Pourquoi Trump revient sur la fin de la présence militaire en Afghanistan?

  •  SOUTENEZ L'INDEPENDANCE DE FRANCESOIR, FAITES UN DON !  

Pourquoi Trump revient sur la fin de la présence militaire en Afghanistan?

Publié le 22/08/2017 à 11:47 - Mise à jour à 12:17
© WAKIL KOHSAR / AFP/Archives
PARTAGER :

Auteur(s): MM

-A +A

Donald Trump a exclu lundi tout retrait des Etats-Unis d'Afghanistan, ouvrant même la porte à l'envoi de soldats supplémentaires. Un revirement dans la stratégie du président américain qui s'explique par la situation militaire et plus globalement sécuritaire dans le pays où ses troupes sont déployées depuis 2001.

Revirement de taille pour Donald Trump. En effet, contrairement à ce qu'il avait annoncé lors de la campagne présidentielle, le locataire de la Maison-Blanche a annoncé lundi 21 qu'il excluait tout retrait des troupes américaines d'Afghanistan.

Le président américain a par ailleurs ouvert la porte à l'envoi de renforts dans ce pays, sans toutefois donner plus de précisions sur le nombre de soldats supplémentaires jugeant que c'était "contre-productif". Un haut responsable américain a glissé que Donald Trump avait donné son feu vert au Pentagone pour le déploiement de quelque 3.900 soldats en plus des quelqu 8.000 déjà présents.

Ce revirement de Donald Trump s'explique en parti par la situation sur place. En effet, chassés par l'Alliance du Nord soutenus par l'Otan en 2001, les Talibans n'ont pas été vaincus, loin s'en faut. En effet, ils contrôlent aujourd'hui de larges parties du pays, notamment dans la province de Kandahar (un de leurs fiefs historiques) où la présence du gouvernement de Kaboul est minime ou dans les zones tribales montagneuses à la frontière avec le Pakistan. Pays qui sert d'ailleurs de base arrière aux combattants talibans et d'où ils assurent un soutien logistique à leur organisation.

On estime que le gouvernement en place à Kaboul contrôle peu ou prou 60% du pays et qu'un départ des quelque 13.500 soldats de la force multinationale d'Afghanistan pourrait entraîner un effondrement complet du pouvoir en place. Les attaques et attentats reguliers menés par les Talibans représentent un lourd tribut pour les militaires et les civils afghans.

D'autant qu'une autre menace plane sur le pays: celle de l'Etat islamique. Le groupe djihadiste s'est implanté en début 2014 dans ce qu'il appelle la "province de Khorosan" en opposition aux Talibans et dans une moindre mesure à al-Qaïda. L'EI sur place a reçu le renfort d'un important groupe de Talibans (une entité loin d'être homogène) qui a décidé de rejoindre le groupe terroriste pour protester contre la politique de la branche principale de l'organisation islamiste afghane. Depuis les deux groupes se livrent un combat sans merci. Preuve de l'importance que prend le groupe djihadiste issu des zones irako-syrienne en Afghanistan: il s'est emparé à la fin juin de cette année de la montagne de Tora Bora, symbolique car considérée comme le dernier refuge de Ben Laden dans le pays.

En août 2016, le Pentagone avait annoncé la mort de Hafez Saïf Khan, chef de l'organisation Etat islamique en Afghanistan et au Pakistan. C'est un tir de drone qui aurait permis d'éliminer le chef djihadiste dans la province afghane de Nangarhar, à l'est du pays.

Un retrait précipité des forces américaines d'Afghanistan, qui entrainerait également à coup sur un départ de leurs alliés, serait prendre le risque de voir ces deux organisations islamistes se renforcer (voire s'emparer du pouvoir) renvoyant le pays à ce qu'il était avant l'intervention de 2001: une des bases arrières du djihadisme international. Et cela, Donald Trump et les Etats-Unis ne peuvent pas le permettre.

Auteur(s): MM


Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.



PARTAGER CET ARTICLE :


Les soldats américains en poste en Afghanistan ne sont pas prêt de rentrer.

Annonces immobilières

Newsletter


Fil d'actualités Politique




Commentaires

-