Remous sur la politique sanitaire britannique : le Royaume-Uni entre deux eaux ?

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Remous sur la politique sanitaire britannique : le Royaume-Uni entre deux eaux ?

Publié le 14/09/2021 à 22:06
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Auteur(s): FranceSoir
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La politique sanitaire du Royaume-Uni a connu quelques remous ces derniers jours. Surprise autour du vaccin Valneva, abandon des mesures restrictives, et pavé dans la mare d'un député conservateur à la Chambre des communes : le point.

D’abord la décision du gouvernement britannique de résilier les commandes du candidat vaccin contre la Covid-19 Valneva alors que le Royaume-Uni avait été le premier pays à parier sur la société pharmaceutique franco-autrichienne en lui passant une commande de 100 millions de doses pour 2021-2022.

Le contrat contenant une clause de rupture, le gouvernement britannique, qui prétend que Valneva a manqué à ses obligations, a pu y mettre fin. Si pour le moment, les autorités n'ont pas fourni d’informations sur le manque d’obligation contractuelle, il est inscrit dans le contrat qu’il peut y avoir une rupture anticipée dans un éventail relativement riche de circonstances.

En effet, une résiliation peut intervenir pour les motifs très variés : problèmes de sécurité importants, manque d’efficacité, rupture d’approvisionnement ou encore manque de solvabilité, fraudes, actes de corruption ou encore infractions au droit environnemental, social ou du travail.

Pris par surprise, le gouvernement écossais qui a des intérêts dans ce projet, a vivement réagi à cette annonce. La députée de Livingston, Hannah Bardell, a déclaré : "Cela a été un énorme coup dur pour ma circonscription, dans laquelle l'installation est basée. Je travaillerai en étroite collaboration avec Valneva - qui a travaillé sans relâche à la mise au point d'un vaccin à fournir au Royaume-Uni, voire au monde entier - afin d'assurer l'avenir de l'installation et des emplois qu'elle devait créer à Livingston et dans les environs". À ce propos, elle a demandé aux autorités de justifier sa décision par des explications.

De son côté, Valneva a annoncé ce lundi avoir « reçu un avis de résiliation » de son candidat vaccin à virus inactivé et en phase 3 d’expérimentation, une décision jugée incompréhensible pour cette biotech qui conteste « avoir manqué à ses obligations ». Elle explique par ailleurs avoir « travaillé sans relâche au maximum de ses capacités » pour élaborer des « vaccins adaptés aux variants ». Tandis que l’action plongeait de 40 % à la bourse, Valneva, dont le siège social est à Nantes, n’abandonne pas pour autant son projet et se dit prête à « accroître ses efforts avec d’autres clients potentiels afin de s’assurer que son vaccin puisse être utilisé dans la lutte contre la pandémie ».
 

L’autre décision concerne la levée des dernières restrictions sanitaires.

A la surprise générale, le 13 septembre 2021, le gouvernement britannique a annoncé par l’intermédiaire de son ministre de la Santé Sajid Javid, renoncer à introduire des passeports vaccinaux pour l'accès aux boîtes de nuit et aux grands événements en Angleterre. Si le projet de passeport avait été créé, les personnes auraient été tenues de présenter une preuve – qu’il s’agisse d’une double vaccination, d’un test Covid négatif ou de l’achèvement de l’auto-isolation après un test PCR positif – pour pouvoir entrer dans les clubs et autres événements à forte affluence.

Pourtant, il y a une semaine à peine, Nadhim Zahawi, ministre des vaccins, avait défendu son plan comme étant le « meilleur moyen » de maintenir l’industrie de la nuit ouverte. Il avait annoncé la mise en place de ce passeport vaccinal pour les sites accueillant de grandes foules dès la fin du mois de septembre, une date jugée raisonnable puisque toutes les personnes de plus de 18 ans, se seraient vu offrir deux vaccins à de moment-là. Comment expliquer ce revirement et la déclaration du ministre de la Santé qui vient contredire son collègue du gouvernement ?

