Migrants de Calais: accord entre Londres et Paris

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AZ
Publié le 20 août 2015 - 19:03
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Bernard Cazeneuve et Theresa May.
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Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve et son homologue britannique Theresa May ont signé ce jeudi un accord pour lutter contre l'afflux de migrants à Calais.
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Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, et son homologue britannique, Theresa May, ont signé ce jeudi un nouvel accord sur le partage de la gestion de la crise des migrants à Calais. Le gouvernement britannique a annoncé qu’il consacrerait 10 millions d’euros sur deux ans dans le cadre de cette coopération.

La France et la Grande-Bretagne se serrent les coudes. Alors que les migrants sont de plus en plus nombreux à se rendre dans l’Union européenne, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, et son homologue britannique, Theresa May, ont signé, ce jeudi 20, un nouvel accord pour lutter contre l'afflux de migrants à Calais. "Dans leur ensemble, ces dispositions bénéficieront d'un soutien financier du gouvernement britannique à hauteur de 5 millions d'euros par an pendant deux ans", indique notamment le texte signé.

Cette somme servira à sécuriser davantage le site d’Eurotunnel en augmentant les effectifs dédiés à la sécurité. Ainsi, des équipes supplémentaires de fouille seront déployées 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 pour réduire le nombre de passagers en situation irrégulière. Financés par le gouvernement britannique, des clôtures, caméras de surveillance et autres équipements de sécurité seront également installés autour du site.

Dans le cadre de ce plan, la lutte contre les gangs de passeurs qui aident les immigrants clandestins à traverser la Manche est devenue une priorité. Pour répondre à ce problème, le ministre de l’Intérieur a également annoncé l’envoi à venir de policiers britanniques à Calais. Ces policiers, dont le nombre n'a pas été précisé, travailleront dans un nouveau centre de commande et de contrôle à Calais, en compagnie des forces de l'ordre françaises. Cette équipe, qui sera sous la responsabilité d’un officier britannique et d’un autre français, interviendra en complément d'une autre équipe franco-britannique, qui travaille déjà en commun depuis plusieurs années à Folkestone, du côté anglais de la frontière.

Si ce plan d’urgence vise à réduire considérablement le nombre de sans-papiers sur le site du Tunnel sous la Manche, il a également pour objectif de protéger les plus faibles. Sur le plan humanitaire, l'accord prévoit ainsi d'"intensifier l'observation" des migrants pour "identifier les plus vulnérables et les victimes potentielles de la traite", notamment les femmes et les enfants, dans le but de les informer et de les placer en lieu sûr. Cette prise de décision implique donc "des capacités de logement et de prise en charge pour notamment empêcher que puissent avoir accès à ces populations vulnérables tous ceux qui cherchent à les exploiter".

Depuis plusieurs mois, l'Europe peine à trouver la réponse face à la hausse des arrivées de migrants sur son territoire. Selon des chiffres publiés mardi 18 par l'agence européenne Frontex, leur nombre a atteint le niveau record de 107.500 en juillet, soit, en un mois, autant de migrants que pour l'année 2013 dans sa totalité. En France, des centaines de migrants affluent en permanence à Calais dans l'espoir de trouver un passage vers l'Angleterre. Pour y arriver, ils montent généralement soit à bord des ferries partant du port, soit sur les trains-navettes qui empruntent le tunnel.