n’a toujours pas été concrétisée par la publication des règles qui vont régir l’obligation vaccinale et encore aujourd’hui, personne ne connaît le délai de mise en application.
 

Une population de plus en plus sceptique

US Freedom Flyers : lutte pour la liberté médicale

De plus en plus d’associations et de groupes d’employés se réunissent pour s’opposer à la vaccination qui leur est imposée. C’est le cas de US Freedom Flyers, une organisation d'employés de l'industrie du transport qui s’est réuni pour lutter contre les mandats fédéraux et étatiques qui visent à priver les citoyens de leur droit à la liberté médicale. Ensemble, en partenariat avec le Health Freedom Defense Fund et The Davillier Law Group, ils mènent le combat pour préserver le consentement éclairé et défendre les droits et les libertés des individus.

Ce groupe s’est également uni à d’autres organisations comme "Airlines Professionnels for Justice" qui a été fondée pour soutenir les divers groupes de travail dans l’industrie aérienne.

Tous unis dans un même combat pour la liberté religieuse et l’autonomie corporelle, ils organisent ensemble les moyens de subsistance afin de parvenir à résister à la contrainte de recevoir un vaccin auquel ils sont opposés.

Ils demandent également que soient respectées les exemptions religieuses et médicales comme le garantit le titre VII de la loi sur les droits civils de 1964.

N’hésitant pas à rappeler combien leurs vies et leurs libertés ont été bouleversées pour un virus dont le taux de guérison est de 99,8%, ils dénoncent la mise en place d’un régime totalitaire et annoncent ne pas vouloir laisser cette campagne de peur se poursuivre sur le sol américain.

Chicago : bras de fer entre un syndicat de policiers et la maire de la ville

À Chicago, c’est le chef du syndicat de policiers "Fraternal Order of Police", John Catanzara qui a engagé le bras de fer avec la maire de la ville Lori Lightfoot pour défendre les droits de ses membres qui n’acceptent pas les vaccins.

Madame Lightfoot a posé un ultimatum aux policiers qui ont jusqu’au vendredi 15 octobre minuit pour déclarer leur statut vaccinal. Elle a également exigé que ceux qui choisissent de ne pas se vacciner se fassent tester une fois par semaine. Ceux qui refusent de dévoiler leurs informations s’exposent à être placés en congé sans solde avant d’être licenciés s’ils s’entêtent dans cette voie.

"Je ne peux pas rester les bras croisés pendant que le discours des complotistes menace la santé et la sécurité des résidents de Chicago" a déclaré Lori Lightfoot.

Une déclaration qui a exaspéré John Catanzar,  qui a appelé les 13 000 membres de son syndicat à ne pas céder et à garder secret leur statut vaccinal. Avec la criminalité en hausse, il pense que la situation est à son avantage. "Je peux vous garantir que le statut de non-rémunération ne durera pas plus de 30 jours" a t-il déclaré à ses membres. Persuadé que cela affecterait au moins la moitié de ses agents, il leur assure qu’"il est impossible qu’ils soient en mesure de maintenir un service de police à 50 % de sa capacité ou moins pendant plus de sept jours sans céder sur quelque chose".

Inquiets de la situation, certains responsables de la ville pensent que John Catanzara pourrait bien avoir raison. Si tel était le cas, les autorités seraient obligées de céder à ses revendications sans tarder, car la sécurité de la ville se dégrade un peu plus chaque jour. Les fusillades sont en hausse de 68 % par rapport à 2019 ; au 13 octobre, 2 866 étaient enregistrées, selon la police. À cela s’ajoutent les 1295 braquages de voiture.

Tandis que Monsieur Catanzara a menacé de lancer des poursuites judiciaires, Madame Lightfoot a rappelé que la loi de l’État fédéral et le contrat que le syndicat avait signé interdisait aux policiers de faire grève. La bataille est loin d’être terminée puisque 4500 policiers n'ont toujours pas déclaré leur statut. Si cette situation venait à se prolonger, cela pourrait avoir de graves conséquences sur la sécurité de la ville qui connaît des niveaux de violences déjà très hauts.

