L’Italie sur le chemin d’une nouvelle crise de la dette

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L’Italie sur le chemin d’une nouvelle crise de la dette

Publié le 14/01/2021 à 16:21
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Auteur(s): Philippe Simonnot, journaliste pour FranceSoir

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L’Italie pourrait bien être sur le chemin d’une nouvelle crise d’endettement public. C’est le pronostic que pose Desmond Lachman dans un article que cet ancien vice-directeur du Fonds monétaire international (FMI) vient de publier (en anglais) sur le site américain The Hill. Une telle crise a de quoi faire dérailler l’économie planétaire, et donc celle des Etats-Unis, avertit Lachman, étant donné le poids économique et financier de l’Italie, qui est le troisième pays le plus endetté du monde.   

Avant l’irruption de la pandémie, l’Italie était déjà en mauvais état, remarque Desmond Lachman, le revenu par habitant n’ayant cessé de décliner ces dernières années. Aujourd'hui le niveau de vie italien est de 20% inférieur à ce qu’il était il y a vingt ans, selon ses calculs, les résultats médiocres de la productivité du travail  ont fait perdre de sa compétitivité à l’industrie italienne. Quant à la dette publique, qui était à 130% du PIB, elle atteint maintenant le record absolu de plus de 160%.

Coincée dans l’euro, l’Italie est dans une impasse, remarque l’ancien vice-directeur du FMI : soit le gouvernement italien  prend des mesures d’austérité pour réduire ses déficits publics, et la Péninsule s’enfonce  un peu plus  dans la récession (le PIB a diminué de 10% en 2020 à cause de la pandémie, et l’on s’attend à un rebond de seulement  3,5% en 2021 – ce qui  met l’économie italienne à un niveau de moins 6,5% par rapport à ce qu’il aurait été sans pandémie) ; soit, ce même  gouvernement  laisse filer les déficits publics, et son endettement va continuer à augmenter.

Normalement, l’Etat italien devrait voir les taux d’intérêt de sa dette augmenter, mais la Banque Centrale Européenne, comme on le sait, rachète une partie de ses nouvelles dettes.

Fort de ce constat, qui relève de l’évidence, Desmond Lachman lance un avertissement à la prochaine administration américaine, en des termes qui donnent froid dans le dos : Joe Biden se tromperait s’il pensait que l’Allemagne, le principal partenaire de la Banque Centrale Européenne,  permettra à cette dernière d’acheter indéfiniment de la dette publique italienne. Pour deux raisons : la première est que la Cour constitutionnelle allemande pourrait de nouveau se manifester pour interdire à la Banque Centrale Européenne des pratiques qui sont contraires à ses statuts ; la seconde est que le gouvernement italien sera, une fois encore, incapable d’entreprendre les profondes réformes qui permettraient à l’Italie de sortir de la nasse.

En l’an 2000, l’administration Obama avait été prise au dépourvu par la crise de la dette grecque, rappelle utilement Desmond Lachman.  Il ne faudrait pas que Joe Biden commette la même erreur d’appréciation, alors que la dette italienne, qu’il estime à 3 trillions de dollars, est sans commune mesure avec celle de la Grèce il y a vingt ans.

Mais si l’Amérique doit s’inquiéter, que dire des voisins de la Péninsule, au premier rang desquels on trouve une France, déjà au bord du gouffre financier, qui risque  d’être entraînée par sa « sœur latine »  sur la même plante fatale ?

 

 

Auteur(s): Philippe Simonnot, journaliste pour FranceSoir


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