Les vives critiques que ce projet de passeport a suscitées expliquent certainement ce changement de positions. En effet, de nombreuses personnes issues du monde associatif mais également politique se sont opposés à la mise en place de ces mesures jugées liberticides.

La Night Time Industries Association avait mis en garde les autorités, prévoyant une possible paralysie de tout le secteur, ce qui pousserait les boîtes de nuit à intenter des procès pour discrimination. Le Music Venue Trust, qui a pour but de protéger les salles de spectacles, a également déclaré qu'il était heureux que les passeports vaccinaux ne soient pas mis en place, les décrivant comme "problématiques".

Du côté politique, les oppositions les plus virulentes sont venues des députés conservateurs du Covid Recovery Group ainsi que des libéraux démocrates, dont le leader Ed Davey a qualifié les passeports vaccinaux de « source de division, inapplicables et coûteux ».

Le ministre de la Santé, Sajid Javid, qui détient la décision finale a déclaré: « je suis heureux de dire que nous n’irons pas de l’avant avec les projets de passeports vaccinaux » ajoutant qu'il n'avait "jamais aimé l'idée de dire aux gens qu'ils doivent montrer leurs papiers" pour "faire ce qui est simplement une activité quotidienne". Il garde néanmoins cette possibilité en réserve si la situation sanitaire venait à changer.

Cette décision brutale aura pour mérite de mettre fin à un imbroglio gouvernemental mais également à une confusion au sein de la population, tandis que certains grands lieux tels que les stades de football, les salles de concert et certains festivals de musique avaient déjà commencé à demander aux publics de prouver leurs statuts sanitaires pour pouvoir assister aux différentes manifestations. 

Une enquête de l'Office national des statistiques, couvrant la période du 25 août au 5 septembre, a révélé qu'environ un adulte sur dix en Grande-Bretagne a déclaré qu'on lui avait demandé de présenter une preuve de vaccination ou un test négatif récent pour être autorisé à entrer dans un lieu ou un événement.

Dans une approche radicalement différente de l’Angleterre, les autorités écossaises ont annoncé que les plus de 18 ans devront se munir d’un passeport vaccinal pour entrer dans les boîtes de nuit et les événements importants. Au Pays de Galles, la décision n’est pas encore tombée, les ministres devant se prononcer la semaine prochaine, tandis qu'aucun projet de ce type n’a été élaboré en Irlande du Nord pour le moment.
 

Enfin, cette période chargée en événements a également été marquée par l'intervention remarquée de Sir Christopher Chope, député conservateur à la Chambre des communes qui présentait un projet de loi sur les dommages causés par le vaccin contre la Covid-19. Vendredi dernier (10 septembre), il a lu un rapport de l'Agence de réglementation des médicaments et des produits de santé (MHRA) qui indique que 1 632 personnes sont décédées "peu après la vaccination" entre décembre 2020 et début septembre 2021. Son intervention s'est prolongée avec les statistiques du système de signalement de la carte jaune de la MHRA pour les effets secondaires imputés au vaccin contre la Covid-19, disant qu'entre le 9 décembre 2020 et le 1er septembre de cette année, il y avait eu 435 rapports de "caillots sanguins majeurs et de faible nombre de plaquettes, dont 74 décès", 767 cas d'"inflammation du cœur" et "35 000 rapports de troubles menstruels". Si tous ces effets secondaires sont officiels et présentés dans les documents que le gouvernement a produits, Sir Chope a adressé le 7 juillet dernier une lettre au ministre, lui demandant des données supplémentaires sur les décès intervenus dans des intervalles d'un, deux et trois mois après avoir reçu une vaccination, et ce depuis le 1er janvier 2021, une demande restée lettre morte, le ministre ayant fait valoir que ces données n'étaient pas disponibles pour le moment, mais qu'elles seront publiées en temps utile. 

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