Manifestations des employés de General Electric et Lockheed Martin contre l’obligation vaccinale 

Lockheed Martin et General Electric sont les premiers des grands employeurs du comté de Greenville (Caroline du sud) à avoir exigé des vaccins pour continuer à travailler. Les deux entreprises ont déclaré que tous leurs employés devaient être entièrement vaccinés avant le 8 décembre, à moins qu'ils n'aient reçu des exemptions religieuses ou sanitaires. Pour respecter la date limite, les employés de Lockheed Martin, conformément à un courriel envoyé le 13 octobre, ont été invités à recevoir leur première dose avant le 24 novembre. Une position qui n’a rien d’étonnant lorsqu’on sait que les entreprises de plus de 100 employés sont soumises à l’obligation vaccinale. Par ailleurs, Lockheed Martin et General Electric sont obligées de suivre les normes fédérales en raison de leur position de contractants fédéraux, deux raisons d’imposer cette obligation s’ils ne veulent pas enfreindre la loi.

Avec des manifestations pour la "liberté médicale" organisées chaque semaine dans le centre-ville de Greenville, les doutes concernant les vaccins ont continué à s'amplifier. Le jeudi 21 octobre, ils ont été entre 150 et 200 manifestants du comté de Greenville (Caroline du Sud), la plupart des travailleurs de General Electric (GE), à se rassembler devant l’usine de gaz de GE pour faire connaître leurs opinions concernant l’obligation vaccinale. Si certains ont simplement réclamé la liberté de choix ou invoqué des raisons religieuses, les doutes persistent autour de la sécurité des vaccins. Et la parole des experts qui ont tenté de rassurer en affirmant que les vaccins étaient la meilleure défense contre la pandémie n’a pas convaincu.

Pour résoudre la situation, Jason Owens, employé à l’usine de gaz a demandé au gouverneur Henry McMaster de s’opposer au mandat fédéral. Ce dernier n'avait pas hésité à déclarer au début du mois dernier qu'il combattrait l'ordonnance fédérale "jusqu'aux portes de l'enfer pour protéger la liberté et les moyens de subsistance de chaque habitant de la Caroline du Sud". La même semaine, les républicains de la Chambre des représentants de Caroline du Sud ont convoqué une réunion spéciale pour discuter de leurs plans d'opposition au décret. 

Le débat autour du mandat fédéral de vaccination désormais divisé sur des lignes partisanes, risque d'impliquer une bataille juridique difficile tandis que le président de la Chambre, Jay Lucas, a déclaré dans une lettre adressée aux autres membres qu'il était en contact avec le gouverneur Henry McMaster et le procureur général Alan Wilson pour s'opposer aux lois fédérales.
 

La protestation des pompiers de la ville de New York

Au cours de la semaine dernière, plus de 2000 pompiers sur les 11 000 que compte la ville de New York, se sont mis en arrêt maladie. Pas dupes, les responsable de la villes ont immédiatement compris qu'ils avaient à faire face à une protestation de grande ampleur contre le mandat de vaccination obligatoire qui devait entrer en vigueur le lundi 1er novembre. 

Dans un communiqué, le commissaire aux incendies, Daniel A. Nigro a déclaré : "Les faux arrêts de maladie irresponsables de certains de nos membres mettent en danger les New-Yorkais et leurs collègues pompiers".

Le 20 octobre, alors que de nombreux employés municipaux manquaient à l'appel, le maire de New York, Bill de Blasio avait annoncé à son tour cette obligation vaccinale pour tous les employés municipaux de la ville. Afin d'encourager les derniers récalcitrants, le maire promettait un supplément de 500 dollars sur leur salaire pour avoir reçu leur première dose de vaccin. Un "avantage" qui devait durer une dizaine de jours et prendre fin le 29 octobre à 17 heures. Cette annonce a été entendue puisque au cours des dix jours écoulés, les taux de vaccination ont nettement augmenté tandis que 22 000 employés recevaient leurs premières doses. Il faut dire que le non-respect de cette obligation entraîne une suspension d'activité et de salaire, et ce, jusqu'à ce que l'employé présente une preuve de vaccination à son superviseur. 

Prenant la défense des pompiers qui refusent le vaccin, le président du syndicat Uniformed Firefighters Association, Andrew Ansbro a déclaré sur la chaîne Fox News: "C'est un choix personnel que chacun veut faire pour lui-même". Il s'est dit prêt à intenter un procès si la liberté de choix n'était pas respectée avant d'annoncer les chiffres de 70 % de pompiers qui ont contracté le virus tandis que plus de la moitié des effectifs sont déjà vaccinés, estimant ce niveau de protection suffisant.

Sur CBS, Andrew Ansbro s'est montré encore plus virulent, n'hésitant pas à accuser le maire de séparatisme. "Ce sera le maire qui séparera les habitants de New York et ce qu'il leur arrivera sera de sa faute", a t-il déclaré avant de rappeler le travail des pompiers pendant la pandémie.   

La multiplication des mises en gardes de scientifiques

Pendant que la population se déchire sur l’obligation vaccinale, le doute s’installe très profondément au sein de la communauté scientifique.

Si le public américain connaît quelques grandes figures sceptiques sur la politique vaccinale comme Peter McCullough, Pierre Kory Robert Malone ou Harvey Hirsch, d’autres moins attendues sont apparues ces derniers temps.

En rompant avec la politique de propagande qui sévit depuis que la campagne de vaccination a commencé, 18 scientifiques de premiers plans signent une lettre intitulée « Considération sur le renforcement des réponses immunitaire par le vaccin contre la Covid-19 » dans la prestigieuse revue médicale The Lancet brisant  un tabou : celui de ne pouvoir émettre le moindre doute à propos du vaccin et de la manière dont il doit être administré.

Parmi les signataires de la lettre, deux anciens responsables de la politiques vaccinales de la Food and Drug Administration (FDA), Marion Gruber et Philip Krause qui ont démissionné de leurs fonctions en août, suite aux pressions de la Maison-Blanche pour approuver des injections de rappel appelées « booster ».

Voir : Nouvelles démissions à la FDA : les principaux responsables des vaccins jettent l'éponge

Dans la lettre, les scientifiques émettent de sérieux doutes quant à l’utilité de nouvelles injections et s’inquiètent de la pression en faveur de ce nouveau programme de vaccination qui pourrait devenir source de nombreux problèmes.

Introduisant le doute dès les premières lignes, les chercheurs affirment que « bien que l'idée de réduire davantage le nombre de cas de COVID-19 en renforçant l'immunité des personnes vaccinées soit séduisante, toute décision en ce sens, doit être fondée sur des preuves et tenir compte des avantages et des risques pour les individus comme pour la société ».

Les doses de rappels pourraient comporter des risques « s’ils sont introduits trop tôt ou trop fréquemment » estiment les chercheurs qui mettent en garde sur les effets secondaires « comme la myocardite, qui est plus fréquente après la deuxième dose de certains vaccins à ARN messager comme Pfizer ou Moderna, ou le syndrome de Guillain-Barré, qui a été associé aux vaccins à vecteur adénovirus comme AstraZeneca ou Johnson and Johnson ».

Au moment où le président Biden et son administration s’acharnent à rendre la vaccination obligatoire, en niant l’existence d’une immunité induite par l’infection et en encourageant les mouvements de population à pointer ceux qui n’acceptent pas le vaccin comme les seuls responsables de la persistance du virus, les chercheurs rappellent qu’“un examen minutieux et public des données au fur et à mesure de leur disponibilité est indispensable si l'on veut être certain de fonder les décisions concernant la dose de rappel sur des données scientifiques fiables plutôt que sur des considérations politiques”.

La reprise de l’épidémie en Israël et les doutes qui existent sur l’efficacité de la troisième dose alors que les autorités parlent déjà d’une quatrième, ne sont certainement pas étrangers à ce changement.

Au-delà du problème de la nécessité et de l’efficacité des doses de rappel, cette lettre introduit une rupture majeure dans le récit selon lequel les experts en charge de la politique de santé méritent la confiance des populations.

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Le président américain Joe Biden et son conseiller médical Anthony Fauci aux Instituts nationaux de santé (NIH) de Bethesda (Maryland), le 11 février 2021

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